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Réforme des retraites : Édouard Philippe annonce une conférence de financement

Le Premier ministre Édouard Philippe, le 7 janvier 2020, après la réunion avec les partenaires sociaux sur la réforme des retraites.
Le Premier ministre Édouard Philippe, le 7 janvier 2020, après la réunion avec les partenaires sociaux sur la réforme des retraites. Lionel Bonaventure, AFP

Le Premier ministre a saisi la balle au bond mardi en acceptant la proposition de la CFDT d’organiser une conférence de financement du futur système de retraites. Une réunion de calage se tiendra vendredi malgré les divergences entre gouvernement et partenaires sociaux.

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Un geste d’apaisement à destination de la CFDT ou une stratégie de communication destinée à gagner du temps ? En annonçant, mardi 7 janvier, l’organisation d’une "conférence de financement" du futur système de retraites par points, proposée dimanche par la CFDT, et la tenue d’une réunion à Matignon, vendredi, pour décider de son contenu, Édouard Philippe tend la main au secrétaire général Laurent Berger.

"L'idée est bonne mais nous devons nous mettre d'accord sur le mandat de cette conférence de financement, sur le délai qui lui sera accordé pour aboutir ou dégager des solutions consensuelles", a déclaré le Premier ministre, affirmant l'espoir d'une "discussion documentée, chiffrée, sereine".

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Le Premier ministre a toutefois pris soin de ne pas évoquer l’âge pivot, "chiffon rouge" de Laurent Berger. Ce dernier a ainsi salué "la volonté d’ouverture" du gouvernement sur la question du financement du futur système de retraites, mais demande "que l’âge pivot [soit] retiré du projet de loi actuel".

"L'épouvantail de l'âge pivot doit être retiré"

"Si l'objectif de cette conférence de financement, c'est de recycler l'âge pivot, la réponse est non", a affirmé le numéro un de la CFDT, en référence, notamment, à la proposition du président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand d’une décote "temporaire", et non plus définitive, pour les personnes qui partiraient avant l'âge pivot.

"Ce que l'on demande, c'est qu'on prenne le temps de réfléchir au financement du système de retraite, au calendrier de l'équilibre recherché et qu'on regarde toutes les possibilités sur la table, mais qu'on ne s'inscrive pas dans une volonté d'équilibre de court terme qui consiste à travailler plus longtemps", a-t-il ajouté.

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"L'épouvantail de l'âge pivot doit être retiré", a insisté Laurent Escure, le secrétaire général de l’Unsa, l'autre syndicat favorable au passage à un système de retraites universel à points. "J'espère que les premiers signes de souplesse vont se confirmer et que vendredi on pourra travailler tranquillement", a-t-il dit aux journalistes, laissant au gouvernement "trois jours" pour décider d’une "une réponse définitive".

Les attentes de Laurent Berger et Laurent Escure ont peu de chances d’être satisfaites. La mesure d’âge pivot est d’ores et déjà inscrite dans le projet de loi rédigé et transmis par le gouvernement au Conseil d’État en fin de semaine dernière, a reconnu mardi Édouard Philippe devant l’Assemblée nationale, en répondant à une question du président de la commission des Finances, Éric Woerth (Les Républicains).

"Mais si les organisations syndicales et patronales font une meilleure proposition, plus intelligente, sur laquelle ils s'entendent alors, je vous le dis, nous la prendrons à notre compte", a-t-il ajouté.

"Qui va payer ? Combien ? Comment ? Quand ?"

Certains, comme François Hommeril de la CFE-CGC (syndicat des cadres), dénoncent une "opération cousue de fil blanc". "Nous réclamons une étude d’impact depuis des mois, a souligné le syndicaliste. C’est obligatoire. Il faut qu’on se mette d’accord sur des paramètres techniques. Qui va payer ? Combien ? Comment ? Quand ?"

Ces questions essentielles dans le cadre d’une réforme systémique pourraient être repoussées après le vote d’une loi dans laquelle il ne sera question que de l’architecture globale du futur système.

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"Voter dans un premier temps la loi, puis discuter du financement, ça n’a pas de sens", juge l’économiste Michael Zemmour, enseignant-chercheur à l’Université Paris 1, spécialiste de l’économie politique de l’État social, contacté par France 24. "On a besoin de connaître le projet de trajectoire financière pour avoir une idée du montant des retraites dans dix, vingt, trente ans, et pour savoir qui seront les gagnants et les perdants de la réforme", ajoute-t-il.

Les opposants au projet de loi estiment qu’il s’agit justement d’une stratégie du gouvernement pour obtenir le soutien de la CFDT et de l’Unsa d’une part, et maintenir les Français dans le flou d’autre part.



La conférence de financement annoncée ressemble en tout cas trait pour trait à ce que proposait Édouard Philippe dès le 11 décembre lorsqu’il évoquait "la future gouvernance" du système de retraite que piloteront les partenaires sociaux. Or, le Premier ministre avait été très clair sur la nécessité d’un "âge d’équilibre de 64 ans en 2027" et sur la liberté de décision toute relative des syndicats. "Les responsables de la nouvelle gouvernance auront à définir le bon système de bonus-malus pour aller vers ces 64 ans, avait-il dit. Dans l’hypothèse où les responsables de la nouvelle gouvernance ne présenteraient pas une trajectoire d’équilibre, ou les moyens de la garantir, la loi cadre aura prévu ces mécanismes."

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