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Irak : après les heurts à l'ambassade américaine, le Pentagone va augmenter la présence militaire "dans la région"

Soldats irakiens devant l'ambassade américaine, mercredi 1er janvier 2020.
Soldats irakiens devant l'ambassade américaine, mercredi 1er janvier 2020. Ahmad al-Rubaye, AFP

Après l'attaque de l'ambassade américaine à Bagdad, les États-Unis ont annoncé mardi soir le déploiement de soldats supplémentaires au Moyen-Orient. Sur ordre des paramilitaires du Hachd al-Chaabi, les manifestants ont fini par se retirer des abords de la chancellerie qu'ils ont longuement occupée mercredi.

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Le Pentagone va envoyer "immédiatement" environ 750 soldats supplémentaires au Moyen-Orient, "en réponse aux événements récents en Irak", a annoncé, mardi 31 janvier, le ministre américain de la Défense Mark Esper, après l'attaque de l'ambassade américaine à Bagdad dans la journée. Mercredi 1er janvier, les manifestants pro-Iran ont campé devant la chancellerie une bonne partie de la journée avant de quitter les lieux en fin d'après-midi.

"Environ 750 soldats vont être déployés dans la région immédiatement", a-t-il déclaré dans un communiqué, semblant confirmer des informations d'un responsable américain ayant déclaré plus tôt que les États-Unis avaient envoyé 500 soldats au Koweït, voisin de l'Irak. Des "forces additionnelles" sont prêtes à être déployées "dans les jours qui viennent", a ajouté Mark Esper.

"Ce déploiement est une action de précaution et appropriée en réponse aux niveaux de menace grandissants contre le personnel et les installations américaines, comme nous en avons été témoins aujourd'hui à Bagdad", a justifié le ministre américain.

Sit-in

Selon le responsable américain ayant parlé à l'AFP sous couvert d'anonymat, les 500 soldats envoyés au Koweït seront ensuite "très probablement" déployés en Irak. À terme, "jusqu'à 4 000 soldats pourraient être déployés dans la région", avait précisé ce même responsable.

Installés en campement, des centaines d'Irakiens pro-Iran ont de nouveau jeté mercredi des pierres sur l'ambassade des États-Unis à Bagdad au lendemain de leur attaque contre la chancellerie qui a fait grimper la tension entre Washington et Téhéran. Cette attaque inédite a fait ressurgir pour Washington le spectre de deux traumatismes dans leurs ambassades, à Téhéran en 1979 et à Benghazi, en Libye, en 2012.

Les protestataires ont occupé les abords de l'ambassade américaine une bonne partie de la journée pour protester contre la mort de 25 combattants du Hachd dimanche dans des frappes américaines. Puis, estimant que le "message" des manifestants avait été "entendu", le puissant Hachd a appelé ses partisans à relocaliser leur sit-in hors de l'ultrasécurisée Zone verte à Bagdad, où siège l'ambassade américaine.

Aussitôt, a constaté un photographe de l'AFP, les centaines de manifestants ont démonté toutes les tentes installées pour un sit-in alors dit illimité et se sont dirigés vers les sorties de la Zone verte, défilant au cri de "On les a brûlés".

"Nous avons enregistré un gros succès : nous sommes arrivés jusqu'à l'ambassade américaine alors que personne ne l'avait fait avant" et maintenant, "la balle est dans le camp du Parlement", a affirmé à l'AFP Mohammed Mohieddine, porte-parole des brigades du Hezbollah, visées dimanche soir par les avions américains.

Washington a annoncé que les activités consulaires de l'ambassade étaient suspendues "jusqu'à nouvel ordre", conseillant aux ressortissants américains résidant en Irak de ne pas s'approcher du bâtiment.

L'attaque contre l'ambassade américaine était l'œuvre de "terroristes", avait accusé mardi soir le secrétaire d'État américain Mike Pompeo, nommant deux personnes qu'il accuse d'avoir été soutenues par des "alliés de l'Iran".

Colère

"L'attaque d'aujourd'hui a été orchestrée par des terroristes - Abu Mahdi al-Muhandis et Qaïs al-Khazali - et soutenue par des alliés de l'Iran, Hadi al-Amari et Faleh al-Fayad", avait tweeté le chef de la diplomatie américaine. "Tous ont été pris en photo devant notre ambassade", avait-t-il également écrit en joignant trois photographies censées montrer les quatre hommes.

Abu Mahdi al-Muhandis est un haut responsable du Hachd al-Chaabi, coalition de paramilitaires irakiens dominée par des factions pro-Iran, accusée par Washington d'une attaque à la roquette qui a tué vendredi un Américain en Irak. Faleh al-Fayad est quant à lui le chef du Hachd.

En réponse à cette attaque vendredi, l'armée américaine a tué lors de frappes aériennes pendant le week-end 25 combattants des brigades du Hezbollah, groupe armé chiite membre du Hachd, provoquant la colère de milliers d'Irakiens pro-Iraniens qui ont pris d'assaut l'ambassade américaine à Bagdad mardi.

Téhéran nie

Qaïs al-Khazali est chef d'une autre milice chiite irakienne, Assaïb Ahl al-Haq, accusée par les Américains d'être responsable de plusieurs tirs de roquettes contre leurs intérêts en Irak. Bête noire de Washington depuis leur invasion du pays en 2003, Qaïs al-Khazali a été plusieurs fois la cible de sanctions américaines. Hadi al-Amari quant à lui a été le ministre irakien des Transports entre 2010 et 2014. C'est le chef de la très puissante organisation Badr, une autre faction irakienne pro-iranienne.

De son côté, Téhéran a nié être à l'origine de la violente manifestation devant l'ambassade des États-Unis à Bagdad et a prévenu qu'il pourrait engager des représailles après que le président américain Donald Trump a jugé l'Iran responsable des troubles et d'éventuelles victimes.

Interrogé dans la soirée par les journalistes à sa résidence floridienne de Mar-a-Lago, Donald Trump a assuré ne pas vouloir d'une guerre avec l'Iran. "J'aime la paix", a-t-il dit. "Et l'Iran devrait vouloir la paix plus que n'importe qui. Donc je ne vois pas" une guerre se produire, a poursuivi le locataire de la Maison Blanche.

Avec AFP et Reuters

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