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Les mutations, un mode d'adaptation normal des virus

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Paris (AFP)

Les autorités chinoises ont averti mercredi que le nouveau coronavirus apparu dans le pays "pourrait muter", un mode de fonctionnement normal pour cette famille de virus, mais à surveiller de près car il pourrait augmenter son potentiel de contagion.

- Que signifie la mutation d'un virus?

Comme les être vivants, les virus sont dotés d'un matériel génétique (ADN ou ARN), qui peut être sujet à des modifications lorsqu'ils se répliquent (mutations) ou par échanges entre virus (recombinaisons).

Les virus se multipliant rapidement et en grand nombre, ils ont un plus grand potentiel que les organismes cellulaires à générer des mutations dans un laps de temps court.

De plus, les virus à ARN, comme c'est le cas des coronavirus, ont plus tendance à muter que ceux à ADN.

"Les mutations font partie du mode de fonctionnement normal pour ce type de virus", a expliqué à l'AFP Vincent Enouf, responsable adjoint du Centre national de référence des virus respiratoires (Institut Pasteur), à Paris.

"Leur survie dépend de ces mutations, qui vont leur permettre de s'adapter à leur environnement, aux différents hôtes qu'ils infectent", ajoute-t-il.

- Quelles sont les conséquences de ces mutations?

Le plus souvent sans conséquence, ces mutations peuvent aussi conférer au virus un avantage ou un désavantage pour sa survie.

Certaines mutations peuvent ainsi lui permettre de se répliquer plus rapidement, de s'attaquer plus sévèrement à l'organisme (par exemple en infectant les poumons et pas seulement les voies aériennes supérieures) ou d'infecter de nouveaux organes.

Chez le virus de la grippe, la mutation d'un gène qui commande la production d'une protéine présente à sa surface peut aussi lui permettre de se fixer plus facilement sur les cellules à infecter.

Certaines mutations peuvent aussi réduire l'efficacité d'un vaccin, si la souche pour laquelle il a été préparé a évolué entre-temps.

- Pourquoi faut-il les surveiller?

Dans le cas du coronavirus, qui infectait jusqu'ici un animal, qui reste à identifier, le passage à l'homme a probablement été facilité par de premières modifications génétiques, qui lui ont permis d'être reconnu par des récepteurs présents à la surface des cellules humaines.

Mais de nouvelles mutations pourraient lui permettre de s'adapter encore mieux à son nouvel hôte, avec le risque qu'il devienne plus virulent et qu'il se diffuse plus facilement d'un être humain à un autre.

"C'est hypothétique, mais ça doit être surveillé", explique Vincent Enouf.

Le potentiel de diffusion d'une épidémie dépend en effet en grande partie du mode de contamination de l'agent infectieux (uniquement par contact direct ou aussi par voie aérienne via les gouttes de salive) et de son degré de contagiosité.

Toutefois, les premières analyses génétiques menées sur ce nouveau virus n'ont pas mis en évidence d'éléments particulièrement inquiétants.

"Les séquences observées" chez les virus prélevés sur différents malades chinois "sont assez proches les unes des autres", note le microbiologiste.

Cela signifie qu'ils n'ont pas encore subi de nombreuses mutations et "fait penser que le passage à l'homme a dû se produire assez récemment", des hypothèses qui doivent encore être confirmées, souligne-t-il.

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