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Paris donne l'espoir d'un sursis pour les produits français menacés de surtaxes aux USA

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Paris (AFP)

Rouges à lèvres et champagnes français échapperont-ils à une surtaxe douanière aux États-Unis?

Une source diplomatique française a fait état lundi d'un accord entre Emmanuel Macron et Donald Trump pour prolonger "jusqu'à la fin de l'année" les discussions sur la taxation des géants du numérique, défendue par Paris mais qui fâche Washington.

Le chef d’État français et le président américain "se sont mis d'accord pour donner une chance" aux négociations afin de "trouver une solution dans un cadre international" et éviter "une guerre commerciale qui ne serait bénéfique pour personne", a indiqué lundi soir une source diplomatique. "Dans cet intervalle, il n'y aurait pas d'application de sanctions", a-t-elle assuré.

Dans un tweet en début de soirée, Emmanuel Macron a qualifié d'"excellente" la discussion qu'il a eue dimanche avec son homologue américain. "Nous allons travailler ensemble sur un bon accord pour éviter toute escalade des tarifs" douaniers, a-t-il souligné.

Le ton du ministère des Finances est resté plus mesuré. Les négociations avec les États-Unis sur la taxation française des géants du numérique sont "très difficiles" et échapper à des sanctions qui pourraient être annoncées dès mercredi est "loin d'être gagné", avait constaté plus tôt lundi le ministre français de l’Économie Bruno Le Maire sur la chaîne de télévision LCI.

Washington a menacé début décembre de surtaxer "jusqu'à 100%" l'équivalent de 2,4 milliards de dollars de produits hexagonaux emblématiques, en représailles à l'imposition par la France d'une taxe de 3% sur les grandes entreprises du numérique accusée de cibler surtout les géants américains du secteur - les "GAFA" comme Google, Amazon, Facebook et Apple.

Seraient visés le champagne, des produits laitiers dont l'emblématique roquefort, les sacs à main en cuir, les cosmétiques, la vaisselle en porcelaine ou encore les cocottes en fonte françaises, très prisées des gourmets américains.

- "coup terrible" pour les vins français -

Paris a toutefois indiqué qu'il supprimerait son projet de taxe si un accord international sur une fiscalité du numérique était trouvé.

Depuis décembre, la France mène donc d'intenses négociations dans le cadre de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pour tenter d'éviter cette nouvelle salve de taxes douanières punitives américaines. Celles-ci s'ajouteraient aux taxes déjà appliquées en octobre dans le cadre du conflit commercial Airbus/Boeing, qui ont touché essentiellement les vins non pétillants de moins de 14 degrés d'alcool, soit des exportations représentant un milliard d'euros en 2018.

Le 7 janvier, les États-Unis et la France s'étaient donné quinze jours, jusqu'à ce mardi, pour permettre la poursuite du travail à l'OCDE.

"La France poursuit son objectif de juste taxation des entreprises du numérique et de trouver un compromis dans le cadre de l'OCDE", a rappelé lundi l’Élysée.

Les États-Unis n'ont pas immédiatement réagi lundi aux déclarations faites côté français.

Bruno Le Maire doit rencontrer mercredi à Davos son homologue Steven Mnuchin pour discuter de la poursuite des discussions en présence du secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria. "Ils vont travailler", a confirmé lundi soir une source proche du dossier, ajoutant "la France fera des propositions".

Un deuxième train de taxation américaine "serait un coup terrible pour la viticulture française" avait reconnu M. Le Maire sur LCI.

Cependant, dans l'attente d'une fiscalité internationale cadré par l'OCDE, le ministre n'est "certainement pas" prêt à renoncer, a-t-il affirmé, ni à réduire à "presque rien" la taxe qui impose depuis le 1er janvier 2019 les grandes entreprises du numérique à hauteur de 3% de leur chiffre d'affaires.

"Ce que j'essaye de faire comprendre à nos amis américains, c'est que le combat n'est pas entre la France et les États-Unis, ou entre l'Europe et les États-Unis. Le combat est pour mettre en place une fiscalité juste sur les activités digitales", a-t-il insisté.

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