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Au Venezuela, Juan Guaido prête à son tour serment comme président du Parlement

Juan Guaido prête serment comme président du Parlement, le 7 janvier 2020.
Juan Guaido prête serment comme président du Parlement, le 7 janvier 2020. Federico Parra, AFP

Après avoir forcé le barrage des forces de l'ordre, le chef de file de l'opposition vénézuélienne Juan Guaido a prêté serment mardi depuis le perchoir de l'Assemblée nationale. Son rival Luis Parra avait lui aussi prêté serment, dimanche. 

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Juan Guaido a finalement réussi, lui aussi, à accéder au perchoir. Le chef de file de l'opposition vénézuélienne a prêté serment, mardi 7 janvier, comme président du Parlement. "C'est une démonstration de ce qui peut arriver quand nous sommes unis", a-t-il lancé après avoir été empêché dans un premier temps d'entrer dans le bâtiment par la Garde nationale bolivarienne.

Malgré une coupure d'électricité, il a entonné l'hymne national "Gloria al bravo pueblo" ("Gloire au peuple courageux"), entraînant avec lui les députés d'opposition. "Nous sommes bien là !", s'est-il exclamé après avoir atteint le perchoir.

La main droite levée, Juan Guaido a prêté serment comme président de l'Assemblée nationale, poste qu'il occupe depuis un an et auquel les députés de l'opposition l'ont reconduit dimanche.

Quelques heures après sa prestation de serment, il a appelé ses compatriotes à manifester contre Nicolas Maduro jeudi, vendredi et samedi, dans l'espoir de raviver les manifestations populaires qui drainaient des centaines de milliers de Vénézuéliens début 2019, avant de s'effilocher au cours des mois.

Duel pour le perchoir

Son rival Luis Parra avait, lui aussi, prêté serment dimanche, après s'être autoproclamé président du Parlement avec le soutien du pouvoir chaviste. Pendant le blocage des forces de l'ordre devant le Parlement mardi, dans l'hémicycle, ce dernier présidait la séance hebdomadaire. Au moment où Juan Guaido a investi la tribune, Luis Parra avait quitté les lieux.

Mais alors que Juan Guaido montait à la tribune, une coupure de courant est intervenue et les députés ont sorti leurs téléphones portables pour avoir un brin de lumière. Les coupures d'électricité – les "apagones" – sont fréquentes au Venezuela. Dans l'enceinte du Parlement unicaméral, où l'opposition au président socialiste Nicolas Maduro détient la majorité, elles surviennent opportunément lors des séances.

Le duel pour le perchoir de l'Assemblée nationale remonte à dimanche. Des policiers et des soldats avaient alors déjà physiquement empêché Juan Guaido de rallier le Parlement où il comptait être réélu à la présidence de l'hémicycle. Il avait alors tenté, en vain, d'escalader les grilles du bâtiment.

"Complice de la dictature"

Pendant ce temps, dans l'hémicycle, Luis Parra se proclamait nouveau président de l'Assemblée nationale à la faveur d'un vote à main levée et avec le soutien des élus loyaux au président Nicolas Maduro. Il a revendiqué 81 votes sur 150 députés présents. Le soutien de Nicolas Maduro a fait dire à Juan Guaido que son rival était "complice de la dictature".

L'opposition a évoqué un "coup d'État parlementaire" et le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a fait part de sa "préoccupation".

À l'issue de cette séance mouvementée, Juan Guaido a organisé une séance parallèle au siège d'un journal d'opposition où il a été réélu à la présidence du Parlement par 100 députés. Ses alliés américains, mais aussi brésiliens et colombiens l'ont félicité pour sa réélection. Dans la foulée, il a convoqué ses pairs pour la séance de mardi – tout comme Luis Parra.

Depuis le 23 janvier 2019, Juan Guaido se prévaut de sa fonction de président du Parlement pour revendiquer le statut de président par intérim du Venezuela. L'opposant estime que Nicolas Maduro "usurpe" la fonction présidentielle depuis l'élection "frauduleuse" de 2018 qui lui a permis de se maintenir au pouvoir. Il rend l'héritier politique d'Hugo Chavez (1999-2013) responsable de la pire crise sociale et économique de l'histoire du Venezuela, pays qui dispose des plus grandes réserves de pétrole au monde.

Mais en un an, Juan Guaido n'est pas parvenu à évincer le président socialiste qui continue à jouir du soutien de l'armée et de ses alliés cubains, chinois et russes.

Avec AFP

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