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Barrage sur le Nil : vers un compromis entre l'Égypte, l'Éthiopie et le Soudan

Vue générale du chantier du barrage de la Renaissance, près de Guba en Ethiopie, le 26 décembre 2019.
Vue générale du chantier du barrage de la Renaissance, près de Guba en Ethiopie, le 26 décembre 2019. © Eduardo Soteras, AFP

L'Égypte, l'Éthiopie et le Soudan ont esquissé mercredi un compromis au sujet de immense barrage sur le Nil, source de tensions depuis neuf ans. Les trois pays se sont donné rendez-vous fin janvier à Washington pour "finaliser un accord".

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Début novembre, sous la houlette des États-Unis et de la Banque mondiale, l'Égypte, l'Éthiopie et le Soudan avaient fixé à mercredi 15 janvier la date-butoir pour "aboutir à un accord" sur le grand barrage éthiopien de la Renaissance voulu par Addis Abeba. L'espoir était de mise dans la soirée.

Après plus de deux mois de dernières tractations plus ou moins fructueuses, les ministres des Affaires étrangères et de l'Eau des trois pays ont constaté "les progrès réalisés", selon un communiqué commun. Ils étaient réunis ces trois derniers jours à Washington avec le secrétaire américain au Trésor et le président de la Banque mondiale, observateurs du processus.

Au cœur de la dispute, le barrage long de 1,8 km et haut de 145 m dont la construction a été entamée en 2012 par l'Éthiopie. Ce gigantesque projet de quatre milliards de dollars est censé, dans l'esprit des Éthiopiens, commencer à produire de l'électricité d'ici fin 2020 pour être complètement opérationnel d'ici 2022. Il doit devenir la plus grande centrale hydroélectrique d'Afrique, avec une production de 6 000 mégawatts. Mais Le Caire craint qu'il n'entraîne une réduction du débit du Nil Bleu, fleuve dont l'Égypte dépend à plus de 90% pour son approvisionnement en eau.

Neuf ans de négociations

Neuf années de négociations n'ont pas permis d'aboutir à un accord. Les tractations se sont accélérées ces derniers mois sur la question-clé du remplissage du réservoir de la future digue, censé contenir 74 milliards de mètres cubes d'eau. C'était la principale pierre d'achoppement, l'Égypte redoutant qu'un remplissage trop rapide n'affecte des millions d'Égyptiens pouvant manquer d'eau et avoir du mal à se nourrir.

Dans leur communiqué de mercredi à Washington, les acteurs concernés semblent avoir trouvé un début de compromis, qui doit être confirmé lors de l'accord définitif. Selon ce texte, le remplissage aura lieu "par étapes" de manière "coopérative", essentiellement pendant la saison des pluies de juillet-août, voire jusqu'en septembre si les conditions sont réunies. Cette phase cruciale prendra en compte "les conditions hydrologiques" et "l'impact sur les réservoirs en aval".

La première phase de ce remplissage permettra de débuter la production d'électricité, mais des mesures seront prises pour "atténuer" les inconvénients pour l'Égypte et le Soudan "en cas de fortes sécheresses".

Plusieurs points techniques et juridiques restent à finaliser, et les ministres se retrouveront les 28 et 29 janvier à Washington pour parvenir à un "accord global sur le remplissage et la gestion" du barrage.

Avec AFP

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