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Les États-Unis frappent des bases du Hezbollah irakien après la mort d'un Américain

Un F-15 Eagle de l'U.S. Air Force lors d'une mission de ravitaillement au-dessus de l'Irak, le 16 mars 2018.
Un F-15 Eagle de l'U.S. Air Force lors d'une mission de ravitaillement au-dessus de l'Irak, le 16 mars 2018. U.S. Air Force, Tech. Sgt. Paul Labbe, via Reuters

L'armée américaine a annoncé, dimanche, avoir frappé cinq bases en Irak et en Syrie du mouvement pro-iranien Kataëb Hezbollah. Washington réagit ainsi à la mort, deux jours plus tôt, d'un Américain dans une attaque à la roquette contre une base militaire irakienne à Kirkouk.

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Pour Washington, les frappes contre des bases du groupe pro-iranien Kataëb Hezbollah (KH) en Irak et en Syrie ont été "un succès", a déclaré, dimanche 29 décembre, le secrétaire américain à la Défense, Mike Esper. L'armée américaine a mené des frappes aériennes contre cinq sites appartenant aux miliciens chiites du Hezbollah irakien. "Une réponse ferme" à une attaque à la roquette commise deux jours plus tôt par des membres du mouvement armé pro-iranien contre une base militaire irakienne, attaque qui a tué un civil américain, affirme Washington.

"Nous n'accepterons pas que la République islamique d'Iran prenne des mesures qui mettent les Américains en danger", a déclaré aux journalistes le secrétaire d'État, Mike Pompeo, à l'issue de la réunion avec le président américain Donald Trump dans sa résidence floridienne de Mar-a-Lago.

Mike Esper a également prévenu que des actions "supplémentaires" pourraient être engagées dans la région pour défendre les intérêts américains. "Nous prendrons si nécessaire des mesures supplémentaires pour nous assurer d'agir en état de légitime défense et de dissuader tout comportement répréhensible supplémentaire de la part de milices ou de l'Iran", affirme-t-on au Pentagone.

Trois sites en Irak et deux en Syrie

D'après des sources sécuritaires irakiennes et des sources proches du Hezbollah irakien, au moins 25 combattants de la milice ont été tués et au moins 55 autres blessés dans trois frappes aériennes américaines menées en Irak. Au moins quatre commandants locaux du Hezbollah irakien ont été tués, ont ajouté ces sources, précisant que l'une des frappes américaines a ciblé le siège de la milice à proximité du district de Qaim, frontalier de la Syrie.

Le Pentagone a dit avoir ciblé trois sites en Irak et deux en Syrie, parmi lesquels des dépôts de munitions et des centres de commandement que le mouvement armé chiite a utilisé pour planifier et mettre en œuvre des attaques contre les forces de la coalition dirigée par les États-Unis. Un représentant américain s'exprimant sous couvert d'anonymat a indiqué que les raids ont été menés par des chasseurs F-15.

Ces frappes "affaibliront les capacités du KH à mener de futures attaques contre les forces de la coalition", a assuré de son côté l'assistant du secrétaire américain à la Défense Jonathan Hoffman. Il souligne que les attaques du mouvement pro-iranien ont eu lieu "contre des bases irakiennes qui accueillent les forces de l'opération (antijihadiste, NDLR) Inherent Resolve".

Jonathan Hoffman a accusé le mouvement pro-iranien d'avoir lancé, vendredi, plus de 30 roquettes contre la base militaire irakienne de Kirkouk, en Irak, tuant un sous-traitant américain et blessant quatre militaires américains et deux soldats irakiens.

"Les États-Unis ne renonceront pas à exercer leur droit à l'autodéfense"

Les États-Unis avaient récemment promis "une réponse ferme" face à la multiplication des attaques visant leurs intérêts en Irak. Depuis le 28 octobre, onze attaques ont visé des bases militaires irakiennes où sont postés des soldats ou des diplomates américains et jusque l'ambassade américaine dans l'ultrasécurisée Zone verte de Bagdad.

Les États-Unis avaient par ailleurs appelé mi-décembre le gouvernement irakien à "prendre des mesures" pour faire cesser les attaques en Irak contre des intérêts américains. L'attaque contre la base de Kirkouk a été la première à faire une victime américaine.

Rappelant que le mouvement KH "a des liens étroits" avec la Force Qods iranienne, chargée des opérations extérieures des Gardiens de la révolution, Jonathan Hoffman a prévenu l'Iran et ses supplétifs qu'ils devaient "cesser leurs attaques contre les forces des États-Unis et de la coalition internationale et respecter la souveraineté de l'Irak, pour éviter toute action défensive supplémentaire des forces américaines".

"La coalition se trouve en Irak à l'invitation du gouvernement irakien pour s'assurer de la défaite durable du groupe État islamique et pour fournir conseils et assistance à l'armée irakienne", a poursuivi le porte-parole du Pentagone. "Les États-Unis et leurs partenaires de la coalition respectent pleinement la souveraineté de l'Irak et soutiennent un Irak fort et indépendant. Les États-Unis ne renonceront néanmoins pas à exercer leur droit à l'autodéfense."

Avec AFP

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