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Côte d'Ivoire : Alassane Ouattara fait la promesse d'une "année électorale paisible"

Le président ivoirien Alassane Ouattara lors de la visite d'Emmanuel Macron, le 21 décembre 2019.
Le président ivoirien Alassane Ouattara lors de la visite d'Emmanuel Macron, le 21 décembre 2019. Ludovic Marin, AFP

Le président ivoirien, Alassane Ouattara, a promis mardi "une année électorale paisible" en 2020, année de la prochaine présidentielle en Côte d'Ivoire. Ses deux opposants, Henri Konan Bédié et Guillaume Soro, ont répondu avec leurs propres messages de vœux dénonçant des atteintes à la démocratie.

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Comme un air de campagne électorale avant l'heure… Mardi 31 décembre, le président de la Côte d'Ivoire Alassane Ouattara, l'ex-président Henri Konan Bédié et l'ex-président de l'Assemblée nationale Guillaume Soro, ont lancé quasi simultanément sur les ondes et sur Internet leurs allocutions du Nouvel an.

Alassane Ouattara a promis "une année électorale paisible" en 2020, année de la prochaine présidentielle, tandis que ses deux opposants ont dénoncé les atteintes du régime à la démocratie.

Dans sa traditionnelle allocution diffusée sur la télévision publique à 20 h (locales et GMT), le président Ouattara s'est en effet voulu rassurant, alors que la vie politique est déjà tendue à dix mois de la présidentielle prévue en octobre, dix ans après la terrible crise post-électorale qui fit 3 000 morts.

"2020 sera une année électorale paisible, je vous en fais la promesse", a-t-il affirmé, exhortant "tous les acteurs de la vie politique ivoirienne à faire preuve de responsabilité en préservant la paix".

Pour préparer les élections, le président ivoirien a indiqué avoir demandé au Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, de "rencontrer les partis politiques et la société civile dès janvier, avant de finaliser le travail sur le code électoral".

"Aucune tentative de déstabilisation ne pourra prospérer", a-t-il martelé, répétant des propos déjà tenus samedi.

Guillaume Soro dénonce une "cabale" à son encontre

La candidature de Guillaume Soro, premier candidat déclaré à l'élection, est obérée par ses ennuis judiciaires. Alors qu'il voulait rentrer en Côte d'Ivoire après six mois en Europe, l'ancien Premier ministre, ex-chef de la rébellion ivoirienne des années 2000, s'est vu accusé de "complot" par la justice ivoirienne, qui le soupçonne d'avoir préparé "une insurrection civile et militaire" pour s'emparer du pouvoir.

Défiant le président Ouattara en s'exprimant à la même heure que lui, mais sur les réseaux sociaux dont il est un adepte pour sa communication, Guillaume Soro, 47 ans, a réfuté vivement ces accusations.

"Toute cette cabale vise à m'écarter de la course présidentielle dont je suis le favori", a-t-il affirmé. Il a fustigé "les innombrables atteintes aux droits humains, à la faveur d'un durcissement inouï du régime", qui cherche à "museler l'opposition".

Henri Konan Bédié parle d'"instrumentalisation de la justice par le pouvoir exécutif"

Un peu plus tôt, Henri Konan Bédié, chef du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), principal mouvement d'opposition, a dénoncé une "instrumentalisation de la justice par le pouvoir exécutif", qui "rabaisse l'État de droit et la démocratie", sur la webTV du PDCI lancée en novembre.

Il a critiqué "le refus du gouvernement de créer les conditions propices pour un scrutin présidentiel apaisé", mettant en cause la commission électorale qu'il juge déséquilibrée en faveur du pouvoir, et soulevant la question de la gratuité de l'établissement des cartes d'identité, nécessaires pour voter.

Alassane Ouattara, 77 ans, élu en 2010, puis réélu en 2015, laisse planer le mystère sur une possible candidature à un troisième mandat, bien que la Constitution n'en autorise que deux. Mais il pourrait lancer à sa place son Premier ministre, selon des observateurs.

Henri Konan Bédié, 85 ans, qui présida la Côte d'Ivoire de 1993 à 1999, et fut chassé par un coup d'État militaire, n'a toujours pas dévoilé ses intentions lui non plus.

Les deux hommes étaient alliés de 2011 à 2018 et leurs partis gouvernaient ensemble. Le PDCI ayant soutenu Alassane Ouattara aux scrutins de 2010 et 2015, il espérait un retour d'ascenseur pour la présidentielle de 2020. Qui n'est pas venu, causant un divorce retentissant.

Longtemps allié, lui aussi, d'Alassane Ouattara qu'il a aidé à porter au pouvoir pendant la crise post-électorale de 2010-2011, Guillaume Soro s'est ensuite brouillé avec lui, jusqu'à la rupture début 2019, le chef de l'État bridant ses ambitions présidentielles, selon les observateurs.

Dans une interview publiée dimanche, Guillaume Soro a déclaré avoir conclu un accord électoral avec Henri Konan Bédié qui, selon lui, se présentera à la présidentielle. Le "Sphinx de Daoukro" n'a ni confirmé, ni démenti.

L'atmosphère politique est tendue en Côte d'Ivoire à l'approche de ce scrutin. Après l'affaire Soro la semaine dernière, la justice ivoirienne a condamné lundi à 20 ans de prison l'ex-chef des Jeunes patriotes ivoiriens Charles Blé Goudé, proche de l'ex-président Laurent Gbagbo. Ce dernier avait également été condamné à 20 ans de prison en novembre. Tous les deux sont en liberté conditionnelle en Europe, après leur acquittement par la Cour pénale internationale.

Avec AFP
 

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