Donald Trump menace de "frapper plus fort" si l'Iran riposte à l'assassinat du général Soleimani

Le président Donald Trump à la Maison Blanche, à Washington, le 13 décembre 2019.
Le président Donald Trump à la Maison Blanche, à Washington, le 13 décembre 2019. Jonathan Ernst, Reuters

Donald Trump a affirmé, samedi, que Washington avait sélectionné 52 sites susceptibles d'être frappés, "de très haut niveau et importants pour l'Iran et la culture iranienne", si des représailles étaient menées après l'assassinat du général Qassem Soleimani. "Viser des sites culturels est un crime de guerre", lui a répondu le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif.

Publicité

Donald Trump menace l'Iran de ripostes. Le président américain a averti, samedi 4 janvier, qu'il était prêt à "frapper" le pays si ses dirigeants décidaient de mener des attaques en représailles à l'assassinat du général Qassem Soleimani, tué jeudi par une frappe militaire américaine.

"S'ils attaquent encore, ce que je leur conseille fortement de ne pas faire, nous les frapperons plus fort qu'ils n'ont jamais été frappés auparavant !", a tweeté le président américain.

Plus tôt, Donald Trump a déclaré que les États-Unis ont sélectionné 52 sites, "de très haut niveau et très importants pour l'Iran et pour la culture iranienne", et les frapperont "très rapidement et très durement" si la République islamique attaque du personnel ou des sites américains. "Les États-Unis ne veulent plus de menaces !", a aussi prévenu le président américain.

Donald Trump a souligné que le chiffre de 52 sites iraniens correspondait de manière symbolique au nombre des Américains qui avaient été retenus en otages pendant plus d'un an à partir de la fin de 1979 à l'ambassade des États-Unis à Téhéran.

L'armée iranienne a répondu dimanche au président américain en disant douter que les États-Unis aient le "courage" de frapper ces 52 sites, selon l'agence officielle iranienne Irna. "Ils disent ce genre de choses pour détourner l'attention de l'opinion mondiale de leur acte odieux et injustifiable", mais "je doute qu'ils en aient le courage", a déclaré le général Abdolrahim Moussavi, commandant en chef de l'armée iranienne.

Pour sa part, le ministre iranien des Affaires étrangères a mis en garde Donald Trump, affirmant que "viser des sites culturels est un crime de guerre". Le président américain "menace encore de commettre de nouvelles violations [...] des normes impératives du droit international", de franchir de nouvelles "lignes rouges", écrit Mohammad Javad Zarif sur son compte Twitter.

01:35

Des roquettes dans la Zone verte de Bagdad, où se trouve l'ambassade américaine

Une parlementaire démocrate américaine, Alexandria Ocasio-Cortez, a qualifié Donald Trump de "monstre" en l'accusant de "menacer de viser et de tuer des familles, des femmes et des enfants innocents". "C'est un crime de guerre", a-t-elle dénoncé dans un tweet.

>> À lire : "Mort du général Soleimani : pourquoi Donald Trump choisit-il de frapper maintenant ?"

Les factions pro-Iran en Irak ont fait monter la pression, samedi, sur les bases abritant des soldats américains à l'issue d'une journée de défilés monstres pour rendre hommage au général Soleimani.

Dans la soirée a commencé ce qui pourrait être le début de l'escalade évoquée depuis la frappe américaine de jeudi : des roquettes et des obus de mortier se sont abattus sans faire de victimes dans la Zone verte de Bagdad, où se trouve l'ambassade américaine, et sur une base militaire plus au nord, où sont déployés des soldats américains.

Après les attaques de samedi soir, les Brigades du Hezbollah, la faction la plus radicale du Hachd, ont appelé les forces de sécurité irakiennes à s'éloigner "d'au moins 1 000 mètres" des sites où sont présents des soldats américains à partir de dimanche à 17 h (14 h GMT).

Le Parlement irakien doit tenir dimanche une séance extraordinaire au cours de laquelle il pourrait voter l'expulsion des 5 200 militaires américains déployés en Irak.

L'Otan a suspendu ses opérations en Irak, et la coalition antijihadiste conduite par les États-Unis les a réduites tout en renforçant la sécurité des bases où sont déployés les Américains. Washington a déjà annoncé le déploiement de 3 000 à 3 500 soldats supplémentaires dans la région.

Avec AFP

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine