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Grèves: les Vélib' victimes de leur succès

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Paris (AFP)

Tableaux de bord brûlés, carcasses démantelées, roues à angle droit... Dans le parking de l'atelier proche de Paris où sont réparés les Vélib', des centaines de vélos endommagés s'entassent.

Depuis le début de la grève dans les transports publics, le 5 décembre, les locations de Vélib' (vélos en libre-service de la région parisienne) ont largement bondi: "Avant la grève, ce parking était vide ", constate Jacques Greiveldinger, directeur général de l'opérateur Smovengo. "On a entre deux à trois fois plus de courses réalisées et elles sont plus longues", ajoute-t-il.

Mais la hausse de l'activité est allée de pair avec un bond des réparations à effectuer. Depuis le début de la grève, Smovengo a ainsi dû réparer plus de 10.000 pneus, soit le triple par rapport à la normale. " Avant la grève, un vélo faisait entre 15 et 18 km par jour. Aujourd'hui, on monte jusqu'à 50-55km par jour en moyenne ", explique le directeur général.

"Parallèlement à ça, on a eu nos propres difficultés pour effectuer ces réparations dans nos ateliers parce que les gens ont eu du mal à venir travailler (...) et, sur le terrain également, car nos équipes se déplacent beaucoup plus lentement ", ajoute-t-il.

- "Le service est naze" -

Les réparations à effectuer sont de plus en plus souvent importantes. "On ne sait vraiment pas rouler à vélo, il faut être honnête", déplore Frédéric Glace, diagnostiqueur de vélo. "Ce qui fait que les vélos sont beaucoup plus dégradés. Il y a des roues arrière et des fourches cassées, des V-boxes (tableaux de bord ndlr) disparus..."

"Parce qu'il faut dire ce qui est : quand les gens ont leur propre vélo, ils en prennent soin, mais quand ce n'est pas le leur et qu'il est loué, automatiquement, ce n'est plus la même chose ", souligne-t-il.

Les Vélib' sont aussi victimes de vandalisme. Le chef d'atelier, Serge Taieb, se souvient d'un vélo repêché dans une voie d'eau parisienne, recouvert de moules.

"Je répare entre cinq et six vélos par jour", témoigne Mohamod Hassan qui travaille dans les ateliers de Smovengo depuis trois semaines. Il est possible de remplacer une roue et une chaîne en 20 minutes, mais, quand un vélo est en très mauvais état, la réparation peut prendre plus de deux heures.

À ce rythme, si aucun autre vélo n'arrivait aux portes de l'atelier de Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine), il faudrait deux mois pour réparer tous les vélos déjà entassés dans le hangar.

Les Vélib' sont ainsi nombreux à rester sur le terrain sans être en état de rouler. "C'est pas terrible. Le service est naze ", déplore Newfen Saouli, conseiller commercial qui emprunte souvent des Vélib'. "C'est pire depuis la grève (...) si j'avais la possibilité de me désabonner, je le ferais, sauf que je suis engagé sur un an ".

Rawad Moukarzen, étudiant en finances, a, lui, décidé d'abandonner Vélib' pour Jump, le dispositif de vélos électriques d'Uber.

"C'est plus pratique, les vélos sont plus solides et c'est plus rapide. Les Vélib' ne sont pas en très bon état. J'ai pris une fois le vélo électrique et ça m'a plus fatigué qu'un Vélib' non électrique ", se souvient-il.

Pour Jacques Greiveldinger, le service est victime de son succès : "Plus le service est utilisé, plus l'impression de l'usager quand il va prendre un vélo, se dégrade parce que, forcément, les bons vélos, ils roulent ", rapporte-t-il.

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