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Libye : le maréchal Haftar en Grèce pour des pourparlers avant la conférence de Berlin

Le maréchal Khalifa Haftar, commandant de l'Armée nationale libyenne (ANL), lors d'une conférence à Benghazi, en Libye, le 14 octobre 2017.
Le maréchal Khalifa Haftar, commandant de l'Armée nationale libyenne (ANL), lors d'une conférence à Benghazi, en Libye, le 14 octobre 2017. © Esam Omran Al-Fetori, Reuters (archives)

Le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'est de la Libye opposé au gouvernement de Tripoli reconnu par l'ONU, poursuit vendredi ses entretiens à Athènes, deux jours avant la conférence de paix de Berlin à laquelle il s'est dit prêt à participer.

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Arrivé jeudi soir à Athènes, le maréchal Haftar poursuivait ses entretiens en Grèce, vendredi 17 janvier, à deux jours d'une conférence à Berlin à laquelle il s'est dit prêt à participer et qui vise à lancer un processus de paix en Libye sous l'égide de l'ONU.

L'homme fort de l'Est libyen doit s'entretenir vendredi avec le ministre grec des Affaires étrangères, Nikos Dendias, après l'avoir rencontré une première fois à son arrivée dans un hôtel de la capitale. Il doit ensuite être reçu un peu plus tard par le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis, ont indiqué des sources proches des discussions.

La Libye, qui dispose des plus importantes réserves africaines de pétrole, est minée par les violences et les luttes de pouvoir depuis la chute et la mort en 2011 du dictateur Mouammar Kadhafi.

Les forces du maréchal Haftar ont lancé en avril 2019 une offensive pour tenter de s'emparer de Tripoli. Plus de 280 civils ont été tués depuis, de même que plus de 2 000 combattants, selon l'ONU. Quelque 146 000 Libyens ont dû fuir les combats. Une cessation des hostilités, globalement respectée, est en vigueur depuis le 12 janvier.

Athènes opposée aux accords entre la Libye et la Turquie

Hôte des discussions du jour, Athènes s'oppose aux accords conclus le 27 novembre par le chef du Gouvernement d'union nationale (GNA) Fayez al-Sarraj et le président turc Recep Tayyip Erdogan, principal soutien du GNA face au maréchal Haftar.

Ces accords permettent à la Turquie de faire valoir des droits sur de vastes zones en Méditerranée orientale. Le président turc a déclaré jeudi que son pays allait commencer "dès que possible" à faire des forages dans ces zones contestées riches en hydrocarbures.

Dans un communiqué commun publié il y a une semaine, Chypre, l'Égypte, la France et la Grèce ont jugé ces accords "nuls et non avenus".

Athènes a cherché à renforcer ses liens avec le maréchal Haftar, que le ministre grec des Affaires étrangères a rencontré le mois dernier dans son fief de Benghazi, dans l'est de la Libye.

"L'impératif est la poursuite du cessez-le-feu" en Libye

Le Premier ministre grec Mitsotakis a averti jeudi que la Grèce mettrait son veto au sein de l'Union européenne à tout accord de paix en Libye si les accords Ankara-Tripoli ne sont pas annulés. Il a aussi déclaré qu'exclure la Grèce de la conférence de Berlin était "une erreur".

Ankara soutient militairement le gouvernement de Fayez al-Sarraj, reconnu par l'ONU et qui siège à Tripoli. Recep Tayyip Erdogan a annoncé l'envoi de troupes en Libye pour aider le GNA à repousser les assauts des forces du maréchal Haftar – soutenu par les Émirats arabes unis et l'Égypte, deux adversaires de la Turquie.

Fayez al-Sarraj a confirmé jeudi, via son service de presse à Tripoli, qu'il participerait à la conférence internationale qui se tient dimanche à Berlin.

Le maréchal Haftar a par ailleurs reçu à Benghazi le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas. Il "a promis de respecter le cessez-le-feu" et a "clairement indiqué vouloir contribuer au succès de la conférence de Berlin et être prêt sur le principe à y participer", a déclaré après l'entretien le ministre allemand sur Twitter.

Le maréchal Haftar avait quitté dimanche Moscou sans signer l'accord de cessez-le-feu, après des discussions organisées sous l'égide de la Russie et de la Turquie.

Plusieurs pays seront représentés à Berlin, dont la Russie, la Turquie, les États-Unis, la Chine, l'Italie et la France.

Le département d'État américain a indiqué que Mike Pompeo assisterait à la conférence de Berlin. Le secrétaire d'État devrait exhorter les forces étrangères à se retirer de Libye et réclamer une reprise du processus de paix sous l'égide de l'ONU, a déclaré jeudi un responsable américain. "L'impératif est la poursuite du cessez-le-feu", a précisé ce responsable sous le couvert de l'anonymat.

Avec AFP

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