Libération de Lakhdar Bouregaâ et de plusieurs autres figures de la contestation en Algérie

Le vétéran de la guerre d'Algérie Lakhdar Bouregaa, lors de sa libération, à Alger, le 2 janvier 2020,
Le vétéran de la guerre d'Algérie Lakhdar Bouregaa, lors de sa libération, à Alger, le 2 janvier 2020, Ryad Krami, AFP

Lakhdar Bouregaâ, vétéran respecté de la Guerre d'indépendance et figure du mouvement populaire de contestation en cours en Algérie, a été remis en liberté, jeudi, après six mois de détention provisoire. D’autres militants sont également sortis de prison. 

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Après six mois de détention provisoire, Lakhdar Bouregaâ, 86 ans, a été remis en liberté jeudi 2 janvier, a annoncé un de ses avocats à l'AFP. "Son procès, qui devait s'ouvrir ce (jeudi) matin a été reporté et le juge a décidé de le libérer", a expliqué Me Abdelghani Badi. Ce dernier a précisé que Lakhdar Bouregaâ, qui a été opéré d'urgence d'une hernie durant sa détention en novembre, comparaîtrait libre lors de son procès, renvoyé au 12 mars.

Haut responsable militaire de l'Armée de Libération nationale (ALN) durant la guerre contre le pouvoir colonial français (1954-1962), Lakhdar Bouregaâ est inculpé d'"outrage à corps constitué" et "de participation à une entreprise de démoralisation de l'armée ayant pour objet de nuire à la Défense nationale".

De nombreux militants du mouvement de contestation en Algérie ont également été remis en liberté provisoire jeudi. Parmi eux figure notamment le général en retraite Hocine Benhadid, 73 ans, lui aussi accusé de "démoralisation de l'armée" après avoir sévèrement critiqué le général Gaïd Salah. Condamné à trois mois de prison ferme pour des dessins antipouvoir, Abdelhamid Amine, dit "Nime", peintre et auteur de bandes dessinées, a lui été libéré après un peu plus d'un mois de détention, selon le CNLD.

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Symbole des détenus politiques

L'arrestation à son domicile de Lakhdar Bouregaâ puis son placement en détention préventive, le 30 juin, ont suscité l'indignation en Algérie, notamment dans les rangs du mouvement ("Hirak") de contestation du régime né le 22 février, aux manifestations hebdomadaires duquel M. Bouregaâ participait régulièrement.

Son portrait était depuis brandi dans les cortèges et il était le symbole de tous les "détenus politiques et d'opinion" incarcérés depuis juin en lien avec le "Hirak".

M. Bouregaâ avait été arrêté après avoir sévèrement critiqué le puissant chef d'état-major de l'armée de l'époque, le général Ahmed Gaïd Salah, qui apparaissait alors comme l'homme fort de l'Algérie depuis la démission le 2 avril du président Abdelaziz Bouteflika, sous la pression du "Hirak".

Le général Gaïd Salah est décédé le 23 décembre, quelques jours après l'entrée en fonction du nouveau président Abdelmadjid Tebboune, réputé comme un de ses proches.

Une centaine de personnes toujours détenues

Ce dernier a été élu le 12 décembre, lors d'une présidentielle imposée par l'armée, malgré l'opposition de la contestation qui réclame une refonte totale du régime dirigeant l'Algérie depuis l'indépendance en 1962.

Après l'annulation en juin d'une précédente présidentielle, le chef d'état-major de l'armée a accentué la répression de la contestation. Quelque 180 manifestants, militants ou journalistes ont été depuis placés en détention provisoire, essentiellement pour avoir brandi des drapeaux berbères ou pour des écrits sur les réseaux sociaux, et certains condamnés.

Quelques-uns ont été acquittés, parfois après quelques mois de détention préventive. Une trentaine d'autres, condamnés pour "atteinte à l'intégrité du territoire", ont été successivement libérés ces derniers jours après avoir intégralement purgé leur peine de six mois de prison ferme. Environ 140 personnes restent incarcérées, condamnées ou en attente de jugement.

Avec AFP

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