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737 MAX: Boeing recommande une formation sur simulateur des pilotes avant la remise en service

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New York (AFP)

Après avoir longtemps résisté, Boeing s'est finalement résolu mardi à recommander une formation des pilotes sur simulateur, jugée plus coûteuse et susceptible de retarder davantage la remise en service de l'avion 737 MAX cloué au sol depuis près de 10 mois après deux accidents ayant fait 346 morts.

Le constructeur aéronautique américain accède ainsi aux exigences des autorités de l'aviation civile européenne et canadienne, qui en avaient fait une condition sine qua non pour donner leur feu vert à une levée de l'interdiction de vol.

Le simulateur reproduit les conditions de vol réelles.

Avant les accidents de Lion Air et d'Ethiopian Airlines, les pilotes aux commandes du Boeing 737 MAX n'étaient formés que sur ordinateur, et sur iPad pour ceux qui étaient déjà rodés au 737 NG, le prédécesseur du MAX.

"C'est une décision qui va dans le bon sens", a commenté Michel Merluzeau, expert chez Air Insight Research. "Elle montre que tout ce qui doit être fait avant la remise en service du MAX est fait. Et qu'on ne prend pas de raccourci".

"C'est incroyable qu'il ait fallu des accidents mortels, de nombreuses enquêtes et une pression populaire sans précédent pour que Boeing en arrive à cette décision", a déploré Peter DeFazio, le président démocrate de la commission parlementaire en charge des questions de transports.

Un des arguments commerciaux de Boeing pour vendre le MAX aux compagnies aériennes était qu'elles feraient des économies parce qu'il n'y aurait pas besoin de former spécialement les pilotes habitués au 737 NG, selon une brochure de promotion consultée en novembre par l'AFP.

Sous la pression de son rival Airbus, Boeing voulait aller le plus vite possible.

- Un million de dollars -

Boeing s'était même engagé à octroyer une ristourne d'un million de dollars par appareil à Southwest Airlines au cas où ses pilotes devraient suivre une formation spéciale sur simulateur, selon une source proche des négociations.

Le revirement de Boeing intervient quelques jours seulement avant l'arrivée effective aux commandes de David Calhoun, nommé fin décembre pour remplacer Dennis Muilenburg, limogé après une gestion de crise jugée catastrophique et des relations tendues avec l'agence fédérale de l'aviation (FAA).

"La sécurité est la priorité numéro 1 de Boeing", a justifié Greg Smith, directeur général par intérim, cité dans un communiqué. "La confiance du public, des clients et des actionnaires envers le 737 MAX est importante pour nous", a-t-il poursuivi.

C'est néanmoins la FAA, chargée de l'homologation des avions commerciaux aux Etats-Unis, qui doit décider de la formation adéquate. Jusque-là, le régulateur américain avait résisté aux appels de ses pairs européen et canadien à une formation sur simulateur.

"L'agence va examiner la recommandation de Boeing" lors des opérations conjointes avec des équipes de compagnies aériennes américaines et étrangères car la formation fait partie de la certification du 737 MAX, a déclaré mardi à l'AFP un porte-parole de la FAA.

Les données de ces tests vont permettre, a-t-il ajouté, de définir la formation nécessaire.

D'après une source règlementaire, la FAA devrait annoncer sa décision dans les prochaines semaines.

Une formation sur simulateur sera coûteuse et longue, ce qui devrait perturber les programmes de vols des compagnies aériennes clientes du 737 MAX, car il n'existe actuellement que 34 simulateurs spécifiques à cet appareil à travers le monde, dont huit appartiennent à Boeing. En revanche, environ 800 avions MAX ont été produits à ce jour, dont près de la moitié (387) était déjà en service avant l'immobilisation au sol de l'avion mi-mars 2019.

Southwest Airlines, première cliente du 737 MAX et qui a bâti toute sa stratégie d'expansion sur cet avion, ne dispose d'aucun simulateur opérationnel.

"Nous avons trois simulateurs qui sont à différents stades de certification auprès de la FAA et espérons en recevoir trois supplémentaires fin 2020", a déclaré à l'AFP une porte-parole de la compagnie.

United Airlines indique n'avoir pas encore établi un calendrier pour former ses pilotes si jamais la formation sur simulateur était un pré-requis.

"Nous allons former nos pilotes les uns après les autres", a dit un porte-parole, ajoutant que le transporteur n'a en sa possession qu'une seule machine et a passé commande pour trois autres, qu'il devrait recevoir d'ici fin mars.

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