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Didier Decoin remplace Bernard Pivot à la tête de l'académie Goncourt

Le nouveau président de l'Académie Goncourt, Didier Decoin, le 20 janvier 2020.
Le nouveau président de l'Académie Goncourt, Didier Decoin, le 20 janvier 2020. © AFP / Alain Jocard

Didier Decoin a été désigné par ses pairs, lundi, président de l'académie Goncourt en remplacement de Bernard Pivot. Membre de ce cénacle littéraire depuis 1995, il en a été le secrétaire général et a aussi été lauréat du prestigieux prix en 1977.

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Comme secrétaire général, il avait à ce titre pour tâche d'annoncer chaque automne le nom du lauréat du prestigieux prix au restaurant Drouot. Maintenant, Didier Decoin, 74 ans, va remplacer Bernard Pivot comme président de l'académie Goncourt, désigné à cette fonction par ses pairs lundi 20 janvier.

Incollable sur le fait divers ou l'Asie, Didier Decoin est un touche-à-tout qui connaît bien cette assemblée d'écrivains pour avoir été lauréat du Goncourt en 1977 pour "John l’Enfer", puis membre de ce cénacle littéraire depuis 1995.

Fils du cinéaste Henri Decoin, né à Boulogne-Billancourt le 13 mars 1945, Didier Decoin a d'abord été journaliste à France Soir avant de collaborer à plusieurs journaux comme Le Figaro ou les Nouvelles littéraires. Il a participé à la création du magazine VSD et travaillé sur Europe 1. Féru de navigation, il a longtemps été chroniqueur à la revue Neptune Moteur. Il est notamment l'auteur d'un "Dictionnaire amoureux du fait divers".

Parallèlement au journalisme, il entame une carrière de romancier. Il a 20 ans lorsqu'il publie son premier livre, "Le Procès à l'amour". Celui-ci sera suivi d'une vingtaine de titres, dont "John l'Enfer" pour lequel, en 1977, il reçoit le prix Goncourt.

Amoureux de l'Asie, il a publié en 2017 "Le bureau des jardins et des étangs", retraçant le parcours d'une jeune et modeste Japonaise du XIe siècle qui va expérimenter la vie à la cour impériale. Et c'est pour ce roman qu'il s'est s'est fait remarquer, en décembre 2019, : recevant le "Bad Sex in Fiction Award". Un jury britannique a jugé qu'un passage de ce livre méritait d'être érigé au rang de pire description d'ébats amoureux de la littérature mondiale.

"Maquereaux au vin blanc"

L'académie Goncourt le faisait rêver enfant. "Mes parents étaient très amis avec Gérard Bauer qui siégeait chez les Goncourt et entrer à l'académie Goncourt était un des buts de ma vie", a-t-il rappelé lundi.

Apprenant en 1995 qu'il avait été choisi pour rejoindre l'académie il se souvient avoir voulu "fêter ça avec un festin". "Mais j'étais en tournage dans le Cotentin... Je suis allé tout seul dans le restaurant du village et ce qu'il y avait de plus délicieux sur la carte c'étaient des maquereaux au vin blanc en conserve... Je me suis fait deux boîtes de maquereaux en conserve... et j'étais tellement content que j'ai trouvé cela délicieux", dit-il en riant.

À deux reprises, il a assuré la présidence de la Société des gens de lettres (SGDL). Il a également été l'un des fondateurs de la SCAM (Société civile des auteurs multimédia). Également scénariste pour le cinéma, il travaille pour des réalisateurs comme Marcel Carné, Robert Enrico, Henri Verneuil, et Maroun Bagdadi avec qui il recevra, pour le film "Hors-la-vie", le prix spécial du jury au festival de Cannes.

Mais c'est à la télévision que Didier Decoin consacre l'essentiel de ses activités. Auteur de très nombreux scripts originaux et d'adaptations, et après avoir dirigé pendant trois ans et demi la fiction de France 2, il reçoit en 1999 le Sept d'Or du meilleur scénario pour "Le Comte de Monte-Cristo" (mini-série télévisée diffusée en 1998). Il a présidé le Festival International des programmes audiovisuels (FIPA), devenu aujourd'hui le Fipadoc.

Didier Decoin vit en partie en Normandie sur la presqu'île du Cotentin. Il est marié et est père de trois enfants. Son fils Julien Decoin est aussi écrivain. Sa nouvelle fonction va l'empêcher de profiter autant qu'avant de ses loisirs, c'est-à-dire "regarder des films à la télévision et sur Netflix", mais qu'importe. Il reconnaît que sa vraie passion c'est "le plaisir de la lecture". "Je ne peux pas m'en passer". Aujourd'hui, dit-il, "je suis fou de joie. L'Everest pour moi, c'est de présider cette petite compagnie".

Avec AFP

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