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Gallimard arrête la commercialisation du journal de Gabriel Matzneff

L'écrivain Gabriel Matzneff en 2014.
L'écrivain Gabriel Matzneff en 2014. AFP

Gallimard a annoncé mardi l'arrêt de la commercialisation du journal de Gabriel Matzneff, mis en cause par un ouvrage qui a fait remonter à la surface des accusations de pédocriminalité à l'encontre de l'éditrice Vanessa Springora.

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Les conséquences de l'affaire Matzneff se poursuivent dans le monde de l'édition française. "Les éditions Gallimard, qui ont publié son journal depuis 1990, ont décidé d'en interrompre la commercialisation", affirme dans un communiqué publié mardi 7 janvier la maison d'édition parisienne. "La souffrance exprimée par Madame Vanessa Springora dans 'Le Consentement' fait entendre une parole dont la force justifie cette mesure exceptionnelle", précise-t-il.

Vendredi dernier, le parquet de Paris avait ouvert une enquête au lendemain de la parution du "Consentement" (Grasset), un livre autobiographique de l'éditrice Vanessa Springora relatant la relation qu'elle a entretenue à l'adolescence avec l'écrivain, alors âgé de 50 ans.

Dans son récit, Vanessa Springora, désormais âgée de 47 ans, dépeint celui qu'elle nomme "G." en prédateur multipliant les relations avec de très jeunes filles. L'allusion à Gabriel Matzneff, qui a fait état de ses agissements dans ses propres ouvrages, est transparente, d'autant que Vanessa Springora le nomme dans une interview au Parisien parue la semaine dernière.

"Affreux portrait"

L'Express a publié jeudi dernier, sur son site Internet, une tribune de l'écrivain, âgé de 83 ans, qui affirme avoir vécu un "exceptionnel amour" avec Vanessa Springora et ne pas se reconnaître dans "l'affreux portrait" dressé de lui. Gabriel Matzneff n'a fait aucun commentaire sur l'ouverture de l'enquête du parquet.

L'écrivain, qui fait l'objet d'une enquête pour viols sur mineurs, va se voir retirer une aide publique, après avoir aussi renoncé à sa chronique dans l'hebdomadaire Le Point.

Le ministre de la Culture, Franck Riester, a estimé que l'allocation annuelle aux auteurs accordée par le Centre national du livre, dont il bénéficie depuis 2002, n'était "pas justifiée".

Avant même sa parution, "Le Consentement" a ébranlé toute l'édition française, qui a longtemps accordé à Gabriel Matzneff les honneurs dus aux grands écrivains – le prix Renaudot de l'essai en 2013, notamment – sans jamais, ou presque, questionner ses pratiques. L'affaire a rejailli sur de nombreuses personnalités influentes du monde de la littérature, accusées d'avoir complaisamment fermé les yeux.

Avec AFP et Reuters

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