Accéder au contenu principal

Réforme des retraites : le gouvernement promet des "propositions concrètes" samedi

Le Premier ministre français, Édouard Philippe, lors d'un nouveau round de concertation avec les partenaires sociaux à Matignon, à Paris, le 10 janvier 2020.
Le Premier ministre français, Édouard Philippe, lors d'un nouveau round de concertation avec les partenaires sociaux à Matignon, à Paris, le 10 janvier 2020. © Charles Platiau, Reuters

À l'issue d'une nouvelle journée de négociations avec les partenaires sociaux, le gouvernement a promis vendredi de faire des "propositions concrètes" dès samedi aux syndicats pour tenter de trouver un "compromis" sur le financement du système des retraites.

Publicité

Après un nouveau round de concertation vendredi 10 janvier, le gouvernement a promis de présenter des "propositions concrètes" samedi pour tenter de trouver un "compromis" sur le financement du système des retraites.

"Demain, par écrit, j'adresserai aux organisations syndicales et patronales des propositions concrètes qui pourraient être la base (d'un) compromis", a déclaré en fin de journée Édouard Philippe dans la cour de Matignon, à la veille d'une nouvelle journée de manifestations contre sa réforme.

Le Premier ministre, qui a reçu toute la journée les organisations syndicales et patronales afin de discuter de l'équilibre du système de retraites, a estimé que "cette journée d'échange a(vait) donné lieu à des discussions très franches, très constructives et je crois très utiles".

La CFDT, premier syndicat de France, est favorable au principe d'un régime "universel" par points, mais reste braquée par l'âge pivot que le gouvernement veut fixer en 2027 à 64 ans et assortir d'un bonus-malus, afin d'inciter les Français à travailler plus longtemps.

>> À lire aussi : "Réforme des retraites : le paradoxe de l’emploi des seniors"

Cet âge d'équilibre est mentionné au moins 39 fois dans le projet de loi, transmis tard jeudi soir par l'exécutif aux partenaires sociaux. Le texte sera présenté en Conseil des ministres le 24 janvier, a confirmé le chef du gouvernement. Celui-ci espère le soumettre à l'examen en séance publique à l'Assemblée nationale à compter du 17 février pour qu'il puisse être adopté avant l'été.

Le gouvernement ira-t-il jusqu'à supprimer la mesure d'âge, ligne rouge pour tous les syndicats encore mobilisés après 37 jours de conflit, mais qui permettrait des économies de 3 milliards d'euros dès 2022 et 12 milliards en 2027 selon Matignon ?

"C'est une mesure aveugle qui n'a pas lieu d'être dans le projet de loi", a redit à sa sortie Laurent Berger, le patron de la CFDT, notant "une volonté d'ouverture" de la part du Premier ministre. Selon Cyril Chabanier (CFTC), le chef du gouvernement s'est "engagé à faire rapidement des premières annonces" de nature à pouvoir amender le texte.

"Mobilisation intacte"

"On va avoir une annonce de temporisation ou de suspension sur l'âge pivot en attendant que les partenaires sociaux se mettent d'accord sur une solution alternative", a prédit sur Europe 1 Yves Veyrier (FO), estimant qu'il ne serait pas aisé de s'entendre sur des mesures d'économies.

L'âge pivot est en tout cas défendu par le patronat : "C'est absolument indispensable", a plaidé à Matignon le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux.

Les deux projets de loi de cette réforme – l'un organique, l'autre ordinaire –, adressés jeudi soir aux caisses de Sécurité sociale et dont l'AFP a obtenu copie, gravent dans le marbre une règle "obligeant" à prévoir l'équilibre financier du futur système "universel" de retraite par points et l'"âge d'équilibre".

Cet âge pivot sera instauré progressivement dès 2022, à moins d'une "délibération" différente avant septembre 2021 entre partenaires sociaux siégeant au sein de la future caisse nationale de retraite universelle, qui sera créée le 1er décembre 2020.

Ces mesures ne sont pas de nature à amadouer les syndicats opposés à la réforme dans son ensemble, CGT et FO en tête, qui ont redit à Matignon que leur "mobilisation reste intacte". "Nous avons redit notre désaccord avec le projet du gouvernement", a sobrement commenté Philippe Martinez (CGT).

La journée de manifestations interprofessionelles a rassemblé jeudi 452 000 personnes dans toute la France, selon le ministère de l'Intérieur, dont 56 000 dans la capitale, une mobilisation supérieure à celle du 10 décembre, mais en deçà de celles du 17 et surtout du 5 décembre, premier jour du mouvement.

Espérant des "manifestations massives" samedi partout en France, l'intersyndicale a appelé à poursuivre le mouvement mardi 14 avec une "journée de grève et de convergence interprofessionnelle". Elle a également appelé à des mobilisations mercredi 15 et jeudi 16 avec des "initiatives déclinées sous toutes les formes".

Davantage de métros ce week-end

Plusieurs professions restaient mobilisées vendredi, notamment à Paris, où plusieurs centaines d'avocats ont manifesté au palais de justice, demandant la démission de la ministre de la Justice, Nicole Belloubet.

Dans deux centres fiduciaires de la Banque de France, en Île-de-France et dans les Hauts-de-France, qui traitent plus du quart des billets du pays, la CGT a déposé vendredi un préavis de grève "reconductible bloquante" à partir de lundi 13.

Le trafic SNCF restera perturbé ce week-end avec 80 % des TGV, un TER sur deux et 40 % des Transilien, tandis que toutes les lignes de métro seront ouvertes en journée, selon la RATP.

Dans le secteur des raffineries, l'appel à l'arrêt des expéditions de carburant a été prolongé jusqu'au 16 janvier inclus, selon la CGT Chimie.

La grève des agents EDF est reconduite par tranche de 24 h, selon Sébastien Menesplier de la fédération de l'énergie CGT, expliquant que des coupures de courant sont faites dans les permanences de députés de la République en marche et les agents basculent de nombreux clients en tarif heures creuses.

Avec AFP

NewsletterNe manquez rien de l'actualité internationale

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.