La Bourse de Paris toujours sur la défensive après le raid américain en Irak

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Paris (AFP)

La Bourse de Paris continuait de refluer (-0,47%) vendredi à la mi-journée, rattrapée par la crainte de voir la situation s'envenimer davantage au Moyen-Orient après un raid américain à Bagdad.

A 13H43 (12H43 GMT), l'indice CAC 40 perdait 28,16 points à 6.013,34 points, dans un volume d'échanges de 1,08 milliard d'euros. La veille, il avait terminé en progression de 1,06%, clôturant à un nouveau plus haut depuis juillet 2007.

La cote parisienne a démarré dans le rouge et s'y est maintenue toute la matinée.

Wall Street s'apprêtait de son côté à déchanter à l'ouverture, après avoir atteint de nouveaux records la veille. Le contrat à terme sur l'indice vedette Dow Jones Industrial Average se repliait de 1,01%, celui sur l'indice élargi S&P 500 de 1,14% et celui sur le Nasdaq, à forte coloration technologique, de 1,32%.

"Le risque géopolitique pourrait faire son retour et, avec lui, le risque d'une flambée du cours du baril de pétrole, après le raid américain qui a tué le général iranien Quassem Soleimani, émissaire de la République islamique à Bagdad en représailles à l'attaque contre l'ambassade américaine en Irak", a relevé dans une note Franklin Pichard, directeur général de Kiplink Finance.

Les prix du pétrole ont en effet bondi de plus de 4% peu après l'annonce dans la nuit de la mort du général et vu leur hausse s'accentuer dans la matinée.

L'Irak a dit vendredi redouter une "guerre dévastatrice" après l'assassinat sur son sol par les États-Unis du puissant général iranien Qassem Soleimani et de son premier lieutenant, une escalade qui a suscité des promesses de vengeance de la part de Téhéran et de ses alliés.

C'est le "tir de précision d'un drone", selon un responsable militaire américain à l'AFP, qui a pulvérisé en pleine nuit les véhicules à bord desquels se trouvaient les deux hommes, à la sortie de l'aéroport de Bagdad. Ce raid, qui a suscité des réactions inquiètes dans le monde, a été ordonné par le président américain Donald Trump lui-même, d'après le Pentagone.

- Les valeurs pétrolières plébiscitées -

Du côté des indicateurs, la hausse des prix à la consommation s'est accélérée en France au mois de décembre, à 1,4% sur un an, contre +1% le mois précédent, en raison d'un net rebond des prix de l'énergie, selon l'Insee.

En zone euro, la croissance des crédits accordés par les banques au secteur privé a légèrement décéléré en novembre, qui marquait la relance des rachats de dette pour soutenir l'économie par la BCE, a indiqué vendredi l'institution.

Aux États-Unis est encore attendu l'indice d'activité manufacturière (ISM) pour décembre.

"Les attentes sont à la hausse" pour cet indicateur, selon M. Pichard.

"Les investisseurs espèrent que l'annonce le mois dernier d'un accord entre la Chine et les États-Unis, éloignant le risque de droits de douanes additionnels, se traduise déjà par des signes favorables sur la croissance aux États-Unis", a-t-il précisé.

En matière de valeurs, les pétrolières et para-pétrolières étaient les premières bénéficiaires de la hausse des cours du brut après le raid américain à Bagdad.

Total prenait 0,59% à 50,11 euros, TechnipFMC montait de 2,43% à 19,39 euros, CGG progressait de 1,56% à 3,00 euros, GTT de 0,28% à 88,05 euros tandis que Vallourec gagnait 0,68% à 2,82 euros.

Le transport aérien souffrait en revanche, à l'instar d'Air France-KLM (-6,46% à 9,59 euros).

Le Spaf, syndicat de pilotes, et le SNGAF, syndicat d'hôtesses et stewards, appellent en outre les personnels navigants d'Air France à faire grève la semaine prochaine contre la réforme des retraites.