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Dans l'Est libyen, des forces pro-Haftar bloquent les principaux terminaux pétroliers

La raffinerie de Ras Lanouf, en Libye, le 19 octobre 2019.
La raffinerie de Ras Lanouf, en Libye, le 19 octobre 2019. © Esam Omran Al-Fetori, Reuters

La Compagnie nationale de pétrole a annoncé samedi l'arrêt des exportations dans les ports du croissant pétrolier libyen, poumon de l'économie du pays, après le blocage des principaux terminaux dans l'est par des forces loyales au maréchal Khalifa Haftar.

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Les principaux terminaux pétroliers de Libye sont bloqués, samedi 18 janvier, par des forces loyales au maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort de l'Est libyen, a indiqué la Compagnie nationale de pétrole (NOC).

Dans un communiqué, la NOC a annoncé l'arrêt des exportations dans les ports du croissant pétrolier, poumon de l'économie libyenne : Brega, Ras Lanouf, al-Sedra et al-Hariga.

La NOC estime que le blocage provoquera la chute de la production du pays de 1,3 million de barils par jour à 500 000 barils par jour et un manque à gagner de 55 millions de dollars par jour, selon la compagnie.

Un groupe proche du maréchal Haftar avait appelé vendredi à bloquer les exportations pétrolières du pays pour protester contre l'intervention turque dans le conflit, suscitant les inquiétudes de la NOC. Selon eux, les revenus pétroliers distribués par le Gouvernement d'union nationale (GNA) servent à payer des combattants venus de l'extérieur, notamment de Turquie.

La compagnie pétrolière avait alors dénoncé des outils de pression "pour des négociations politiques" à deux jours de la tenue d'une conférence internationale à Berlin visant à relancer un processus de paix en Libye.

"Le pétrole, c'est le gagne-pain des Libyens"

Le maréchal Haftar a lancé en avril 2019 une offensive pour s'emparer de la capitale Tripoli, où siège le GNA.

Le porte-parole des pro-Haftar, Ahmad al-Mismari, a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi que "la fermeture des champs et des terminaux pétroliers est une décision purement populaire. C'est le peuple qui l'a décidée", a-t-il dit.

Pour Jalel Harchaoui, chercheur à l'Institut Clingendael de La Haye, "il s'agit d'une logique de chantage. Elle peut marcher. Mais il y a aussi le risque que Washington réagisse mal", prévient-il. "En effet, l'administration Trump est très opposée aux blocages des exportations du pétrole libyen", qui conduiraient à une hausse du prix du brut, a-t-il dit.

Dans une interview à l'AFP samedi à Berlin, l'émissaire de l'ONU en Libye, Ghassan Salamé, n'a pas exclu qu'ils aient des motivations politiques en lien avec la conférence de Berlin.  

"C'est possible que cela ait un lien." "Son timing est – disons-le – un peu louche", a noté Ghassan Salamé. "Notre ligne est claire à l'ONU. Il ne faut pas jouer avec le pétrole parce que c'est le gagne-pain des Libyens. Sans pétrole, les Libyens meurent de faim", a-t-il prévenu.

Le maréchal Haftar et Fayez al-Sarraj doivent se retrouver dimanche à Berlin, en présence de Ghassan Salamé et du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, pour un sommet qui aura pour objectif principal de "consolider le cessez-le-feu" encore fragile, avec un embargo sur les livraisons d'armes. Les deux camps rivaux en Libye observent depuis dimanche dernier une trêve, à l'initiative de Moscou et Ankara. Mais les deux camps s'accusent mutuellement de "violations".

Avec AFP

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