Wall Street affectée à l'ouverture par les vives tensions au Moyen-Orient

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New York (AFP)

Wall Street reculait fortement à l'ouverture vendredi après l'assassinat par les Etats-Unis d'un puissant général iranien, qui a fait bondir les cours du pétrole et ravivé les craintes d'une escalade des tensions entre les deux pays.

Vers 14H40 GMT, l'indice vedette de Wall Street, le Dow Jones Industrial Average, reculait de 0,75%, à 28.652,80 points.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, cédait 0,84%, à 9.015,56 points, et l'indice élargi S&P 500 perdait 0,76%, à 3.233,03 points.

Ce repli intervient au lendemain de nouveaux records des indices à la Bourse de New York, alimentés par la perspective d'un accord commercial sino-américain et une décision de la banque centrale chinoise ravivant l'espoir d'un regain de croissance mondiale: le Dow Jones avait gagné 1,16% et le Nasdaq 1,33%.

Mais vendredi, les investisseurs étaient préoccupés par les conséquences de la mort de Qassem Soleimani, un influent responsable iranien tué vendredi dans une attaque de drones menée par les Etats-Unis à Bagdad. La frappe, qui a suscité des réactions inquiètes dans le monde, a été ordonnée par le président Donald Trump après une attaque mardi contre l'ambassade des Etats-Unis à Bagdad.

Par crainte d'une perturbation de la production d'or noir au Moyen-Orient, les prix des barils se sont déjà envolés vendredi de plus de 4%, mettant la pression notamment sur les compagnies aériennes pour qui le carburant est un coût important: American Airlines perdait 5,48%, Delta 2,29% et United Continental 2,99%.

Pour Ian Shepherdson, économiste chez Pantheon Macroeconomics, la question désormais est "non pas de savoir si l'Iran va riposter mais de quelle façon". Et "pour les marchés, l'élément clé est l'impact que la réponse de l'Iran peut avoir sur les prix du pétrole", notamment si les infrastructures pétrolières iraniennes deviennent la cible d'éventuelles mesures de représailles.

Une hausse des prix du carburant peut avoir pour effet de peser sur le budget des consommateurs américains, mais profiterait aussi aux nombreux producteurs de brut aux Etats-Unis.

"La Réserve fédérale a reconnu publiquement que la hausse des prix du pétrole ne ralentit plus la croissance économique, mais les marchés et les médias n'ont pas encore complètement intégré cette idée", souligne M. Shepherdson.

"Si les événements au Moyen-Orient entraînent une hausse substantielle des prix du pétrole, les marchés commenceront probablement à s'inquiéter pour la croissance et pousseront la Fed à réagir en abaissant de nouveau les taux d'intérêt", avance le spécialiste.

Signe d'une forte demande des investisseurs pour les valeurs refuge, le taux à 10 ans sur la dette américaine reculait nettement sur le marché obligataire, évoluant à 1,828% contre 1,877% jeudi à la clôture.