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Vœux d'Emmanuel Macron : "La réforme des retraites sera menée à son terme"

Emmanuel Macron, le 31 décembre 2019, lors de ses vœux aux Français.
Emmanuel Macron, le 31 décembre 2019, lors de ses vœux aux Français. Martin Bureau, AFP
6 mn

Attendu au tournant pour ses vœux de fin d'année en plein mouvement social contre la réforme des retraites, le président Emmanuel Macron a affirmé, mardi soir, que la réforme des retraites serait "menée à son terme" et a demandé à son Premier ministre Édouard Philippe de trouver "la voie d'un compromis rapide".

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Savoir rester ferme face aux opposants à la réforme des retraites tout en se déchargeant des responsabilités d'un enlisement du conflit social : c'est l'exercice d'équilibriste auquel s'est prêté Emmanuel Macron, mardi 31 décembre, lors de ses vœux aux Français pour l'année 2020.

"La réforme des retraites à laquelle je me suis engagé devant vous, qui est portée par le gouvernement, sera menée à son terme. Parce qu'il s'agit d'un projet de justice et de progrès social", a-t-il souligné lors de ses voeux, qualifiant une nouvelle fois le futur régime, et malgré les nombreuses concessions accordées ces dernières semaines, de système "universel".

Au 27e jour de grève contre sa réforme des retraites, et alors que le mouvement reste soutenu par une majorité de Français (51 %), le chef de l'État a toutefois refusé d'endosser la responsabilité d'un mouvement social dont on ne voit pas l'issue. "Avec les organisations syndicales et patronales qui le veulent, j'attends du gouvernement d'Édouard Philippe qu'il trouve la voie d'un compromis rapide", a-t-il ainsi ajouté, avec la volonté explicite de se placer au-dessus de la mêlée.

>> À lire : Réforme des retraites : la stratégie d'Emmanuel Macron à coups de concessions

Emmanuel Macron, qui se livrait pour la troisième fois depuis son élection en 2017 à l'exercice des vœux, a souligné que cette réforme rendait justice aux "oubliés" du système, que sont notamment les femmes – dont les carrières sont souvent plus hachées – ou des catégories comme les agriculteurs, les commerçants ou encore les artisans, ce que contestent les opposants à la réforme.

Il a également évoqué la prise en compte de la pénibilité pour fixer l'âge de départ en retraite. "Nous prendrons en compte les tâches difficiles pour permettre à ceux qui les exercent de partir plus tôt, sans que pour autant que cela soit lié à un statut ou à une entreprise", a-t-il souligné.

"Je n'ai pas l'impression qu'il y ait beaucoup d'espace à la négociation"

Pas sûr, toutefois, que cette allocution permette d'apaiser le pays comme le souhaitait l'Élysée. "Je n'ai pas l'impression qu'il y ait beaucoup d'espace à la négociation", a réagi immédiatement sur le plateau de BFMTV le numéro 1 de Force ouvrière, Yves Veyrier, à l'initiative du mouvement de grève avec la CGT, Solidaires et la FSU depuis le 5 décembre.

"Tout va très bien, Madame la marquise", ironise la fédération FO des cheminots. "Une petite minute sur les retraites et c'est tout : qui pourrait dire qu'il se passe quelque chose dans le pays...", poursuit la fédération, appelant à "plus que jamais, tous ensemble public/privé, (faire) grève jusqu'au retrait du projet".

La reprise des négociations avec les syndicats est fixée au 7 janvier, mais une nouvelle journée interprofessionnelle de manifestations et de grève est d'ores et déjà prévue le 9 janvier.

Rassurer sa base électorale

Pour le reste, le président de la République s'est attribué un satisfecit pour ses "efforts de transformation", citant les "500 000 emplois créés", les "créations d'entreprise", les "usines qui rouvrent". "La France n’avait pas connu un tel élan depuis des années", a-t-il affirmé.

>> À lire : 2019, une année politique française qui se joue encore dans la rue

Emmanuel Macron s'est également évertué à rassurer sa base électorale, assurant qu'il ne "cèderai[t] rien au pessimisme ou à l’immobilisme". "Plus que jamais, il sera essentiel de mettre le travail et le mérite au cœur de notre action" – citant là deux valeurs chères à l'électorat de droite.

De même, le chef de l'État a fait allusion au communautarisme alors que de vives polémiques sur la laïcité et le port du voile ont de nouveau secoué en 2019 les partis politiques et divisé le gouvernement. "Je vois trop de divisions au nom des origines, des religions, des intérêts", a affirmé Emmanuel Macron, assurant vouloir "lutter avec détermination contre les forces qui minent l'unité nationale".
 

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