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Musiques actuelles: le ballet des têtes chercheuses à Eurosonic

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Groningue (Pays-Bas) (AFP)

Pendant Eurosonic, festival défricheur à Groningue (Pays-Bas), on repère assez vite leurs silhouettes au fil des salles disséminées dans le vieux centre-ville: les programmateurs d'autres scènes de musiques actuelles sont venus dénicher les pépites.

Le rendez-vous est "idéalement situé mi-janvier, après la trêve des confiseurs c'est le retour aux affaires, on a +booké+ les têtes d'affiche et on vient chercher des découvertes européennes ici" explique à l'AFP Kem Lalot, programmateur des Eurockéennes de Belfort, dans l'ouest de la France.

Avec près de 350 groupes/artistes en quatre jours, les programmateurs ne restent pas longtemps devant un show. Malgré leurs déambulations incessantes sous la pluie fine de Groningue et dans les salles, ils reviennent cependant dans les radars: barbe de bûcheron et casquette style US pour Kem Lalot, bonnet flashy et cheveux longs bouclés pour Ségolène Favre Cooper, programmatrice du MaMA festival de Paris, tignasse blanche et lunettes à montants bleus pour Jean-Louis Brossard, patron des influentes Trans Musicales de Rennes.

Le tempo est donc ultra-rapide. "Au bout de deux morceaux, le groupe peut t'accrocher, mais même si tu es accroché, il y a tellement de trucs en face... c'est un zapping continuel, décrit Kem Lalot. Je reste très rarement à un concert en entier, sauf en fin de journée car j'en ai plein les bottes (rires), mais sinon, c'est 10, 20 minutes".

- "En voir un maximum" -

"On est là pour essayer d'en voir un maximum, l'idée n'est pas de juger l'entièreté du concert mais de voir si ça prend avec le public, même si des fois tu restes happée et tu ne bouges plus alors que tu étais partie pour rester dix minutes", raconte à l'AFP Ségolène Favre Cooper.

Dans la catégorie machine à ingurgiter des concerts, Jean-Louis Brossard se pose là. "Hier j'ai vu plus d'une vingtaine de groupes, dont quatre malheureusement programmés à la même heure, mais j'ai réussi à les voir, j'étais content!", lance-t-il à l'AFP en milieu de journée chez un disquaire devant un mini-concert de démonstration (l'essentiel de la programmation se déroule entre 20h00 et 1h00). On l'a vu aussi arrêter sa course folle pour profiter en fin de nuit du set de DC Salas, un DJ passé par les Trans cet hiver.

Car le boss des Trans aime bien aussi aller voir ses "bébés", ces nouveaux venus qu'il a déjà programmés l'année écoulée, pour voir "comment ça se passe avec le public, s'il y a du monde, si les gens sont accrochés, c'est ça qui me plaît".

Même s'il reste concentré sur la pêche aux perles rares. "Je débute ma programmation des prochaines Trans, je ne dirai pas le nom, mais j'ai +booké+ un artiste hier", lâche-t-il entre deux bouffées de cigarettes.

- "Moi, je demande l'+exclu+" -

"D'Eurosonic, je ramène au minimum trois groupes chaque année, mais ça peut aller au-delà", explique aussi Kem Lalot.

Y-a-t-il un Yalta des têtes chercheuses pour éviter la concurrence frontale? "On se connaît tous, on échange beaucoup entre Français et Européens, pour essayer de bosser de manière constructive, car si on est tous sur des mêmes dates ça ne fait qu'enflammer les prix", résume Kem Lalot.

"Pas moi !", répond franchement Jean-Louis Brossard. "Moi, je demande l'+exclu+. Après, beaucoup de programmateurs se baladent ensemble, mais ils ne font pas la même chose que moi". Ce qui n'empêche pas la camaraderie: "Hier, j'ai fini la soirée très tard avec certains d'entre eux".

"Au MaMA, on est sur de la jeune garde, c'est une ligne un peu commune avec Jean-Louis, ça nous arrive de nous battre - entre guillemets - pour un artiste ou un groupe, mais c'est bien, et je sais qu'il aime bien ça, ça lui fait de l'émulation, c'est lui qui me l'a dit", sourit Ségolène Favre Cooper.

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