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En Thaïlande, l'un des principaux partis d'opposition échappe à la dissolution

Thanathorn Juangroongruangkit (centre), chef du parti d'opposition Future Forward, attendant avec des responsables de son mouvement, le 21 janvier 2020 à Bangkok, la décision de la Cour constitutionnelle thaïlandaise.
Thanathorn Juangroongruangkit (centre), chef du parti d'opposition Future Forward, attendant avec des responsables de son mouvement, le 21 janvier 2020 à Bangkok, la décision de la Cour constitutionnelle thaïlandaise. © Roméo Gacad, AFP

Troisième force politique de Thaïlande et bête noire de la junte au pouvoir, le parti d'opposition Future Forward, accusé par ses détracteurs d'avoir tenté de renverser la monarchie, a échappé à la dissolution, mardi. La formation reste menacée d'interdiction dans une autre procédure.

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Accusé par ses détracteurs d'avoir tenté de renverser la monarchie thaïlandaise, Future Forward ("En avant l'avenir"), l'un des principaux partis d'opposition du pays, a échappé à la dissolution, mardi 21 janvier, faute "d'élément à charge".

"Il n'y a aucun élément à charge" montrant que des dirigeants clés du mouvement "ont intenté des actions contre la monarchie", a conclu la Cour constitutionnelle saisie de l'affaire.

La monarchie thaïlandaise est protégée par l'une des législations anti-diffamation les plus strictes du monde et bénéficie du soutien indéfectible de l'élite militaire et économique, ainsi que celui de la population.

Les détracteurs du parti d'opposition s'étaient appuyés sur des discours prétendument anti-monarchie de responsables de Future Forward. Ils avaient aussi mis en avant le logo du parti, un triangle inversé, estimant qu'il était proche du symbole de la confrérie des Illuminati, une prétendue société secrète œuvrant pour l'avènement du nouvel ordre mondial.

Dirigé par un milliardaire charismatique, Thanathorn Juangroongruangkit, le parti est, avec ses appels à la fin de la conscription et à la réduction des budgets de défense, dans le collimateur des militaires qui tiennent toujours les rênes du pays. Très populaire auprès des jeunes, le chef du parti est la cible d'attaques incessantes des autorités judiciaires.

La formation reste menacée d'interdiction

Et la troisième force politique du pays, qui a récolté plus de 6 millions de voix lors des législatives de 2019, risque la dissolution dans un troisième dossier : une affaire présumée de prêts illégaux qui auraient été accordés par l'homme d'affaires à son mouvement. "Il reste un long chemin à parcourir", a confié à l'AFP Nalutporn Krariksh, l'une de ses partisanes.

Dans une autre procédure, Thanathorn Juangroongruangkit, 41 ans, a été déchu de son mandat de député, après avoir été accusé d'avoir détenu des parts dans un organe de presse lors de la campagne électorale. Mardi, Amnesty International a appelé "les autorités thaïlandaises à cesser d'instrumentaliser le processus judiciaire pour intimider et harceler les dirigeants et membres de Future Forward".

Une éventuelle dissolution du parti pourrait susciter la colère des électeurs. Des milliers d'entre eux se sont ralliés à Thanathorn Juangroongruangkit lors de manifestations de soutien en décembre et en janvier, les rassemblements les plus importants depuis le coup d'État de 2014 qui avait placé une junte militaire au pouvoir, dirigée par le général Prayut Chan-O-Cha.

Ce dernier, grâce au soutien d'un Sénat nommé entièrement par les militaires, est à la tête du gouvernement civil depuis les législatives de 2019, mais il ne dispose que d'une faible majorité parlementaire.

Avec AFP




 

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