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Tensions diplomatiques après l'arrestation de l'ambassadeur britannique en Iran

Des manifestants iraniens brandissent des pancartes représentant le général tué Qassem Soleimani et le guide suprême de l'Iran, l'ayatollah Ali Khamenei, devant l'ambassade britannique à Téhéran, le 12 janvier 2020.
Des manifestants iraniens brandissent des pancartes représentant le général tué Qassem Soleimani et le guide suprême de l'Iran, l'ayatollah Ali Khamenei, devant l'ambassade britannique à Téhéran, le 12 janvier 2020. © Atta Kenare, AFP

L'Iran a reconnu, dimanche, avoir brièvement arrêté la veille l'ambassadeur britannique à Téhéran après un "rassemblement illégal", initialement une cérémonie à la mémoire des victimes du crash du vol Ukraine Airlines abattu "par erreur" par un missile iranien.

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Situation tendue entre Londres et Téhéran. L'Iran a reconnu, dimanche 12 janvier, avoir brièvement arrêté l'ambassadeur britannique dans le pays, Rob Macaire, "en tant qu'étranger non identifié dans un rassemblement illégal", selon le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi. Ce dernier a ajouté que le diplomate avait été libéré 15 minutes après qu'il l'eut identifié par téléphone.

Après sa brève arrestation, l'ambassadeur britannique à Téhéran a été convoqué dimanche au ministère iranien des Affaires étrangères . "Je n'ai pris part à aucune manifestation (...). J'ai quitté les lieux après cinq minutes quand certains ont commencé à lancer des slogans" contre les autorités, avait auparavant précisé Rob Macaire sur Twitter.

Des manifestants iraniens ont par ailleurs brûlé dimanche après-midi un drapeau britannique devant l'ambassade du Royaume-Uni, ont constaté des journalistes de l'AFP. "Mort à la Grande-Bretagne", "Mort aux États-Unis", "Mort à Israël" ont scandé un peu moins de 200 manifestants, dont certains ont brûlé un drapeau britannique avec un drapeau israélien.

La République islamique avait reconnu samedi sa responsabilité dans le crash du vol Ukraine Airlines – des aveux qui ont suscité l'indignation dans le pays. Le rassemblement de samedi à Téhéran où se trouvait l'ambassadeur Rob Macaire, initialement une veillée à la mémoire des victimes, s'est transformé en manifestation de colère.

Une "détention temporaire" condamnée par plusieurs pays

"L'arrestation de notre ambassadeur à Téhéran sans fondement ou explication est une violation flagrante de la législation internationale", a réagi dans la nuit le ministre britannique des Affaires étrangères. Dominic Raab a par ailleurs estimé que l'Iran devait choisir entre "sa marche vers un statut de paria" ou "prendre des mesures pour la désescalade et pour s'engager sur le chemin diplomatique".

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a également critiqué Téhéran après la "détention temporaire" de l'ambassadeur britannique et appelé à la "désescalade" dans un tweet.

Dans un communiqué, Paris a appelé de son côté les autorités iraniennes à respecter leurs "obligations prévues par le droit international" tandis que Berlin a condamné sur Twitter l'arrestation, qualifiée d'"infraction inacceptable au droit international".

Plus tôt, le président américain Donald Trump avait mis en garde Téhéran contre "un autre massacre de manifestants pacifiques", en référence au mouvement de contestation en Iran de novembre, violemment réprimé selon l'ONG Amnesty International.

Dimanche, les journaux iraniens ont rendu hommage aux personnes tuées lors du crash, qui a fait 176 morts. "Excusez-vous, démissionnez", a titré le quotidien réformiste Etemad. "Impardonnable", a écrit Iran, le journal progouvernemental. "De profondes excuses pour une erreur douloureuse", a estimé Javan, journal proche des Gardiens de la révolution.

Nouvelles manifestations antigouvernementales

Des Iraniens se sont à nouveau rassemblés dimanche, notamment à Téhéran, pour fustiger l'action des autorités après le crash du Boeing ukrainien, selon des vidéos diffusées sur Twitter.

"Ils mentent ! Notre ennemi n'est pas l'Amérique, il est ici !", scandent des contestataires rassemblés aux abords d'une université de Téhéran, dans l'une de ces vidéos, dont l'authenticité n'a pu être vérifiée. Des manifestations auraient également eu lieu dans d'autres villes d'Iran.

Selon des habitants contactés par Reuters, les forces de l'ordre étaient très présentes dimanche dans la capitale.

Avec AFP et Reuters

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