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Boeing ukrainien abattu : l’Iran sous le feu des critiques

Des étudiants iraniens chantent des slogans antirégime le 11 janvier 2020 à Téhéran lors d'un rassemblement en hommage aux victimes du crash du Boeing ukrainien abattu par l'armée iranienne.
Des étudiants iraniens chantent des slogans antirégime le 11 janvier 2020 à Téhéran lors d'un rassemblement en hommage aux victimes du crash du Boeing ukrainien abattu par l'armée iranienne. © Atta Kenare, AFP

À l’intérieur du pays comme sur la scène internationale, les dirigeants iraniens sont sous pression. Des étudiants ont protesté samedi à Téhéran et Washington a averti le régime qu'il ne pouvait "pas y avoir un autre massacre de manifestants pacifiques".

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La pression pesant sur le régime iranien s’accentue. Samedi 11 janvier, la police iranienne a dispersé des étudiants qui ont scandé à Téhéran des slogans antirégime lors d'un rassemblement à la mémoire des victimes du Boeing ukrainien abattu mercredi "par erreur" par l'Iran, selon l'agence de presse iranienne Fars.

Plusieurs centaines d'étudiants se sont réunis en début de soirée en réponse à une invitation à honorer les victimes de cette catastrophe qui a fait 176 morts, majoritairement des Iraniens et des Canadiens, dont des binationaux.

Le rassemblement, à la prestigieuse université Amir Kabir de Téhéran, s'est transformé en manifestation de colère. La foule a lancé des slogans dénonçant "les menteurs" et réclamant des poursuites contre les responsables du drame et ceux qui, selon les manifestants, ont tenté de le couvrir.

Dans un message sur Twitter en anglais et en farsi, Donald Trump a dit au peuple iranien qu'il se tenait "à ses côtés". "Nous suivons de près vos manifestations, et votre courage nous inspire", a-t-il ajouté. Il a également averti le régime iranien qu'il ne pouvait "pas y avoir un autre massacre de manifestants pacifiques", en référence au mouvement de contestation de novembre, violemment réprimé selon Amnesty International.

Les manifestations se sont poursuivies dimanche. Des étudiants se sont de nouveau rassemblés à Téhéran et à Ispahan, scandant des slogans antirégime, relaie sur Twitter Mariam Pirzadeh, spécialiste de l'Iran à France 24.

En marge des manifestations de samedi à Téhéran, l'ambassadeur du Royaume-Uni en Iran a été brièvement arrêté, a annoncé le chef de la diplomatie britannique, Dominic Raab, qui a dénoncé "une violation flagrante de la législation internationale". Selon le Daily Mail, l'ambassadeur a été interpellé pour avoir prétendument "incité" les manifestants qui exprimaient leur colère. Les États-Unis ont appelé l'Iran à s'excuser pour cette arrestation.

"Scandalisé et furieux"

"Scandalisé et furieux", le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, a exigé samedi de l'Iran qu'il fasse toute la lumière sur la catastrophe du Boeing ukrainien abattu et il a appelé Téhéran à en "assumer l'entière responsabilité", y compris financière.

"Ce matin (samedi) j'ai parlé au président iranien Rohani et je lui ai dit que les aveux de l'Iran (...) étaient un pas important en vue d'apporter des réponses aux familles, mais j'ai souligné que d'autres mesures doivent être prises", a-t-il expliqué.

"Il faut faire toute la lumière sur les raisons qui ont provoqué une tragédie aussi horrible", a-t-il martelé, exigeant que le Canada soit étroitement associé à l'enquête.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a, lui, dit attendre "le paiement de compensations" et "le retour des corps des victimes".

Dans ce contexte, l'Agence européenne de la sécurité aérienne a recommandé aux compagnies européennes de ne plus survoler l'Iran "jusqu'à nouvel ordre". Une nouvelle évaluation sera faite en début de semaine.

De nombreuses compagnies aériennes, dont Air France et Lufthansa, avaient déjà annoncé la suspension de leur survol des espaces aériens iranien et irakien voisin.

Avec AFP

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