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L'Ukraine et les séparatistes prorusses de Donetsk échangent 200 prisonniers

Kiev et les séparatistes prorusses de l'est de l'Ukraine ont effectué un échange de dizaines de prisonniers, le 29 décembre 2019.
Kiev et les séparatistes prorusses de l'est de l'Ukraine ont effectué un échange de dizaines de prisonniers, le 29 décembre 2019. Alexander Ermochenko, Reuters

Les forces gouvernementales ukrainiennes et les séparatistes prorusses de l'est de l'Ukraine ont échangé, dimanche, 200 prisonniers. L'opération, la première de ce genre depuis 2017, marque une désescalade dans le seul conflit actif en Europe.

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L'opération aura duré environ cinq heures au point de contrôle de Maïorsk, dans la région de Donetsk. Kiev et les séparatistes prorusses de l'est de l'Ukraine ont échangé, dimanche 29 décembre, 200 prisonniers, la première opération de ce type depuis 2017.

L'échange, voulu avant le Nouvel An par le président ukranien, Volodymyr Zelensky, a néanmoins suscité une controverse en Ukraine, Kiev ayant accepté, selon les médias locaux, la libération de personnes sans lien direct avec la guerre dans l'est ukrainien.

"Les libérations réciproques sont terminées", a indiqué vers 16 h locales (14 h GMT) la présidence ukrainienne sur Facebook, précisant voir revenir au pays 76 personnes

Les séparatistes des républiques autoproclamées de Donetsk et Lougansk ont dit pour leur part aux agences russes s'être vu respectivement remettre 61 et 63 personnes, parmi lesquels des ressortissants russes et un Brésilien ayant combattu dans les rangs rebelles.

Aucune liste précise identifiant les personnes libérées n'a été publiée, la présidence ukrainienne promettant des "détails plus tard".

Le dirigeant des rebelles de Lougansk, Leonid Passetchnik, a lui revendiqué "une nouvelle victoire" sur Twitter.

Le président russe, Vladimir Poutine, et la chancelière allemande, Angela Merkel, ont quant à eux jugé "positif l'échange de détenus qui a eu lieu aujourd'hui dans la région de Donetsk", selon un communiqué de la présidence russe.

"Ce développement est conforme à l’engagement pris le 9 décembre dernier, lors du sommet de Paris en format 'Normandie', de faciliter la libération et l’échange de personnes faites prisonnières dans le cadre du conflit d’ici la fin de l’année", ont aussi souligné la France et l'Allemagne dans un communiqué.

Militaires ukrainiens, activistes, journalistes...

Deux autocars en provenance des territoires séparatistes sont arrivés, dans la matinée, sur un terrain gardé par des militaires ukrainiens armés près du village d'Odradivka, dans la zone contrôlée par Kiev, à une dizaine de kilomètres de la ligne de front. Certains des passagers visibles à bord couvraient leur visages.

Trois autres cars escortés par les policiers sont arrivés une demi-heure plus tard en provenance de la direction opposée, suivis de plusieurs ambulances, de voitures de la Croix-Rouge et d'observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Du côté des séparatistes prorusses de Donetsk, la télévision russe a montré des détenus, encadrés par des soldats en armes.

Selon des informations de médias ukrainiens, non confirmées, les séparatistes devraient libérer principalement des militaires ukrainiens mais également des activistes ou journalistes emprisonnés.

Combattants prorusses et policiers antiémeute

Outre des combattants détenus au cours du conflit, Kiev pourrait échanger trois hommes condamnés à la prison à vie pour avoir commis un attentat à Kharkiv en février 2015, ainsi que d'anciens policiers antiémeute détenus en Ukraine pour leur implication présumée dans la répression sanglante des manifestations de la place Maïdan, en 2014. Des événements qui ont eu lieu avant le début de la guerre dans l'est de l'Ukraine.

La possibilité d'une libération de ces anciens policiers a suscité l'indignation de nombreux Ukrainiens et une association de familles de victimes a appelé le président Volodymyr Zelensky à y renoncer.

Samedi soir, quelque 200 protestataires se sont réunis, selon les médias, devant une prison de Kiev pour tenter d'empêcher leur échange.

"Ce pays n'a pas d'avenir", a écrit amèrement sur Facebook Volodymyr Golodniouk, dont le fils Oustym a été tué à l'âge de 19 ans pendant le soulèvement à Kiev.

Détente avec le Kremlin

Le principe de l'échange avant la fin de l'année avait été acté et réclamé par le nouveau président ukrainien, Volodymyr Zelensky, le 9 décembre à Paris, où se tenait le premier sommet de paix sur l'Ukraine depuis 2016.

Il y avait alors rencontré pour la première fois le président russe, Vladimir Poutine, sous les auspices de la France et de l'Allemagne. Une avancée, même si la réunion n'a pas donné lieu à des progrès concrets sur le retrait des armes lourdes, la restauration du contrôle de Kiev sur sa frontière avec la Russie ou l'organisation d'élections locales dans ces régions.

Depuis l'élection de Volodymyr Zelensky en avril, une certaine détente se fait sentir avec le Kremlin. En septembre, Kiev et Moscou ont ainsi échangé 70 détenus, notamment le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, emprisonné en Russie.

Avec AFP
  

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