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Grand oral de Macron devant la Convention citoyenne sur le climat

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Paris (AFP)

Emmanuel Macron rencontre vendredi, pour la première fois, les 150 Français de la Convention citoyenne sur le climat (CCC), qui veulent savoir ce qu'il fera de leurs futures propositions pour lutter contre le réchauffement.

Ce rendez-vous se tient à la demande des membres de la CCC qui veulent interroger le chef de l'Etat alors qu'ils planchent depuis quatre mois sur les moyens de "réduire les émissions de gaz à effet de serre d'au moins 40% d'ici à 2030 par rapport à 1990".

"C'est bien qu'Emmanuel Macron se déplace à mi-parcours de nos travaux. Ca va médiatiser la Convention et donner un nouveau souffle à ce que l'on fait", se félicite Pierre Fraimbault, aide-soignant de 49 ans et l'un des 150 citoyens tirés au sort.

Attendu à 18H30 dans l'hémicycle du Cese (Conseil économique, social et environnemental), le président prononcera quelques mots d'introduction avant "de répondre à des questions et de dialoguer librement avec l’ensemble de la Convention", ont indiqué les organisateurs.

"L'objectif est d'échanger", souligne l'entourage du président, "pas d'influencer les travaux de la Convention".

Car il en va de la crédibilité de cet exercice inédit de démocratie participative en France, qu'Emmanuel Macron a lancé au printemps dernier en réponse au "grand débat national" né de la crise des "gilets jaunes" et du rejet de la hausse de la taxe carbone.

Comme d'autres membres de la CCC, Pierre Fraimbault "attend du président qu'il rappelle bien les engagements qu'il a pris sur le fait que toutes nos propositions seraient accueillies sans filtre et qu'il ait le courage politique de valider ce qu'on proposera".

Le 25 avril 2019, Emmanuel Macron avait en effet déclaré: "Ce qui sortira de cette Convention, je m'y engage, sera soumis sans filtre soit au vote du parlement, soit à référendum, soit à application réglementaire directe".

Ce système de "convention citoyenne" a été notamment utilisé plusieurs fois en Irlande, débouchant sur les référendums sur la légalisation de l'avortement ou le mariage pour tous.

- "Illusion de l'action" -

Depuis octobre, les membres de la CCC se sont réunis à trois reprises pour examiner, en auditionnant des experts, sur cinq thèmes: se déplacer, se loger, se nourrir, produire et travailler et consommer. Certains planchent aussi sur des questions transversales comme le financement ou l'opportunité d'une révision de la Constitution.

La session de ce week-end doit être consacrée à examiner les premières propositions avec l'objectif de les finaliser pour le début du mois d'avril.

En présentant ses voeux aux Français le 31 décembre, Emmanuel Macron a indiqué qu'il lui reviendrait d'"affirmer au printemps des choix nouveaux et forts" pour "réduire nos émissions de gaz à effet de serre et lutter contre le réchauffement climatique mais aussi pour œuvrer en faveur de la biodiversité".

D'ores et déjà, certains élus de la majorité expriment leurs craintes que certaines propositions de la Convention ne soient trop radicales ou coûteuses, et donc difficiles à faire accepter et à mettre en oeuvre.

Le député Mathieu Orphelin (ex-LREM, proche de Nicolas Hulot) a salué cette semaine "l'ambition forte" des premières pistes de la Convention, notamment sur la lutte contre l'artificialisation des sols ou le renforcement de la rénovation énergétique. "Les citoyens l'ont mieux compris que bien des politiques: il faut faire beaucoup plus!", a-t-il souligné.

Un message similaire devrait être lancé par les associations écologistes (Greenpeace, Réseau Action Climat, WWF, France Nature Environnement...), qui tiennent vendredi matin une conférence de presse pour dénoncer le fait que la venue d'Emmanuel Macron à la CCC ne serve qu'à "tenter une nouvelle fois de donner l'illusion de l'action".

Conscient de sa difficulté à convaincre l'opinion de sa "conversion" environnementale, le chef de l'Etat a affirmé, dans ses voeux, la volonté de faire de 2020 "l'année où un nouveau modèle écologique doit se déployer". "Nous devons accélérer à toutes les échelles: locale, nationale, européenne et internationale", a ajouté Emmanuel Macron, qui accueillera à Marseille en juin le Congrès mondial de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

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