Irak : les États-unis écartent tout retrait des troupes américaines

Des soldats américains en janvier 2019.
Des soldats américains en janvier 2019. Armée américaine, Reuters

Sur fond de tensions en Téhéran et Washington, les États-Unis ont maintenu mardi qu'ils ne quitteront pas l'Irak où ils veulent continuer à prévenir une résurgence du groupe État islamique. La veille, une lettre de l'administration américaine envoyée par erreur, annonçant des préparatifs de retrait, avait créé la confusion. 

Publicité

Il n'y aura aucun retrait des soldats américains d'Irak. Les États-Unis ont écarté clairement mardi 7 janvier toute intention de quitter l'Irak, mais certains de leurs alliés occidentaux ont annoncé leur retrait militaire partiel en raison de la grave crise entre Washington et Téhéran, alimentant les craintes de voir les tensions actuelles saper la lutte antijihadistes.

Quatre jours après la mort du puissant général iranien Qassem Soleimani dans une frappe américaine, et alors que ses funérailles en Iran tournaient à la tragédie avec plus de 50 morts dans une bousculade, Donald Trump et ses ministres ont tenté de dissiper l'impression de "sauve-qui-peut" provoqué la veille par un cafouillage.

Un retrait des troupes américaines "serait la pire chose qui puisse arriver à l'Irak", a déclaré le président des États-Unis, évoquant le danger que représente à ses yeux pour ce pays l'imposant voisin iranien. "À un moment donné, nous partirons", "mais ce moment n'est pas venu", a-t-il assuré.

Confusion

Quasiment au même moment, son ministre de la Défense Mark Esper martelait, lors d'une conférence de presse, que la politique américaine n'avait "pas changé" : "Nous ne quittons pas l'Irak".

L'administration Trump avait créé la confusion lundi en transmettant par erreur aux autorités irakiennes une lettre annonçant des préparatifs en vue du retrait de leurs soldats. Ce courrier faisait référence à un vote du Parlement irakien qui a exhorté dimanche son gouvernement à expulser les troupes étrangères d'Irak après la colère provoquée par l'élimination de Soleimani.

Signe d'un dialogue de sourds qui pourrait se prolonger, le Premier ministre démissionnaire irakien Adel Abdel Mahdi a confirmé mardi avoir reçu une lettre "signée" et "très claire" du commandement américain annonçant un retrait militaire. Et pour ajouter au climat d'incertitude, la coalition internationale contre le groupe jihadiste État islamique (EI) affiche de premières fissures.

L'Otan retire son personnel   

Si la France et l'Italie ont fait savoir leur intention de rester en Irak, les Canadiens et les Allemands ont annoncé mardi le redéploiement d'une partie de leurs soldats vers la Jordanie et le Koweït. L'Otan a décidé de retirer temporairement une partie de son personnel d'Irak.

Après le vrai-faux retrait total des troupes américaines de Syrie, annoncé par Donald Trump à deux reprises depuis un an avant qu'il ne fasse volte-face, il s'agit d'un nouveau coup porté à la lutte contre l'EI, alors que les experts ne cessent de mettre en garde contre une résurgence du groupe jihadiste malgré l'élimination de son "califat" territorial irako-syrien.

Malgré les appels au calme de la communauté internationale qui redoute une déflagration généralisée sur le sol irakien, une escalade régionale, voire une guerre ouverte entre Washington et Téhéran, la mort du général Soleimani alors qu'il se trouvait à Bagdad n'en finit donc pas de faire de vagues.

Avec AFP

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine