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Antisémitisme en France : 34 % des juifs se sentent menacés, selon une étude

Une stèle profanée du Jardin du souvenir au cimetière de Champagne-au-Mont-d'Or, le 20 février 2019.
Une stèle profanée du Jardin du souvenir au cimetière de Champagne-au-Mont-d'Or, le 20 février 2019. © Jeff Pachoud, AFP

Alors que le 75e anniversaire de la libération du camp d'extermination nazi d'Auschwitz approche, une étude publiée mardi souligne l'importance de l'antisémitisme en France, où 34 % des juifs se sentent menacés.

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Le constat est accablant. Alors que seulement 8 % de la population française se sent souvent ou de temps en temps menacé, 34 % des Français de confession juive ont ce sentiment, selon une enquête de l'Ifop réalisée pour la Fondation pour l'innovation politique (Fondapol) et l'American Jewish Committee (AJC), publiée mardi 21 janvier.

Ce ressenti est confirmé par le vécu des personnes interrogées – 70 % des juifs disent avoir été victimes d'au moins un acte antisémite au cours de leur vie, selon l'étude –, mais aussi par les chiffres du ministère de l'Intérieur. Le nombre de faits à caractère antisémite a ainsi fortement augmenté en 2018, passant de 311 faits en 2017 à 541 faits en 2018, "soit une augmentation de 74 %", souligne le rapport du ministère.

"C'est un tableau tout à fait sinistre que nous décrivons avec cette étude", affirme Dominique Reynié, président de Fondapol, interrogé par France 24, qui souligne notamment comment les juifs ont appris à vivre avec cette menace.

"Il y a des stratégies d'évitement, de dissimulation, explique-t-il. Évitement de rues où l'on craint d'être agressé. On renonce à porter la kippa, on dissimule la mézouza sur le chambranle de la porte, on renonce à montrer sa pratique, on n'ose pas parler sur son lieu de travail de son appartenance à la religion juive parce qu'on a peur de la réaction, de l'agression, des moqueries…"

Plus de 80 % des juifs âgés de 18 à 24 ans ont subi au moins un acte antisémite

Le sentiment de menace est encore plus fréquent chez les plus jeunes. Les 18-24 ans sont 84 % à faire état d'au moins un acte antisémite subi, 79 % à déclarer avoir été victime d'une agression verbale et 39 % à faire état d'une agression physique.

"C'est très net parce que les agressions verbales antisémites, pour 54 %, se passent dans les établissements scolaires et universités, tout comme 26 % des agressions physiques", détaille Dominique Reynié.

Les préjugés sur les juifs apparaissent aux yeux du grand public comme étant la principale cause de l'antisémitisme en France (58 %), devant l'islamisme (36 %). Mais pour 45 % des juifs interrogés par l'Ifop, c'est l'islamisme qui est la première cause de l'antisémitisme, devant les préjugés (42 %), les idées d'extrême droite (26 %) et les idées d'extrême gauche (23 %). "Sur ce point, nous observons une divergence importante avec le grand public qui identifie bien davantage les idées d'extrême droite que les idées d'extrême gauche comme cause de l'antisémitisme (30 % contre 9 %)", souligne l'étude.

Mais pour les auteurs de l'étude, c'est ce qu'ils appellent "le nouvel antisémitisme", lié à l'islamisme et issu de l'importation en France du conflit israélo-palestinien, particulièrement présent selon eux dans les quartiers populaires et au sein des populations arabo-musulmanes, qui est à l'origine de la forte croissance des actes antisémites.

Même si les affaires les plus médiatisées ces dernières années – rapt et assassinat d'Ilan Halimi (février 2006), tuerie à l'école juive Ozar Hatorah de Toulouse (mars 2012), attentat contre l'Hyper Cacher (janvier 2015), assassinat de Sarah Halimi (avril 2017), assassinat de Mireille Knoll (mars 2018) – semblent accréditer cette thèse, notons toutefois que selon le rapport 2018 de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH), qui cite le Service central du renseignement territorial (SCRT), "dans la grande majorité des cas, en l'absence d'éléments précis, les motivations des auteurs [d'actes antisémites] restent difficiles à cerner".

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