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Violences policières: nouvelle enquête judiciaire après les appels de l'exécutif à l'exemplarité

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Paris (AFP)

Une nouvelle enquête judiciaire a été ouverte dimanche après la diffusion de vidéos montrant un policier frapper un manifestant, déjà au sol, malgré les appels de l'exécutif à "l'exemplarité" des forces de l'ordre il y a quelques jours.

Toutefois signe que le message du président Emmanuel Macron appelant mardi à "aucune complaisance" devant des "comportements pas acceptables", a été entendu, il a fallu moins de 24 heures pour qu'une enquête administrative soit ouverte.

La diffusion des vidéos d'un manifestant au visage ensanglanté, au sol, couché sur le dos, menottes aux mains, frappé à coups de poing par un policier a vite ému au-delà des réseaux sociaux. La scène, qui s'est déroulée samedi à Paris en marge de la manifestation des "gilets jaunes" est brève mais violente. "Pourquoi vous êtes méchants comme ça", entend-on à l'adresse des forces de l'ordre.

Sur un autre angle de la scène, filmée par l'AFPTV autour de 14H30, l'homme, couché sur le ventre et déjà menotté, crie de douleur quand le policier lui appuie son genou sur le bras.

La mort le 3 janvier à Paris d'un livreur lors d'un contrôle routier houleux, après une immobilisation au sol, puis l'image d'un croche-pied d'un policier à une jeune femme à Toulouse, et celle d'un tir de LBD à bout portant à Paris avaient relancé les critiques sur les violences policières qui émaillent depuis plus d'un an les manifestations de "gilets jaunes".

- "Cycle violences-réactions" -

Face à cette nouvelle vague de critiques, l'exécutif, qui continue de bannir de son vocabulaire le terme "violences policières", a décidé de s'attaquer au sujet et de réagir plus vite.

Le 13 janvier, le directeur général de la police nationale, Eric Morvan, avait rappelé les instructions du préfet Maurice Grimaud sans sa lettre aux policiers fin mai 1968. Lettre restée célèbre par la phrase: "frapper un manifestant tombé à terre, c'est se frapper soi-même". Cette lettre, a-t-il dit, n'a jamais été aussi actuelle".

L'exercice est néanmoins compliqué, entre sanctionner immédiatement tout dérapage, tout en ne stigmatisant pas des forces de l'ordre éreintée par des mois de maintien de l'ordre.

"Il est normal de sanctionner vite, mais il faut aussi préserver la présomption d'innocence", relève à l'AFP un responsable policier.

La porte-parle du gouvernement, Sybeth Ndiaye, a défendu dimanche sur BFM une action continue du gouvernement et des autorités policières et judiciaires. "Quand on regarde le nombre de saisines dont l'IGPN a fait l'objet sur des faits, compte-tenu du nombre de manifestations, il y a beaucoup de saisines, beaucoup d'enquêtes qui sont en cours actuellement, de transmissions au parquet qui ont été réalisées".

"Je refuse, a-t-elle ajouté, qu'on jette l'opprobre sur nos policiers, parce que ce sont des hommes et des femmes qui font un travail de très grande qualité."

Le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, fait valoir en soutien aux forces de l'ordre que "si on arrive à ces dérapages, puisqu'il s'agit de dérapages, c'est parce que l'on a poussé à bout ce cycle violences-réactions".

"Les Français savent bien que les policiers sont harcelés en permanence, que des petits groupes, les fameux black blocs, les poussent à bout et après on a les dérapages qui sont évidemment inacceptables", a-t-il dit encore sur France Inter.

A Paris, au moins trois enquêtes judiciaires ont été ouvertes pour des violences policières commises le 9 janvier lors de la manifestation contre la réforme des retraites, dont un tir de LBD à bout portant.

Fin octobre, le ministère de l'Intérieur recensait 313 enquêtes judiciaires pour des violences policières présumées lors des manifestations de "gilets jaunes" confiées à l'IGPN.

En 2019, 24 manifestants auraient été éborgnés à cause d'un tir de LBD, devenue le symbole des "violences policières". Et plusieurs manifestants ont eu des mains arrachés par des grenades.

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