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De Bagdad à Najaf, une foule d'Irakiens aux funérailles du général iranien Soleimani

Des dizaines de milliers d'Irakiens ont formé un cortège funéraire, le 4 janvier 2019 dans la ville irakienne de Kerbala, autour des pick-up transportant la dépouille du général iranien Qassem Souleimani et des autres victimes tuées dans un raid américain, la veille.
Des dizaines de milliers d'Irakiens ont formé un cortège funéraire, le 4 janvier 2019 dans la ville irakienne de Kerbala, autour des pick-up transportant la dépouille du général iranien Qassem Souleimani et des autres victimes tuées dans un raid américain, la veille. Mohammed Sawaf, AFP

Des dizaines de milliers d'Irakiens, dont de hauts dirigeants, ont participé samedi aux obsèques du puissant général iranien Qassem Soleimani, scandant des slogans hostiles aux États-Unis à l'origine du raid meurtrier survenu la veille.

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Des dizaines de milliers d'Irakiens se sont rassemblés à Bagdad samedi 4 janvier pour les funérailles du général iranien Qassem Soleimani, de son principal lieutenant en Irak, Abou Mehdi al-Mouhandis, ainsi que d'autres victimes tuées dans un raid américain la veille près de l'aéroport de la capitale irakienne.

La journée de funérailles a débuté dans le sanctuaire chiite du quartier de Kazimiya, dans le nord de Bagdad. Les participants ont réclamé "vengeance pour Abou Mehdi al-Mouhandis", chef opérationnel du Hachd al-Chaabi, coalitition de paramilitaires chiites intégrés aux forces de sécurité irakiennes.

Selon un photographe de l'AFP sur place, le Premier ministre démissionnaire irakien Adel Abdel Mahdi était présent aux obsèques, tout comme le chef de file des pro-Iran au Parlement irakien, Hadi al-Ameri, l'ancien Premier ministre Nouri al-Maliki et plusieurs chefs de factions chiites pro-iraniennes.

En tout, le "tir de précision d'un drone" américain qui a pulvérisé dans la nuit de jeudi 2 à vendredi 3 janvier les deux voitures à bord desquelles se trouvaient Soleimani et Mouhandis a fait dix morts – cinq Irakiens et cinq Iraniens.

"Mort à l'Amérique"

Les cercueils des cinq Irakiens ont été amenés à Kazimiya sur des pick-up surmontés de drapeaux nationaux et fendant la foule habillée entièrement de noir. Les corps des cinq Iraniens étaient, eux, surmontés du drapeau iranien.

Certains dans la foule brandissaient des portraits du guide suprême iranien, Ali Khamenei, ou du chef du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, qui assure former avec le Hachd l'"axe de la résistance" aux États-Unis et à Israël au Moyen-Orient, et qui a appelé au "juste châtiment" des "assassins criminels" responsables de la mort de Soleimani.

Une réunion prévue au Parlement a été repoussée à dimanche pour que les députés puissent eux aussi assister aux obsèques.

Les cercueils ont été acheminés dans la Zone verte, escortés par la foule sous une nuée de drapeaux blancs du Hachd et jaunes des brigades du Hezbollah.

Après des hommages, les dix cercueils ont été conduits à Kerbala et Najaf, deux villes saintes chiites situées au sud de la capitale irakienne, où ils ont été accueillis par une foule en noir ou en treillis militaire.

"Mort à l'Amérique", scandait la foule massée autour des cercueils du général iranien et de son lieutenant irakien.

Le "prix de ton sang"

Devant le cercueil d'Abou Mehdi al-Mouhandis, avec lequel il a combattu en Iran contre Saddam Hussein puis en Irak contre les Américains ou les jihadistes, Hadi al-Ameri, patron des pro-Iran au Parlement, a fait une promesse. "Sois en sûr, le prix de ton sang sera le départ des troupes américaines d'Irak", a-t-il lancé à l'adresse de Mouhandis.

Dimanche, le Parlement doit tenir une séance extraordinaire où il pourrait dénoncer l'accord encadrant la présence des 5 200 soldats américains dans le pays.

"Chaque député qui n'assistera pas au vote pour bouter l'occupant hors d'Irak sera un traître à la patrie", a averti un député pro-Iran sur Twitter.

La dépouille de Qassem Soleimani doit être transférée samedi vers la province du Khouzestan, dans le sud-ouest de l'Iran à la frontière de l'Irak, avant d'être acheminée dimanche à Machhad, ville sainte chiite, puis à Téhéran et enfin dans sa ville de Kerman, dans le sud-est de l'Iran, où le chef militaire sera enterré mardi, ont rapporté les médias iraniens.

L'escalade se poursuit

L'Iran a fait savoir vendredi au Conseil de sécurité de l'ONU qu'elle se réservait le droit d'exercer sa légitime défense en vertu des lois internationales, après ces assassinats.

Dans une lettre, son représentant à l'ONU, Majid Takht Ravanchi, écrit que l'assassinat de Qassem Soleimani "est un exemple évident de terrorisme d'État et, en tant qu'acte criminel, constitue une violation flagrante des principes fondamentaux du droit international et, en particulier, ceux stipulés dans la Charte des Nations unies".

>> À lire aussi : "Assassinat de Qassem Soleimani : un raid américain à la légalité contestable"

L'escalade entre Téhéran et Washington se poursuit, chacun s'estimant en droit de se "défendre". Donald Trump a déclaré avoir ordonné l'élimination de Soleimani pour "arrêter" une guerre et non pour en commencer une, affirmant qu'une attaque contre des Américains était "imminente". "Nous ne cherchons pas de changement de régime" en Iran, a-t-il assuré.

Les États-Unis ont commis leur "plus grave erreur" en tuant Soleimani, a averti le Conseil suprême de la sécurité nationale, plus haute instance sécuritaire d'Iran. "Ces criminels subiront une dure vengeance au bon endroit et au bon moment." Le guide suprême iranien Ali Khamenei et le président Hassan Rohani ont, eux aussi, appelé à des représailles.

Samedi soir, après les funérailles du général iranien assassiné, les États-Unis ont été visés par deux attaques quasi-simultanées. Des obus de mortier se sont abattus dans la Zone verte ultrasécurisée de Bagdad, où est située l'ambassade américaine, tandis que des roquettes ont été tirées sur une base militaire au nord de la capitale, où sont déployés des soldats américains, selon des sources de sécurité. Les deux attaques n'ont fait aucune victime selon le commandement militaire irakien.

Avec AFP et Reuters

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