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Les épreuves du nouveau baccalauréat perturbées dans plusieurs lycées français

Manifestation contre la réforme du baccalauréat devant le lycée René Cassin à Montfort-sur-Meu, en Bretagne, le 20 janvier 2020.
Manifestation contre la réforme du baccalauréat devant le lycée René Cassin à Montfort-sur-Meu, en Bretagne, le 20 janvier 2020. © AFP / Damien Meyer

La mise en place du baccalauréat nouvelle formule s'est faite dans une certaine cacophonie, lundi, dans plusieurs lycées en France, alors que les premières épreuves de contrôle continu devaient avoir lieu dans de nombreux établissements scolaires.

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Le nouveau baccalauréat a débuté dans une certaine confusion, lundi 20 janvier, des professeurs réticents à la réforme ayant refusé de surveiller les épreuves. De nombreux lycéens en classe de Première étaient convoqués pour les premières épreuves de contrôle continu.

Grèves de surveillance, refus de corriger les copies ou de transmettre les notes : les opposants envisageaient les mêmes modes d'action qu'au moment des corrections des épreuves du bac en juin 2019, qui avaient créé la confusion.

Depuis plusieurs jours, des syndicats d'enseignants et professeurs appelaient à diverses actions sur les réseaux sociaux pour "faire barrage" à ce nouveau bac, décidé par Jean-Michel Blanquer.

$À Bordeaux, au lycée Gustave-Eiffel, des dizaines de professeurs et personnels non enseignants de plusieurs lycées de l'agglomération ont bloqué l'entrée. Certains élèves ont toutefois pu entrer par une porte annexe gardée par des policiers. Devant une grille installée pour bloquer une entrée à l'arrière du lycée, non loin d'une banderole "Réforme Blanquer, professeurs en colère", Vincent Sanchez, professeur d'EPS, explique : "Nous sommes contre ce nouveau bac, c'est le bac des inégalités".

À Lille, une cinquantaine de professeurs se sont rassemblés peu avant 9 h devant le lycée Faidherbe pour dénoncer la réforme, retardant le début des épreuves.

À Paris, au lycée Lavoisier, "l'administration a été obligée de réquisitionner au pied levé des personnels dont la vocation n'est pas de surveiller donc on a des personnels de laboratoire qui deviennent surveillants, ce n'est pas leur rôle (...)", a dénoncé Christian, professeur de SVT. À la sortie des épreuves, Hyppolite, élève de Première au sein de cet établissement, a affirmé que "le contenu portait sur ce qu'(ils) avai(en)t révisé". Mais "on a été assez dérangé par trois alarmes incendie", a-t-il regretté, pointant le fait de profs grévistes.

Officiellement, le ministère a comptabilisé "5 établissements bloqués" où les épreuves ont dû être reportées et "24 actions de mobilisations". Mais les réseaux sociaux donnaient, ce lundi, l'impression d'une mobilisation plus large. Face aux menaces de perturbations, le ministre de l'Éducation nationale s'était voulu rassurant dimanche sur France inter: "Cela va se passer très bien dans l'immense majorité des cas", avait-il assuré.

Les "E3C", 30 % de la note finale pour les élèves

Les modalités pratiques de ce nouveau baccalauréat soulèvent nombre d'interrogations : "C'est mal foutu, on n'a pas eu assez de temps. Même la manière dont ça se passe, on est tous serrés, tout le monde peut copier", estime Antoine Nevelestyn au lycée Faidherbe à Lille, même s'il reconnait "une bonne réforme sur le fond" car "elle permet une ouverture sur plein d'autres" matières et thématiques.

Les premières épreuves de contrôle continu, les "E3C" dans le jargon, doivent s'étaler sur un mois et demi en fonction des lycées. Elles portent sur l'histoire-géographie, les langues vivantes ainsi que sur les mathématiques pour les élèves de la voie technologique.

Grandes innovations du nouveau bac, ces épreuves réparties en trois sessions sur les années de Première et Terminale comptent pour 30 % de la note finale.

Les perturbations ont commencé dès ce week-end. Samedi, les épreuves qui devaient se tenir au lycée Blaise-Pascal, à Clermont-Ferrand, ont été annulées après l'intrusion d'opposants dans les couloirs de l'établissement.

Du côté des parents d'élèves, la principale fédération FCPE demande "un ajournement des épreuves, en raison de cette impréparation".

Manifestation contre le nouveau baccalauréat, dans les rues de Rennes, le 17 juin 2019.
Manifestation contre le nouveau baccalauréat, dans les rues de Rennes, le 17 juin 2019. © REUTERS / Stephane Mahe

"Concurrence" entre les établissements

Depuis le retour des vacances de Noël, motions et pétitions pleuvent contre la réforme du bac. Récemment, la quasi-totalité des syndicats ont demandé au ministre de "renoncer" à cette première session.

Dans l'académie d'Orléans-Tours, une inspectrice d'académie a par exemple orienté les révisions des élèves en précisant les chapitres et les thèmes sur lesquels porteraient les sujets. "Dans le cadre d'un contrôle continu, les professeurs peuvent donner des indications à leurs élèves", s'est défendu le rectorat.

"Il y a une logique de concurrence entre établissements. Chacun a la pression pour dire que ses élèves ont réussi", critique Claire Guéville du syndicat Snes-FSU.

Avec AFP

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