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Iran : boycotts et démissions en chaîne après le "mensonge" des autorités sur le Boeing abattu

Des manifestants iraniens protestent à Téhéran après le crash de l'avion du Boeing abattu en Iran, le 11 janvier 2019.
Des manifestants iraniens protestent à Téhéran après le crash de l'avion du Boeing abattu en Iran, le 11 janvier 2019. © Reuters

Boycotts et démissions se sont multipliés dans le milieu artistique et médiatique iranien pour dénoncer le "mensonge" des autorités, qui ont reconnu être responsables du crash du Boeing ukrainien, abattu par un missile. Le festival culturel de Fajr et la télévision d'État sont particulièrement touchés.

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Les mensonges des autorités iraniennes, qui ont tardé à reconnaître leur responsabilité dans le crash, le 8 janvier, d’un Boeing urkrainien transportant 176 passagers, dont de très nombreux Iraniens, ne passent décidément pas en Iran. Alors que le pays est en proie à des manifestations, la vague d'indignation atteint même des fonctionnaires de la télévision d’État.

"Il a été très difficile pour moi de croire que notre propre peuple avait été tué. Pardonnez-moi de l’avoir su si tard. Et pardonnez-moi pour ces treize années de mensonge [à la télévision]", s’est excusée dimanche, sur Instagram, la très populaire présentatrice de l’IRIB, Gelareh Jabbari, après avoir présenté sa démission, à la surprise générale.

Son geste a été suivi par au moins deux autres collègues des chaînes étatiques. "Je ne retournerai plus jamais à la télévision. Pardonnez-moi", a posté Zahra Khatamirad, travaillant elle aussi pour l’IRIB.

"Je vous annonce qu’après 21 années de travail à la radio et à la télévision, je ne peux plus continuer à travailler dans ces médias. Je ne peux plus", s’est justifié quant à elle, Saba Rad, une troisième vedette de la télévision de la République islamique.

 

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D’autres célébrités iraniennes ont également exprimé leur indignation. La championne de taekwondo médaillée de bronze aux derniers JO, Kimiya Alizadeh, a annoncé avoir quitté le pays, sans révéler où elle se trouvait, pointant l’hypocrisie et la corruption de l’État iranien.

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با سلام آغاز کنم، با خداحافظی یا تسلیت؟ سلام مردم مظلوم ایران، خداحافظ مردم نجیب ایران، تسلیت به شما مردم همیشه داغدار ایران. شما مرا چقدر می‌شناسید؟ فقط آنطور که در مسابقات، در تلویزیون، یا در حضور مقامات دیده‌اید. اجازه دهید حالا آزادانه، هویت سانسور شده‌ام را معرفی کنم. می‌گویند کیمیا پس از این چیزی نخواهد شد. خودم از این هم فراتر می‌روم و می‌گویم قبل از این هم چیزی نبوده‌ام: «من کیمیا علیزاده، نه تاریخسازم، نه قهرمانم، نه پرچمدار کاروان ایران» من یکی از میلیون‌ها زن سرکوب شده در ایرانم که سال‌هاست هر طور خواستند بازی‌ام دادند. هر کجا خواستند بردند. هر چه گفتند پوشیدم. هر جمله‌ای دستور دادند تکرار کردم. هر زمان صلاح دیدند، مصادره‌ام کردند. مدال‌هایم را پای حجاب اجباری گذاشتند و به مدیریت و درایت خودشان نسبت دادند. من برایشان مهم نبودم. هیچکداممان برایشان مهم نیستیم، ما ابزاریم. فقط آن مدال‌های فلزی اهمیت دارد تا به هر قیمتی که خودشان نرخ گذاشتند از ما بخرند و بهره‌برداری سیاسی کنند، اما همزمان برای تحقیرت، می‌گویند: فضیلت زن این نیست که پاهایش را دراز کند! من صبح‌ها هم از خواب بیدار می‌شوم پاهایم ناخودآگاه مثل پنکه می‌چرخد و به در و دیوار می‌گیرد. آنوقت چگونه می‌توانستم مترسکی باشم که می‌خواستند از من بسازند؟ در برنامه زنده تلویزیون، سوال‌هایی پرسیدند که دقیقاً بخاطر همان سوال دعوتم کرده بودند. حالا که نیستم می‌گویند تن به ذلت داده‌ام. آقای ساعی! من آمدم تا مثل شما نباشم و در مسیری که شما پیش رفتید قدم برندارم. من در صورت تقلید بخشی از رفتارهای شما، بیش از شما می‌توانستم به ثروت و قدرت برسم. من به اینها پشت کردم. من یک انسانم و می‌خواهم بر مدار انسانیت باقی بمانم. در ذهن‌های مردسالار و زن‌ستیزتان، همیشه فکر می‌کردید کیمیا زن است و زبان ندارد! روح آزرده من در کانال‌های آلوده اقتصادی و لابی‌های تنگ سیاسی شما نمی‌گنجد. من جز تکواندو، امنیت و زندگی شاد و سالم درخواست دیگری از دنیا ندارم. مردم نازنین و داغدار ایران، من نمی‌خواستم از پله‌های ترقی که بر پایه فساد و دروغ بنا شده بالا بروم. کسی به اروپا دعوتم نکرده و در باغ سبز به رویم باز نشده. اما رنج و سختی غربت را بجان می‌خرم چون نمی‌خواستم پای سفره ریاکاری، دروغ، بی عدالتی و چاپلوسی بنشینم. این تصمیم از کسب طلای المپیک هم سخت‌تر است، اما هر کجا باشم فرزند ایران زمین باقی می‌مانم. پشت به دلگرمی شما می‌دهم و جز اعتماد شما در راه سختی که قدم گذاشته‌ام، خواسته دیگری ندارم.

