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Liban : près de la Banque centrale, nouvelles manifestations contre la crise économique

Des centaines de manifestants libanais bloquent le principal pont reliant les parties ouest et est de la capitale Beyrouth, le 17 janvier 2020.
Des centaines de manifestants libanais bloquent le principal pont reliant les parties ouest et est de la capitale Beyrouth, le 17 janvier 2020. © Patrick Baz, AFP

Des centaines de Libanais ont manifesté vendredi soir près du Parlement et de la Banque centrale alors que le mouvement de contestation contre la crise économique et la corruption entre dans son quatrième mois.

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Les violences nocturnes et les arrestations de la veille ne les ont pas freinées. Des centaines de personnes ont de nouveau manifesté, vendredi 17 janvier, à Beyrouth. Près du Parlement et de la Banque centrale, qu'ils jugent en partie responsables de la situation de leur pays, les contestataires ont de nouveau dénoncé la grave crise économique dont souffre le Liban, mais aussi une classe politique gangrénée par la corruption et l'incompétence.

Dès les premières heures du matin, des voitures étaient stationnées en travers de la chaussée sur un pont autoroutier surplombant le centre-ville de la capitale libanaise.

"Nous avons bloqué la route avec des voitures parce que c'est quelque chose qu'ils ne peuvent pas enlever", a affirmé à l'AFP Maroun Karam, un manifestant. "Nous ne voulons pas d'un gouvernement de politiciens masqués" en technocrates.

Actes de vandalisme contre des banques

Déclenché le 17 octobre dernier, le mouvement de contestation réclame un cabinet de spécialistes indépendants du sérail politique, une revendication défendue par le nouveau Premier ministre Hassan Diab, désigné le 19 décembre après la démission de Saad Hariri, sous la pression de la rue. Mais Hassan Diab a avoué subir des "pressions" de la part des partis ayant soutenu sa nomination.

Après une période d'essoufflement, la contestation a connu un regain cette semaine, les manifestants dénonçant le retard pris par le nouveau Premier ministre dans la formation d'un nouveau gouvernement.

Mardi et mercredi déjà, la capitale avait été le théâtre d'actes de vandalisme contre plusieurs banques et de heurts entre manifestants et forces de l'ordre. En l'espace de 48 heures, au moins 100 manifestants avaient été arrêtés, ont indiqué jeudi des avocats à l'AFP. La grande majorité d'entre eux ont été relâchés jeudi.

Human Rights Watch (HRW) a dénoncé ces arrestations et l'usage de la force par les forces de l'ordre. "Le niveau inacceptable de violence, le 15 janvier, contre des manifestants dans leur grande majorité pacifiques nécessite une enquête indépendante et transparente", a réclamé vendredi Joe Stork, directeur adjoint pour le Moyen-Orient de l'organisation de défense des droits humains.

Effondrement du pouvoir d'achat

Selon des médias locaux, des routes ont été bloquées vendredi dans plusieurs régions du pays, notamment à Tripoli (nord) et dans la banlieue nord de Beyrouth. Certaines ont depuis été rouvertes par les forces de l'ordre.

Vendredi soir, des militaires ont gardé les abords de la Banque centrale libanaise considérée par les manifestants comme la principale responsable de leur situation. En quelques mois, la livre libanaise a perdu plus de la moitié de sa valeur, le pouvoir d'achat s'est effondré, et nombreux sont les Libanais qui perdent leur emploi du fait de la fermeture de leur entreprise.

En proie à un mouvement de contestation entré dans son quatrième mois, le Liban croule sous une dette avoisinant les 90 milliards de dollars (81 milliards d'euros), soit plus de 150 % de son PIB. La Banque mondiale a averti en novembre que le taux de pauvreté pourrait en arriver à englober 50 % de la population, contre le tiers à l'heure actuelle.

Avec AFP

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