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Dans la presse

Atteintes à la liberté d'expression au Maroc : "Condamnés au silence ?"

Atteintes à la liberté d'expression au Maroc
Atteintes à la liberté d'expression au Maroc © France 24

Dans la presse, mercredi 15 janvier, la reprise des manifestations au Liban, et la poursuite des rassemblements contre le régime en Iran. Le fléau de la corruption généralisée en Irak, à l’origine du mouvement de protestation. Les atteintes à la liberté d’expression au Maroc. Et une nouvelle polémique "made in UK".

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À la Une de la presse, la reprise, hier, des manifestations au Liban, contre le retard pris dans la formation du nouveau gouvernement.

"La colère et la pression sont de retour dans la rue" : d’après The Daily Star Lebanon, plus de 20 personnes, manifestants et policiers, ont été blessés lors d'affrontements qui ont émaillé le "mardi de la colère", notamment devant le siège de la banque centrale, à Beyrouth. Elle a été prise pour cible par des Libanais de plus en plus frustrés, entre autres, par les limitations grandissantes des retraits en espèces. "La rue de nouveau mobilisée pour un dernier avertissement" : L’Orient-Le Jour rapporte que les manifestants ont donné 48 heures au Premier ministre désigné, Hassane Diab, pour former un cabinet composé d’indépendants, faute de quoi il devra se récuser.


Poursuite des rassemblements également en Iran, où les manifestants réclament toujours le départ du guide suprême. Si la presse officielle, à l’image de Khorasan, ne mentionne nulle part ces appels à la démission d’Ali Khamenei, ni la répression qui frappe ces rassemblements, elle fait tout de même état de manifestations officielles de soutien aux familles des 176 "martyrs" du vol d’Ukraine Airlines, abattu "par erreur" la semaine dernière par un tir de missile iranien. Mis sous pression, le pouvoir a réagi, lundi, par la voix du président Rohani, qui dit exiger que tous les responsables de la catastrophe soient "punis". "Pour notre peuple, il est très important que quiconque a été fautif ou négligent, quel que soit son niveau, soit poursuivi en justice", promet Hassan Rohani, cité par The Iran Daily. Cet engagement risque toutefois de ne pas suffire à calmer la colère des Iraniens, comme le suggère un dessin publié par le panarabe de Londres, Asharq al-Awsat montrant le guide suprême Ali Khamenei tentant d’éteindre les nombreux foyers de contestation qui sont en train de transformer l’Iran en bombe à retardement.

En Irak, la contestation a aussi été réprimée par les forces de l'ordre, causant plus de 450 morts. Près de trois mois après le début du mouvement, en octobre dernier, l’envoyée spéciale du quotidien français Libération raconte que les raisons de la colère sont toujours là, qu’il s’agisse de l’incompétence des dirigeants irakiens ou de la corruption généralisée. Un phénomène responsable de l’évaporation, depuis 2003, de plus de 400 milliards d’euros des caisses de l’État. Le journal évoque un pays "gangrené par le phénomène, de son sommet à sa base" et l’existence de dizaines de milliers d’emplois fictifs dans les administrations : des fonctionnaires qui perçoivent intégralement ou partiellement des salaires, sans jamais occuper leur poste, et en ayant toutes sortes d’autres activités ou ressources par ailleurs. "Des chauffeurs de taxi aux entrepreneurs en passant par des petits ou grands commerçants ou des femmes au foyer, nombreux sont ceux qui émargent au budget de l’État irakien", constate Libé. "Dès lors qu’on peut percevoir un salaire en restant à la maison, le rêve est atteint. Et comme tout le monde est impliqué dans la corruption, on se protège mutuellement. Le petit bénéficiaire protège le gros", explique Mohamad Alrubaye. Selon ce responsable d’une ONG irakienne spécialisée dans la lutte contre la corruption,"la répartition communautaire est à la base de la corruption en Irak et s’est généralisée à toutes les institutions et organisations publiques, se transformant en État profond".

Au Maroc, des militants des droits de l’Homme dénoncent une "campagne de répression" des réseaux sociaux, après que la justice a prononcé depuis deux mois une douzaine de condamnations pour des publications sur YouTube, Facebook ou Twitter. "En étouffant la parole digitale, l’État compte établir le respect des institutions au forceps. "Victime collatérale : la liberté d’expression", accuse le magazine Tel Quel, qui revient sur les cas d’Ayoub, 18 ans, condamné à trois ans de prison ferme pour “outrage à la personne du roi”, de Moul Kaskita, Youtubeur, condamné à quatre ans fermes pour “offense au roi”,  de Hamza, dit Stalin, un jeune rappeur condamné à 4 ans fermes pour “atteinte aux sacralités”, ou encore d’Abdelali Bahmad, poursuivi pour “outrage au drapeau et atteinte à l’intégrité territoriale”. L’hebdomadaire regrette un "enchaînement d’affaires" qui dénote selon lui "d’une judiciarisation accélérée de l’expression libre", et au-delà, du musellement de toute une génération. "Comment pouvait-on s’imaginer une seule seconde que des millions de jeunes victimes d’un chômage endémique se résignent, se taisent ?", interpelle Tel Quel.

Pas question de se dire à très vite sans évoquer la dernière polémique qui agite la presse britannique. Après le psychodrame Harry et Meghan Markle, voici donc l’affaire du carillon de Big Ben. Cette affaire a éclaté après qu’un député conservateur a demandé la remise en service exceptionnelle de l’énorme horloge le 31 janvier, date attendue du Brexit. Mais le problème, c’est que cette remise en service anticipée du carillon de Big Ben, actuellement en rénovation, coûterait la bagatelle de près de 585 000 euros, juste pour faire retentir les onze coups de 23 heures, l’heure à laquelle le Brexit aura lieu à Londres - soit minuit à Bruxelles. Mais quand on aime, on ne compte pas. Pour le très eurosceptique Daily Express, la messe est dite : oui, "Big Ben DOIT sonner pour le Brexit", "car le Royaume-Uni doit célébrer comme il se doit ce moment historique", et "le retour de sa liberté bénie". Ce discours atterre, toutefois, une partie des Britanniques, qui jugent l’idée totalement saugrenue et se sont amusés à détourner cette une du Daily Express. Un internaute a publié une parodie sur Twitter, demandant à ses compatriotes: "Est-ce-que vous avez perdu la tête ? On est en pleine crise climatique, l’Australie est en feu, des milliers de gens dorment dans la rue et vous voulez dépenser près d’un demi-million de livres pour faire sonner une putain d’horloge ?".

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