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Sur Instagram, elle se dit elle-même "opprimée", forcée à "mentir" et à "répéter un discours politique", qui lui a été "dicté".

"Nous sommes prisonniers, des millions de prisonniers"

Lundi 14 janvier, ce sont plus d’une quarantaine d’artistes iraniens qui ont décidé de boycotter un important évènement culturel, le festival de Fajr, équivalent des Oscars et des Molière en Iran.

La liste des cinéastes, comédiens, metteurs en scène, musiciens et graphistes qui font défection s’allonge d’heure en heure, dont certaines figures très populaires dans le pays, telles que la comédienne Pegah Ahangarani. Sur les réseaux sociaux, l’actrice Taraneh Alidoosti, reçue à Cannes en 2016 pour son rôle dans "Le Client" d’Asghar Farhadi, a dénoncé la condition du peuple iranien avec des mots très durs : "Nous ne sommes pas citoyens, nous ne l’avons jamais été. Nous sommes prisonniers, des millions de prisonniers", a-t-elle posté sur son compte Instagram, mardi.


Un symbole de la République islamique touché

À la dernière minute, les membres du jury ont quant à eux décliné l’invitation au festival de Fajr, prétextant des tournages en cours. Pas de film en compétition non plus, puisqu’une quinzaine de réalisateurs ont annoncé vouloir retirer leurs œuvres de la compétition.

Entre-temps, plusieurs musiciens iraniens ont annulé leurs concerts. La chorale de Téhéran a également annoncé qu'elle ne participera pas à la section musicale du festival, car elle a perdu l'un de ses membres dans le crash de l'avion ukrainien.

Chaque année, au mois de février, la grande fête culturelle de Fajr, soigneusement encadrée par les autorités, célèbre en fanfare les arts de la République islamique iranienne durant une semaine de festivités marquant l’anniversaire de la Révolution de 1979. La prochaine édition, qui doit se tenir à Téhéran dans deux semaines, est sérieusement menacée par ces défections en chaîne.

Des artistes arrêtés

Une pression supplémentaire à gérer pour le pouvoir iranien, déjà mis à mal par des manifestations quotidiennes dénonçant la dissimulation de leur responsabilité dans le crash survenu dimanche.

Plusieurs protestations ont d’ailleurs été violemment réprimées depuis quatre jours. Sur des vidéos postées dimanche soir, on pouvait entendre des coups de feu dans le secteur de la place Azadi, à Téhéran, où on apercevait des flaques de sang. Des blessés étaient transportés dans l'urgence par d'autres personnes et des membres des forces de l'ordre couraient, fusil à la main.

Au moins trois artistes, au rang desquels la cinéaste Bani Etemad, dont les films sont distribués en France, ont d’ailleurs été arrêtés lundi pendant quelques heures pour avoir appelé à participer à une "veillée nationale" en hommage aux passagers du vol ukrainien.

Les autorités iraniennes, quant à elles, continuent de se défendre de toute volonté de dissimulation du crash survenu dimanche. Le président Hassan Rohani a promis mardi que justice serait faite, alors que les yeux du monde sont désormais fixés sur l’Iran. Plusieurs suspects ont d’ores et déjà été arrêtés.

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