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Débat démocrate : Bernie Sanders et Elizabeth Warren règlent leurs comptes

Elizabeth Warren, Joe Biden et Bernie Sanders débattent en Iowa, le 14 janvier 2020.
Elizabeth Warren, Joe Biden et Bernie Sanders débattent en Iowa, le 14 janvier 2020. © Shannon Stapleton, Reuters

Pour le dernier débat démocrate avant le coup d'envoi des primaires dans l'Iowa début février, les deux candidats les plus à gauche en lice, Bernie Sanders et Elizabeth Warren, ont montré quelques signes de tension. Ils restent toutefois d'accord sur le fond face aux modérés et surtout au favori Joe Biden.

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Leurs idées sont très proches, ils sont "amis" dans le privé et ont jusqu'ici affiché un front uni face aux candidats modérés. Lors du dernier débat démocrate, mardi 14 janvier, Bernie Sanders et Elizabeth Warren ont pourtant montré que leur camaraderie avait ses limites.

Est-ce le signe que la course se resserre et que le coup d'envoi des primaires, qui sera donné le 3 février avec les caucus de l'Iowa, approche ? C'est justement à Des Moines, dans cet État du Midwest, que le débat était organisé. Cette fois, ils n'étaient plus que six candidats sur scène. Tous plus sérieux et tendus que d'habitude.

Les télespectateurs ont notamment observé le socialiste Bernie Sanders et la très progressiste Elizabeth Warren s'expliquer, le visage grave, après une double polémique née quelques jours plus tôt dans les médias américains. Le camp Warren a d'abord été échaudé par un article affirmant que l'équipe de Sanders cherchait à faire passer la sénatrice du Massachusetts comme la candidate des élites. Puis Elizabeth Warren a confirmé une information de CNN selon laquelle Bernie Sanders lui aurait assuré en privé, fin 2018, qu'une femme ne pouvait pas l'emporter face à Donald Trump.

"À eux tous, ils ont perdu dix élections"

"Je n'ai pas dit cela", s'est défendu le sénateur du Vermont mardi soir. Il a ajouté qu'en 2016, il avait même attendu qu'Elizabeth Warren se décide à entrer ou pas dans la course – elle ne s'est finalement pas présentée – pour annoncer sa candidature aux primaires.

Elizabeth Warren ne s'est pas démontée et a invité les téléspectateurs se pencher sur cette question : une femme peut-elle être élue présidente ? "Regardez les hommes de ce débat", a-t-elle lancé. "À eux tous, ils ont perdu dix élections. Les seules personnes sur cette scène à avoir gagné chacune des élections auxquelles elles ont participé sont les femmes, Amy (Klobuchar, sénatrice du Minnesotta) et moi."

"J'ai remporté chaque élection, partout, tout le temps", a renchéri la modérée Amy Klobuchar, solidaire de sa collègue mardi soir, et très en forme. "Tous ceux que j'ai battus sont sortis de la politique pour de bon", a-t-elle ajouté, insinuant qu'elle pourrait faire la même chose avec Donald Trump.

Le favori des sondages Joe Biden, qui a livré une performance assez moyenne lors de ce round, a tenté de clore le débat : "La vraie question, c'est qui peut rassembler le parti ?", a-t-il demandé, se targuant d'être le candidat réunissant la plus large coalition.

Progressistes vs modérés

Sur le reste des sujets évoqués mardi soir, la ligne de fracture classique entre modérés et progressistes a prévalu. Si Elizabeth Warren et Bernie Sanders soutiennent l'assurance santé publique universelle et la gratuité des crèches et des universités, Joe Biden, Amy Klobuchar ou encore Pete Buttigieg sont plus mesurés. "Je pense que vous devriez expliquer comment vous comptez payer pour ces mesures, Bernie", a ainsi lancé Amy Klobuchar, qui a un peu plus tard appelé les électeurs "fatigués des extrêmes en politique" à la rejoindre.

Mais Bernie Sanders persiste et signe : son étiquette de "socialiste" ne lui fera pas de tort face à Donald Trump. "C'est ce qui me fera gagner cette élection", a-t-il assuré à la fin du débat.

La politique étrangère centrale 

Sur la politique étrangère, Bernie Sanders a répété ses attaques contre Joe Biden. "Joe et moi avions écouté" les arguments de l'administration Bush en 2002, en amont de la guerre en Irak, a-t-il raconté. "Je pensais qu'ils mentaient (...) J'ai fait tout ce que j'ai pu pour empêcher cette guerre. Joe a vu les choses autrement", a-t-il rappelé avant de condamner les "guerres sans fin".

Sur la même ligne, Elizabeth Warren a plaidé pour un retrait total des troupes américaines du Moyen-Orient. "Il faut cesser de demander à nos soldats de régler des problèmes qui ne peuvent pas l'être par la voie militaire", a-t-elle plaidé. À l'inverse, Joe Biden et Amy Klobuchar ont estimé qu'un certain nombre de soldats devraient rester en poste. 

Mais la politique étrangère est peut-être ce qui a fait le lien entre les candidats : ils l'ont tous utilisée pour s'attaquer collectivement à la politique de Donald Trump et à son administration. Dans toute sa diversité, le parti démocrate est, sur ce point, en ordre de bataille. 

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