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Hong Kong : forte hausse des troubles de stress post-traumatique depuis le début de la crise

Il y a six fois plus de Hongkongais qui présentent des signes de stress post-traumatique que lors du "Mouvement des parapluies" en 2014.
Il y a six fois plus de Hongkongais qui présentent des signes de stress post-traumatique que lors du "Mouvement des parapluies" en 2014. © Dales de La Rey, AFP

Depuis le début des troubles sociaux, près d’un adulte sur trois à Hong Kong présente des symptômes de stress post-traumatique, révèle une étude publiée jeudi dans la revue scientifique The Lancet.

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Proche des "situations après une catastrophe naturelle majeure, un conflit armé ou une attaque terroriste". Telle est la conclusion des auteurs d'une large étude sur la prévalence de troubles mentaux – comme la dépression et le stress post-traumatique – au sein de la population de Hong Kong, publiée jeudi 9 janvier dans la très sérieuse revue scientifique britannique The Lancet.

Des chercheurs de l’université de Hong Kong ont constaté qu’environ 2 millions d’adultes, soit un habitant sur trois de la cité semi-autonome chinoise, présentaient des symptômes de stress post-traumatique (PTSD) depuis le début des troubles sociaux, en mars 2019. Le stress post-traumatique englobe toute une série de troubles anxieux qui surviennent généralement après des événements profondément marquants tels qu’une guerre.

L’étude a duré dix ans. Dix ans durant lesquels les chercheurs ont envoyé des questionnaires à plus de 18 000 Hongkongais âgés de plus de 18 ans pour évaluer l’évolution de la prévalence de certains troubles mentaux dans cette ville qui a été marquée par plusieurs crises politiques majeures.

Ils ont ainsi pu établir qu’il y avait six fois plus d’individus présentant des symptômes de stress post-traumatique en 2019 que lors du "Mouvement des parapluies", la grande vague de manifestations pour les droits civiques qui avait agité la ville en 2014.

Risque de crise sanitaire

Les cas de dépressions probables ont aussi grimpé en flèche à la faveur de la crise actuelle. Environ 11,2 % de la population adulte présente des signes cliniques de cette affection, contre 1,9 % entre 2009 et 2014 et 6,7 % en 2017. Une prévalence similaire des dépressions probables ne se retrouve qu’après des conflits armés, des catastrophes naturelles ou des attaques terroristes.

Les chercheurs préviennent que Hong Kong n’est pas du tout équipé pour faire face à un tel afflux de troubles mentaux et assurent qu’en l’absence de moyens supplémentaires alloués aux hôpitaux, une crise sanitaire pourrait survenir.

Ils reconnaissent, cependant, que leurs conclusions ne permettent pas d’établir avec certitude un lien de cause à effet entre la crise sociale actuelle et cette augmentation des cas de troubles psychiatriques. L’étude reste avant tout un recensement statistique qui ne s’attache pas à remonter aux racines des maux constatés.

Il n’empêche que les individus qui reconnaissaient utiliser beaucoup les réseaux sociaux – vecteur principal d’informations sur les troubles sociaux – présentaient plus souvent des signes de PTSD ou de dépression.

Par ailleurs, l’étude pourrait avoir sous-évalué la prévalence de ces troubles, d’après les chercheurs, étant donné qu’elle ne prend pas en compte les Hongkongais de moins de 18 ans, qui forment pourtant un contingent important de manifestants.
 

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