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L'ancien Levothyrox disparaîtra des pharmacies en septembre

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Paris (AFP)

La fin de l'ancien Levothyrox a été repoussée à plusieurs reprises, mais cette fois semble être la bonne: cette version du médicament ne sera plus vendue en France à partir de septembre, après avoir été temporairement distribuée aux patients mécontents du changement de formule en 2017.

"Cela avait été reporté plusieurs fois, à fin 2018 puis à fin 2019, mais là, la date butoir semble bien actée", a réagi auprès de l'AFP Beate Bartès, de l'association de patients Vivre sans thyroïde. "Nous avons assez peu d'espoir, même si on essaie de trouver des solutions".

L'annonce a été faite par le ministère de la Santé après la septième réunion du comité de suivi sur ce médicament pour la thyroïde, dont le changement de formule avait été accusé par des milliers de patients de provoquer des effets indésirables (maux de tête, insomnies, vertiges...).

"Le laboratoire (Merck) producteur d'Euthyrox (nom sous lequel est vendue l'ancienne formule du Levothyrox, ndlr) a informé les autorités sanitaires de la fin de distribution de ce produit en France en septembre 2020", a indiqué le ministère dans un communiqué.

Selon lui, "plus de 110.000 patients sont traités par Euthyrox, soit 3,7% des 3 millions de patients traités par lévothyroxine", la substance active de ce médicament pour la thyroïde.

Mme Bartès juge que ce nombre pourrait monter à 150 voire 200.000 patients, en comptant ceux qui s'approvisionnent à l'étranger.

La polémique autour du Levothyrox a éclaté en 2017 après le changement de formule, qui concernait certains des excipients du médicament (et pas la substance active). Son objectif, selon le laboratoire: renforcer la stabilité du produit.

Les protestations des patients mécontents ont poussé le gouvernement à demander fin 2017 l'importation de l'ancienne formule du médicament (sous le nom d'Euthyrox), ainsi que l'arrivée sur le marché de produits concurrents du Levothyrox, jusque-là en situation de quasi-monopole.

Cinq sont disponibles à ce jour (L-thyroxin Henning, Thyrofix, L-thyroxine SERB, TCAPS et TSOLUDOSE, les deux derniers n'étant pas remboursés).

Selon les chiffres officiels, le marché est dominé par la nouvelle formule du Levothyrox (76% des patients), suivie du L-thyroxin Henning (19%).

- Procès -

En outre, la liste des endroits où l'ancien Levothyrox est toujours disponible se réduit: après la France, premier pays à avoir sauté le pas, une quinzaine d'autres en Europe est aujourd'hui passée à la nouvelle formule, sans difficultés selon Merck.

Selon Mme Bartès, les patients désireux de se procurer de l'Euthyrox à l'étranger s'approvisionnent aujourd’hui "en Espagne, au Portugal, au Maghreb et dans les pays de l'Est".

"Merck produit plusieurs millions de boîtes d'Euthyrox dans le monde, pourquoi ne fournirait-il pas 120.000 patients français?", a déclaré à l'AFP le Dr Philippe Sopena, conseiller scientifique d'une autre association de patients, l'AFMT (Association française des malades de la thyroïde).

Le ministère de la Santé a indiqué qu'il publierait en février "des documents de recommandations destinés aux professionnels de santé (médecins et pharmaciens) et aux patients pour les accompagner dans tout changement" de traitement.

En juin dernier, l'Agence du médicament ANSM a publié les conclusions d'une étude menée sur plus de deux millions de patients, selon laquelle le passage à la nouvelle formule du Levothyrox n'a pas engendré de "problèmes de santé graves".

Selon les rapports de pharmacovigilance de l'ANSM, 31.000 signalements d'effets indésirables ont été déposés entre mars 2017 et avril 2018. Les associations assurent que le nombre de malades concernés est bien supérieur.

L'affaire fait en outre l'objet de procédures judiciaires. Au pénal, elle est instruite par le pôle santé du tribunal de Marseille.

Dans le volet civil, le procès en appel a eu lieu mardi à Lyon, et la décision a été mise en délibéré au 9 avril. Ce procès oppose Merck à quelque 3.300 malades, qui l'accusent de les avoir mal informés lors du changement de formule. En première instance, les plaignants avaient été déboutés.

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