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Le Parlement turc approuve un déploiement militaire en Libye

Le président turc Recep Tayyip Erdogan donne un discours devant le Parlement turc le 1er octobre 2019.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan donne un discours devant le Parlement turc le 1er octobre 2019. Adem Altan, AFP

Le Parlement turc a autorisé jeudi l'envoi par Ankara de troupes en Libye, malgré les critiques de l'opposition au président Recep Tayyip Erdogan et les inquiétudes exprimées par les Nations unies.

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Les députés turcs ont approuvé, jeudi 2 janvier, une motion permettant au président Recep Tayyip Erdogan d'envoyer des militaires en Libye pour soutenir le gouvernement reconnu par l'ONU, une mesure qui risque d'aggraver le conflit fratricide qui déchire ce pays.

Lors d'une session parlementaire extraordinaire, 325 députés ont voté pour et 184 contre ce texte qui donne à l'armée turque un mandat pour intervenir en Libye, valable pendant un an, a indiqué le président de l'Assemblée nationale turque, Mustafa Sentop. Les principaux partis d'opposition ont voté contre le texte adopté jeudi, arguant qu'une intervention en Libye pourrait déstabiliser la région et entraîner la Turquie, qui a perdu plusieurs dizaines de soldats en Syrie, dans un nouveau bourbier.

Lutte d'influence entre deux camps

Reste désormais à savoir si le président Erdogan, à qui il appartient de décider, va effectivement dépêcher des troupes dans ce pays séparé de la Turquie par la Méditerranée, ou si le soutien militaire prendra une autre forme, comme l'envoi de "conseillers".

Lors d'un appel téléphonique, le président américain Donald Trump a mis en garde jeudi son homologue turc contre toute "interférence étrangère" en Libye. "Le président Trump a souligné que l'interférence étrangère compliquait la situation en Libye", a indiqué la Maison Blanche dans un bref compte-rendu de l'appel.

Le gouvernement turc affirme agir en réponse à un appel à l'aide du Gouvernement d'union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj, confronté à une offensive de l'homme fort de l'Est libyen, le maréchal Khalifa Haftar, qui s'efforce de prendre Tripoli.

L'envoi de troupes turques en Libye risquerait d'aggraver les conflits fratricides qui déchirent ce pays depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, alimentés par des puissances régionales. La Libye est en effet devenue le théâtre d'une lutte d'influence entre deux camps : d'un côté, la Turquie et le Qatar, qui appuient le GNA, et de l'autre, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l'Égypte, qui soutiennent les forces du maréchal Haftar.

Ankara a conclu fin novembre deux accords avec le gouvernement libyen reconnu internationalement et basé à Tripoli, l'un sur la sécurité et la coopération militaire, l'autre sur les frontières maritimes en Méditerranée orientale.

Avec AFP et Reuters

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