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Coronavirus : la ville de Wuhan coupée du reste de la Chine, l'OMS repousse sa décision à jeudi

À l'aéroport Suvarnabhumi, à Bangkok, le 22 janvier 2020, l'accueil des touristes chinois pour le Nouvel An s'organise.
À l'aéroport Suvarnabhumi, à Bangkok, le 22 janvier 2020, l'accueil des touristes chinois pour le Nouvel An s'organise. © Soe Zeya Tun, Reuters

La Chine suspend à partir de jeudi les trains et avions au départ de Wuhan, ville où est apparu le nouveau virus pulmonaire qui a fait 17 morts et contaminé 544 personnes, selon le dernier bilan des autorités chinoises. De son côté, à l'issue d'une réunion d'urgence d'un comité d'experts, l'Organisation mondiale de la santé a repoussé à jeudi son estimation du risque posé par le virus.

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Les craintes de propagation du coronavirus chinois sont relancées, avec le nouveau bilan annoncé mercredi 22 janvier par les autorités chinoises : 17 décès et des centaines de personnes contaminées. Le nombre total de personnes contaminées s'élève à 444 dans la seule province de Hubei, épicentre de l'épidémie, ont précisé des responsables de cette province du centre de la Chine au cours d'une conférence de presse télévisée.

Les autorités chinoises ont décidé de suspendre, à compter de jeudi, les trains et avions au départ de Wuhan, la ville où est apparu ce nouveau virus pulmonaire de la famille du Sras. Les habitants ne pourront sortir sans une raison particulière, ont annoncé les médias d'État.

À Genève, l'Organisation mondiale de la santé a de son côté repoussé à jeudi son évaluation des risques sanitaires au niveau mondial. "C'est une décision que je prends extrêmement au sérieux", a expliqué mercredi soir son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, indiquant qu'il lui fallait disposer de toutes les évaluations et informations nécessaires.

"Notre équipe est sur le terrain à l'heure où nous parlons pour enquêter sur l'épidémie et réunir davantage 
d'informations", a-t-il ajouté, insistant sur la nature "évolutive et complexe" de la situation et exprimant également 
sa reconnaissance au président chinois Xi Jinping et au Premier ministre, Li Keqiang, pour leur coopération.

Le virus de la famille du Sras, apparu le mois dernier dans la ville de Wuhan, a gagné plusieurs pays d'Asie et même les États-Unis, où un premier cas a été recensé. Hong Kong a signalé mercredi son premier cas suspect, un homme de 39 ans arrivé en train de Wuhan. Mais le résultat définif des tests médicaux ne sera connu que jeudi.

>> À lire aussi : "Coronavirus chinois : un 'cousin germain' du Sras loin d'avoir livré tous ses secrets"

Après le Japon, la Corée du Sud, la Thaïlande et Taïwan, les États-Unis ont annoncé mardi un premier cas de maladie. Il s'agit d'un homme d'une trentaine d'années, originaire de Wuhan et résidant près de Seattle, dans le nord-ouest des États-Unis. Arrivé le 15 janvier sans fièvre à l'aéroport de Seattle, il a lui-même contacté dimanche les services de santé locaux après avoir constaté des symptômes.

Le président chinois, Xi Jinping, a assuré par téléphone à son homologue français Emmanuel Macron que la Chine avait adopté "des mesures de prévention et de contrôle strictes", selon des propos rapportés par l'agence Chine nouvelle. "La Chine est disposée à travailler avec la communauté internationale pour répondre efficacement à l'épidémie et maintenir la sécurité sanitaire dans le monde", a-t-il promis. Cet entretien intervient au moment où un comité ad hoc de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) se réunit à Genève pour déterminer s'il convient de déclarer une "urgence de santé publique de portée internationale".

Port du masque obligatoire

Lors d'une conférence de presse à Pékin, le vice-ministre de la Commission nationale de la santé, Li Bin, a souligné que le virus, qui se transmet par les voies respiratoires, "pourrait muter et se propager plus facilement".

Des centaines de millions de Chinois voyagent à travers le pays pour se retrouver en famille à l'occasion des congés du Nouvel An lunaire, qui débutent vendredi. Après avoir semblé ignorer l'épidémie lors de son apparition le mois dernier, les Chinois paraissaient prendre conscience du risque dans les grandes villes du pays, où beaucoup d'habitants revêtaient des masques respiratoires. À Wuhan, les autorités ont rendu le port du masque obligatoire dans les lieux publics, selon Le Quotidien du peuple.

Dans une pharmacie de Pékin, une employée était obligée d'expliquer aux clients qu'elle n'avait plus de masques ni de produits désinfectants à vendre. Le ministère chinois de l'Industrie a annoncé faire tout son possible pour en augmenter la production, selon l'agence Chine nouvelle.

Ventilation, désinfection

Près de la moitié des provinces du pays sont touchées, y compris des mégapoles comme Shanghaï et Pékin. Relayant un appel du président Xi Jinping à "enrayer" l'épidémie, M. Li a annoncé des mesures de prévention telles que la ventilation et la désinfection dans les aéroports, les gares et les centres commerciaux. Des détecteurs de température corporelle pourront également être installés dans les sites très fréquentés, a-t-il annoncé.

Des matches de qualification au tournoi féminin de football des JO de Tokyo-2020, initialement programmés en février à Wuhan, ont été délocalisés dans l'est du pays, a annoncé la Confédération asiatique de football (AFC).

Nombre de pays ayant des liaisons aériennes directes ou indirectes avec Wuhan, la ville à l'épicentre de la maladie, ont renforcé les contrôles des passagers à l'arrivée, puisant dans leur expérience de l'épidémie du Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère) en 2002-2003. Des contrôles ont été mis en œuvre dans cinq aéroports des États-Unis, ainsi qu'au Royaume-Uni et en Italie, où arrivent des vols en provenance de Wuhan.

Avec AFP

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