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En quoi consiste l'opération française Chammal contre l’organisation État islamique ?

Un soldat français de l'Opération Chammal le 9 février 2019, dans la région de Al-Qaim, en Irak, près de la frontière syrienne.
Un soldat français de l'Opération Chammal le 9 février 2019, dans la région de Al-Qaim, en Irak, près de la frontière syrienne. AFP - DAPHNE BENOIT

Toujours impliquée dans la lutte contre l’organisation État islamique, la France s'apprête à déployer son porte-avions Charles-de-Gaulle en Méditerranée orientale, dans le cadre de l’opération Chammal. France 24 se penche sur le contingent, le rôle et les objectifs de la mission anti-terroriste française au Levant.

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Lors de ses vœux aux armées, jeudi 16 janvier, Emmanuel Macron a annoncé le déploiement du porte-avions français Charles-de-Gaulle et de son escorte, dans le cadre de la lutte contre l’organisation État islamique (OEI).

C’est la cinquième fois que la France envoie son groupe aéronaval (GAN) en Méditerranée orientale, une mission "planifiée" qui s’inscrit dans la "continuité des opérations anti-terroristes françaises" explique, à France 24, une source au ministère des Armées.

Moins connue que l’opération Barkhane au Sahel, l’opération Chammal, engagée par la France en 2014 pour soutenir l’Irak, est amenée à se poursuivre malgré la chute du califat. 

Onze rafales et 160 militaires

Le 29 juin 2014, après une avancée éclair en Irak et Syrie, Abou Bakr al-Baghdadi proclame le califat de l'organisation État Islamique depuis la ville syrienne de Raqqa. Pris de court, le voisin irakien lance un appel à l’aide pour combattre le groupe terroriste. Le 19 septembre, l’opération interalliée Inherent Resolve (OIR), rassemblant plus de 70 nations, voit le jour.

L’opération Chammal, le volet français de cette coalition, est composée de 11 rafales et d’une vingtaine de pilotes stationnés sur des bases aériennes en Jordanie et aux Émirats arabes unis. En 2016, lors de l’offensive militaire contre l'OEI, le contingent s’est enrichi de groupements tactiques d'artillerie. En deux ans et demi, un total de 1 100 artilleurs a été déployé pour opérer les canons Caesar. Leur mission s’est achevée à Baghouz, le long de la frontière irako-syrienne après la défaite des derniers jihadistes de l’OEI, en mars 2019.

Le groupe aéronaval, constitué notamment du porte-avions Charles-de-Gaulle, a également été déployé à quatre reprises, pour appuyer les opérations. Enfin, 160 militaires français sont déployés à Bagdad pour des actions de formation, de conseil et d’assistance.

Une mission d’appui et de formation militaire

Dans la phase offensive du conflit, le but du contingent français était avant tout de frapper les positions du groupe jihadiste pour permettre l’avancée des combattants au sol.

Pour le ministère des Armées, cela ne fait aucun doute : "La France a joué un rôle de premier plan dans la libération de Mossoul, en affaiblissant le groupe puis en appuyant l’offensive terrestre des forces irakiennes", explique le Colonel Frédéric Barbry, porte-parole de l'état-major des armées, interviewé par France 24.

Mais si la chute du groupe État Islamique constitue une victoire décisive pour la coalition internationale, le gouvernement se garde bien de tout triomphalisme. Emmanuel Macron a souligné, jeudi, la "détermination" et le "courage" de l’engagement français tout en insistant sur l’importance de la mission. "Nos forces engagées dans l'opération Chammal poursuivent les opérations de lutte contre Daech [acronyme de l'OEI] dont la menace pèse toujours, sous une autre forme, larvée, plus insidieuse", a précisé le chef de l'État.

Une opération inscrite dans le temps long

Dans ce contexte le déploiement du Charles-de-Gaulle pose question. La France souhaite-elle intensifier ses efforts dans la lutte contre le groupe EI ? Au ministère des Armées, on confirme la volonté de "renforcer la capacité aérienne française pendant un temps donné pour combattre les cellules clandestines, toujours actives malgré la chute du califat".

Jean-Paul Paloméros, ancien chef d'état-major de l'armée de l'air, explique, quant à lui, que le Charles-de-Gaulle présente deux avantages : "Le porte-avions vient en appui des opérations en cours, mais peut également suppléer des moyens aériens. Aujourd’hui, il y a peu de misions offensives. Ce qui intéresse la France, c’est en priorité les vols de reconnaissance pour obtenir du renseignement. Le choix a été fait de conserver un dispositif adapté et d’affirmer une présence. Le défi est de ménager les forces et troupes sur le long terme avec des systèmes de relais".

Au-delà du volet opérationnel, le projet de formation des soldats irakiens semble lui aussi s’inscrire dans le temps long. Le ministère des Armées affirme avoir fourni 25 % des actions de formation dispensés aux forces anti-terroristes irakiennes par la coalition internationale. "Nous avons beaucoup progressé sur la formation, notamment auprès des forces anti-terroristes, confirme le Colonel Frédéric Barbry. Mais la situation sur le terrain est toujours volatile et la présence de nos forces reste nécessaire."

Un point de vue partagé par Jean-Paul Paloméros : "Les crises irakiennes et syriennes ne sont pas finies. Nous sommes dans un entre-deux. Au Levant, comme au Sahel, la France fait face à des conflits exigeants qui ne laissent aucun répit aux troupes. Même si l’issue est incertaine, la France ne veut pas d’un retrait prématuré comme celui des États-Unis en Irak". 
 

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