Accéder au contenu principal

Donald Trump a donné l'ordre de "tuer" le général iranien Soleimani, mort dans une attaque à Bagdad

Qassem Soleimani, dans la ville de Tal Ksaiba en Irak, le 8 mars 2015.
Qassem Soleimani, dans la ville de Tal Ksaiba en Irak, le 8 mars 2015. Stringer photo, Reuters

Le Pentagone a confirmé, jeudi soir, que le président américain avait donné l'ordre de neutraliser Qassem Soleimani. Un leader pro-iranien Abou Mahdi al-Mouhandis a également été abattu lors du raid à l'aéroport de Bagdad, en Irak. Le Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a appelé à la "vengeance".

Publicité

Après une série d'attaques à la roquette contre des diplomates et des soldats américains, l'escalade atteint un sommet inédit entre Washington et Téhéran. Sur ordre du président américain, Donald Trump, le général iranien Qassem Soleimani, à la tête de la force al-Qods, unité d'élite des Gardiens de la révolution, a été tué dans une frappe aérienne contre son convoi à l'aéroport de Bagdad, a déclaré, jeudi 2 janvier, le Pentagone.

"Sur ordre du président, l'armée américaine a pris des mesures défensives décisives pour protéger le personnel américain à l'étranger en tuant Qassem Soleimani", a précisé le ministère américain de la Défense dans un communiqué. "Cette frappe était destinée à dissuader l'Iran de tout projet d'attaque." 

La Force al-Qods est considérée comme terroriste par Washington depuis avril dernier.

Le Hachd al-Chaabi, puissante coalition de paramilitaires majoritairement pro-Iran désormais intégrés à l'État irakien, a précisé que son numéro deux, Abou Mahdi al-Mouhandis, faisait également partie des neufs victimes de ce "raid américain" qui a visé un convoi de véhicules dans l'enceinte de l'aéroport de Bagdad. Les deux hommes étaient sous le coup de sanctions américaines.

Un appel à la vengeance 

L'assassinat du général Qassem Soleimani est une "escalade extrêmement dangereuse et insensée", a réagi le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, sur Twitter. "Les États-Unis portent la responsabilité de toutes les conséquences de leur aventurisme renégat."

Des conséquences qui pourraient être violentes. Après avoir déclaré trois jours de deuil national en hommage à Qassem Soleimani, le Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a appelé à la "vengeance". "Soleimani a rejoint nos frères martyrs mais notre revanche sur l'Amérique sera terrible", menace également Mohsen Rezai, un ancien chef des Gardiens de la révolution.

"Une réunion extraordinaire du conseil suprême de sécurité nationale aura lieu d'ici quelques heures pour examiner l'attaque meurtrière sur le véhicule du général Soleimani à Bagdad, qui a conduit à son martyr", a en outre annoncé le porte-parole de cette plus haute instance sécuritaire en Iran, Keyvan Koshravi, cité par l'agence Isna.

Aux États-Unis, le chef démocrate de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants a déploré que Donald Trump n'ait pas notifié le Congrès américain du raid mené en Irak. "Mener une action de cette gravité sans impliquer le Congrès soulève de graves problèmes légaux et constitue un affront aux pouvoirs du Congrès", écrit dans un communiqué Eliot Engel, élu de New York. Dans son camp, nombre d'élus ont aussi fustigé les risques d'escalade avec l'Iran. "Le président Trump amène notre nation au bord d'une guerre illégale avec l'Iran, sans l'approbation du Congrès", accuse le sénateur démocrate Tom Udall. "L'Iran va réagir et probablement à différents endroits. Pensée à tout le personnel américain dans la région en ce moment", s'inquiète, de son côté, Ben Rhodes, ancien proche conseiller de Barack Obama.

Les ténors républicains ont, eux, félicité la décision de Donald Trump. "J'apprécie l'action courageuse du président contre l'agression iranienne", a salué sur Twitter l'influent sénateur républicain Lindsey Graham, quand le sénateur Marco Rubio estime que "les actions défensives que les États-Unis ont prises contre l'Iran et ses mandataires sont conformes aux avertissements clairs qu'ils ont reçus. Le général Soleimani "n'a eu que ce qu'il méritait", a abondé le sénateur républicain Tom Cotton. 

Crainte d'une escalade

Ce bombardement meurtrier fait redouter une nouvelle escalade entre l'Iran et les États-Unis en Irak, déjà le théâtre d'une attaque inédite de manifestants pro-iraniens contre l'ambassade américaine.

Depuis fin octobre, une dizaine d'attaques à la roquette ont visé des soldats et des diplomates américains, tuant il y a une semaine un sous-traitant américain. Dimanche soir, Washington, qui accuse les factions pro-Iran du Hachd al-Chaabi d'être derrière ces attaques non revendiquées, a répondu en bombardant des bases de l'une d'elles près de la frontière syrienne, faisant 25 morts.

Depuis, le sentiment anti-américain n'a cessé d'être exacerbé par les partisans pro-Iran en Irak, pays secoué depuis le 1er octobre par une révolte populaire qui dénonce le pouvoir irakien accusé de corruption et d'incompétence, de même que l'influence grandissante de son parrain iranien.

Les factions armées et politiques pro-Iran mènent une vaste campagne pour dénoncer l'accord de coopération américano-irakien qui encadre la présence de 5 200 soldats américains en Irak. Les forces américaines, qui ont envahi l'Irak en 2003 et renversé le dictateur Saddam Hussein, se sont retirées du pays en 2011. Mais des troupes sont toutefois revenues en 2014 dans le cadre de la coalition internationale contre le groupe jihadiste État islamique.

Durant les trois années de guerre contre le groupe État islamique, ces hommes ont combattu du même côté que ceux du Hachd. Mais aujourd'hui, le Hachd, dont de nombreuses factions sont nées dans le combat contre l'occupation américaine, est une menace plus sérieuse pour les Américains que les jihadistes, selon des sources américaines.

Avec AFP et Reuters

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.