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L'Iran annonce des arrestations après le crash du vol Ukraine Airlines

Le président iranien Hassan Rohani, à Téhéran, le 4 décembre 2019.
Le président iranien Hassan Rohani, à Téhéran, le 4 décembre 2019. Official President website, Reuters

La justice iranienne a annoncé, mardi, les premières arrestations dans l'affaire de la catastrophe du Boeing ukrainien, abattu par erreur par un missile iranien près de Téhéran, tuant les 176 passagers à bord. Plus tôt, le président Rohani avait assuré que tous les responsables seraient "punis". 

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L'Iran a procédé, mardi 14 janvier, à plusieurs arrestations à la suite du crash du vol Ukraine Airlines, abattu "par erreur" le 8 janvier par un missile iranien près de Téhéran, tuant les 176 passagers à bord. Il s'agit des premières arrestations annoncées par la République islamique depuis le crash de l'avion, qui transportait en majorité des Iraniens et des Canadiens.

"Une vaste enquête a été menée et des gens ont été arrêtés", a déclaré le porte-parole de la justice Gholamhossein Esmaili, qui s'exprimait lors d'une conférence de presse télévisée. Il n'a pas précisé le nombre de personnes arrêtées.

"Punir" tous les responsables 

Plus tôt dans la journée, le président iranien Hassan Rohani avait assuré, lors d'une allocution télévisée, que son pays devait "punir" tous les responsables du crash du vol Ukraine Airlines, abattu "par erreur" par un missile iranien le 8 janvier près de Téhéran, tuant les 176 passagers à bord.

"C'est une erreur impardonnable", a-t-il déclaré. "Les forces armées iraniennes qui admettent leur erreur, c'est une bonne première étape mais nous devons nous assurer que cela ne se reproduira jamais", a-t-il poursuivi, ajoutant que son gouvernement était "redevable devant les Iraniens et les autres nations qui ont perdu des vies dans cet accident". 

Après avoir démenti l'hypothèse selon laquelle l'avion d'Ukraine International Airlines ait pu être abattu par un missile iranien, les forces armées iraniennes ont fini par reconnaître samedi matin leur responsabilité dans ce drame, évoquant une "erreur humaine".

Première intervention de Rohani depuis le crash 

C'est la première intervention d'Hassan Rohani à la télévision d'État  depuis le crash de l'avion. Il avait simplement publié un communiqué et un tweet pour exprimer de ses regrets.  

"Il a fait valoir son expérience dans le domaine de la défense anti-aérienne car il a été longtemps responsable de la sécurité intérieure", rappelle Siavosh Ghazi, le correspondant de France 24 en Iran. Selon Hassan Rohani, "une personne seule ne peut être tenue pour responsable" de ce drame. 

"Le monde entier va regarder"

Le président iranien a assuré que ce crime ne resterait pas impuni et qu'une "enquête approfondie" serait menée afin d'établir des responsabilités. "Pour notre peuple, il est très important dans cet accident que quiconque ayant été fautif ou négligent à tout niveau" soit poursuivi en justice, a-t-il affirmé. "Tous ceux qui doivent être punis seront punis", a-t-il assuré.  Le système judiciaire doit former un tribunal spécial avec des juges de haut-rang et des douzaines d'experts (...) le monde entier va regarder", a poursuivi Hassan Rohani.

Parmi les 176 victimes de la catastrophe se trouvaient en majorité des Iraniens et des Canadiens. Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a assuré lundi que "justice sera faite", et l'ensemble des pays touchés par le drame - le Canada, le Royaume-Uni, l'Ukraine, la Suède et l'Afghanistan - font pression pour que la République islamique mène une enquête transparente.

Le peuple iranien lui-même continue de demander des comptes. Depuis trois jours, des manifestants protestent dans la rue pour dénoncer "les mensonges" des autorités et les appels à manifester se multiplient sur les réseaux sociaux.

Selon Siavosh Gazi, un rassemblement est prevu mardi à l'université de Téhéran à l'appel du Basij, la milice des Gardiens de la révolution, à la mémoire de Qassem Soleimani, des morts survenus lors des obsèques de ce dernier et des victimes du crash aérien.  "Le pouvoir tente de reprendre les choses en main. Il veut clairement montrer à la population qu'il ressent la même chose que le peuple et que tous partagent la même douleur", estime Siavosh Gazi. 

Avec AFP et Reuters

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