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À Hong Kong, une manifestation monstre pour le Nouvel An

Des centaines de milliers de manifestants pro-démocratie ont envahi mercredi les rues de Hong Kong.
Des centaines de milliers de manifestants pro-démocratie ont envahi mercredi les rues de Hong Kong. Isaac Lawrence, AFP

Des centaines de milliers de manifestants pro-démocratie – un million selon les organisateurs – ont envahi mercredi les rues de Hong Kong pour participer à rassemblement à l'appel du Front civique des droits de l'homme, le groupe à l'origine des manifestations de masse de juin dernier. "Environ 400" manifestants ont été arrêtés.

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Marquer le passage à la nouvelle année et insuffler un nouvel élan au mouvement pro-démocratie. Tel était le but du rassemblement convoqué à Hong Kong, mercredi 1er janvier, auquel a répondu un million de manifestants, selon les organisateurs.

L'ex-colonie britannique connaît sa plus grave crise depuis sa rétrocession à Pékin en 1997. La contestation pour obtenir des réformes démocratiques s'est traduite par des marches pacifiques rassemblant des millions de personnes, mais aussi de violents affrontements entre policiers et manifestants.

"C'est triste que nos revendications de 2019 doivent être reportées à 2020", a regretté Jimmi Sham du Front civil des droits de l'homme (FCDH), organisation à l'origine de cette manifestation destinée à mettre la pression sur l'exécutif local afin qu'il accède aux demandes des protestataires.

"Nous nous attendons à plus de répression à l'avenir. Nous devons nous préparer activement à la lutte", a-t-il lancé à la foule qui se rassemblait avant le début de la manifestation dans l'après-midi.

Beaucoup de participants arboraient des banderoles rappelant les principales revendications du mouvement pro-démocratie, notamment une enquête indépendante sur le comportement de la police, l'amnistie pour toutes les personnes arrêtées et un véritable suffrage universel.

Depuis le début du mouvement en juin, environ 6 500 personnes ont été arrêtées dont près d'un tiers de moins de 20 ans. Mercredi, ce sont "environ 400" manifestants qui ont été arrêtés, notamment pour "rassemblement illicite et détention d'armes", a déclaré lors d'une conférence de presse un responsable de la police hongkongaise, Jim Ng.

"L'État de droit, les droits de l'homme et la liberté de Hong Kong ont été progressivement érodés", a martelé un manifestant, le visage dissimulé sous un masque, dans un discours lors du rassemblement des manifestants. "Les habitants de Hong Kong ont été poussés vers une situation désespérée. C'est pourquoi aujourd'hui nous devons sortir."

La manifestation du Nouvel an a été autorisée, mais des policiers anti-émeute en tenue se tenaient à proximité de certaines parties du parcours. Un journaliste de l'AFP les a vus en train de fouiller une dizaine de personnes.

"Dix! Neuf! Libérez Hong Kong, la révolution maintenant !"

Mardi soir, des milliers de personnes s'étaient rassemblées à travers la mégapole pour attendre le passage à 2020, notamment le long du front de mer à Victoria Harbour et dans le quartier de Lan Kwai réputé pour sa vie nocturne. 

Ils ont décompté le passage à 2020 : "Dix ! Neuf ! Libérez Hong Kong, la révolution maintenant !". De petits groupes s'étaient également rassemblés dans le quartier de Mong Kok, mettant le feu à des barricades. La police avait alors eu recours pour la première fois de 2020 à des gaz lacrymogènes.

Des manifestants tenant une veillée aux chandelles ont également été arrêtés dans le quartier de Prince Edward. Plus tôt dans la journée de mardi, des milliers de manifestants avaient formé des kilomètres de chaînes humaines à travers les rues de la ville. Ils ont entonné "Gloire à Hong Kong", l'hymne de la contestation et brandi des affiches appelant à poursuivre en 2020 la bataille pour la démocratie.

Le mouvement de contestation a connu une accalmie après la victoire écrasante, fin novembre, du camp pro-démocratie lors d'élections locales perçues comme un référendum sur la gestion de la crise par le gouvernement local soutenu par Pékin.

Mais les manifestants ont juré de poursuivre leur combat pour plus de libertés.Jusqu'à présent, les revendications du mouvement pro-démocratie ont été rejetées par l'exécutif hongkongais, aligné sur Pékin et dirigé par Carrie Lam.
 

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