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Flybe obtient une aide fiscale du Royaume-Uni pour continuer à voler

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Londres (AFP)

La compagnie aérienne britannique Flybe a obtenu mardi un coup de pouce fiscal du gouvernement de Boris Johnson à l'issue de plusieurs jours de discussions marathon pour lui éviter la faillite, quelques mois après celle de Thomas Cook.

Le transporteur, qui emploie plus de 2.000 salariés et transporte environ 8 millions de passagers par an, s'était déjà trouvé au bord de la faillite il y a un an. Il y avait échappé grâce à son rachat par le consortium d'investisseurs Connect Airways, qui comprend Virgin Atlantic et les fonds Stobart et Cyrus.

"Je suis ravie que nous ayons trouvé un accord avec les actionnaires de Flybe pour que la société continue à fonctionner, et pour s'assurer que les régions britanniques restent connectées" a tweeté Andrea Leadsom, ministre des Entreprises.

L'annonce des difficultés de Flybe avait ému la classe politique ces derniers jours, beaucoup de parlementaires enjoignant au gouvernement de Boris Johnson d'intervenir.

Ils assuraient que cette compagnie, qui dessert 170 destinations européennes, était capitale pour beaucoup de régions du pays, notamment l'Irlande du nord, qui se seraient trouvées plus isolées si Flybe avait cessé brutalement de fonctionner.

"Signe de l'engagement du Premier ministre (Boris Johnson, pour diminuer les inégalités de transport régionales au Royaume-Uni), le Trésor va revoir la taxe britannique sur les billets d'avion (Air Passenger Duty)", explique le Trésor dans un communiqué.

"Ces mesures ont fait partie des discussions aujourd'hui avec la compagnie aérienne régionale la plus importante d'Europe, Flybe, qui (...) dessert des trajets d'où sont absents les autres transporteurs", notamment depuis Belfast ou Southampton, ajoute le Trésor, sans plus de détail.

Le refus des pouvoirs publics d'intervenir avait précipité la faillite de la compagnie aérienne Monarch fin 2017 et surtout du voyagiste Thomas Cook il y a quelques mois, qui employait 9.000 personnes.

La presse locale affirmait mardi que le gouvernement envisageait un report du paiement de la taxe britannique sur les billets d'avion jusqu'à 2023, soit un coup de pouce fiscal de 100 millions de livres (116,5 millions d'euros), en échanges d'argent frais injecté de la part de Connect Airways.

Les commentaires de Lucien Farrell, le président de Connect Airways, allaient dans ce sens. "Nous sommes très encouragés par les récents développements (...) En conséquence, le consortium d'actionnaires s'engage à continuer à faire fonctionner Flybe grâce à de nouveaux financements aux côtés des initiatives du gouvernement", a-t-il déclaré, cité dans le communiqué du Trésor.

- "Envol de critiques" -

Selon l'agence de presse britannique Press Association, le montant de ces financements "devrait se situer dans la zone des dizaines de millions de livres".

Des critiques se sont immédiatement élevées, notamment de la part du parti d'opposition Labour. "Renflouer une société à travers des baisses d'impôts pour tout un secteur n'est pas la manière de faire", a déploré John McDonnell, en charge du programme économique travailliste lors des dernières élections.

"Le gouvernement ferait mieux de (...) fournir une assistance ciblée sur certains trajets selon des critères économiques et sociaux", ajoute-t-il.

Les écologistes fustigeaient aussi ce sauvetage, à l'heure où le Royaume-Uni s'est engagé à la neutralité carbone pour 2050. "Le gouvernement ne peut pas prétendre être en tête de la lutte contre l'urgence climatique un jour et rendre moins chère la forme de voyage la plus émettrice de Co2 le lendemain", déplore Greenpeace.

"Faire baisser les prix des vols intérieurs en laissant monter les tarifs ferroviaires est l'opposé de ce qu'il faut faire", estime l'association.

"Ces vols sur de courtes distances sont exactement ceux que nous devons éviter pour tenter de faire baisser les émissions de carbone de l'aviation et éviter un effondrement climatique", renchérit l'association Les amis de la Terre.

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