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En Irak, des centaines de manifestants bloquent l'accès à un champ de pétrole

Le champ de pétrole de Nassiriya, à 300 km au sud de Bagdad, est fermé par un sit-in de manifestants qui protestent pour réclamer des emplois, depuis le 28 décembre 2019.
Le champ de pétrole de Nassiriya, à 300 km au sud de Bagdad, est fermé par un sit-in de manifestants qui protestent pour réclamer des emplois, depuis le 28 décembre 2019. Thaier al-Sudani, Reuters

Réclamant des emplois, des centaines d'Irakiens ont bloqué, dimanche, pour la deuxième journée consécutive, le champ de pétrole de Nassiriya, dans le sud du pays, où plusieurs villes restent paralysées par un mouvement de contestation déclenché il y a trois mois.

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Il s'agit de la première interruption du flux d'or noir en Irak, deuxième producteur de l'Opep. Des centaines de manifestants ont bloqué, dimanche 29 décembre, l'accès au champ de pétrole de Nassiriya, à 300 km au sud de Bagdad, qui produit 82 000 barils par jour. Par ce blocage, qui s'inscrit dans le contexte du mouvement de contestation déclenché dans le pays il y a trois mois, les protestataires réclament des emplois, ont indiqué des cadres du secteur pétrolier.

Depuis le début de cette révolte inédite depuis des décennies en Irak, les manifestants accusent le pouvoir de corruption et d'incompétence, et rejettent l'ingérence de son parrain iranien.

Dans la plupart des villes du sud de l'Irak, administrations et écoles demeurent fermées depuis plus de deux mois, quasiment sans interruption.

À Diwaniya, dimanche, les manifestants ont de nouveau déclaré la "grève générale" pour faire pression sur des autorités en plein marasme.

Campagne d'enlèvements et d'assassinats

Sous la pression de la rue, le Premier ministre, Adel Abdel Mahdi, a démissionné fin novembre et les principales institutions restent incapables de s'accorder sur le nom du futur chef du gouvernement.

Jeudi, c'est le président de la République, Barham Saleh, qui a menacé de démissionner plutôt que de proposer pour former le gouvernement le nom du candidat voulu par les responsables irakiens proches de l'Iran, puissant voisin qui ne cesse de gagner en influence en Irak.

Le Parlement vient de voter une réforme électorale, mais rien n'indique que les élections anticipées réclamées par beaucoup soient organisées bientôt.

Les manifestants réclament la fin de la corruption qui a englouti en 16 ans deux fois le PIB de l'Irak et du système politique de répartition des postes en fonction des ethnies et des confessions.

Depuis le 1er octobre, la révolte a été marquée par des violences qui ont fait près de 460 morts et 25 000 blessés, en majorité des manifestants.

Si les violences ont récemment baissé d'intensité, la Commission gouvernementale des droits humains a indiqué être toujours sans nouvelle de 56 militants. Et selon l'ONU "des milices" mènent une vaste campagne d'enlèvements et d'assassinats de manifestants et de figures de la contestation.

Plusieurs militants ont été assassinés, généralement par balles, dans la rue ou devant chez eux. Et des dizaines d'autres ont raconté avoir été enlevés et emmenés dans une zone agricole proche de Bagdad pendant plusieurs heures ou plusieurs jours avant d'être abandonnés en bord de route.

Avec AFP

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