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Procès en destitution de Donald Trump : les sénateurs républicains appelés au courage

Le représentant Adam Schiff, le 22 janvier 2020, expose au Sénat les arguments démocrates pour destituer Donald Trump.
Le représentant Adam Schiff, le 22 janvier 2020, expose au Sénat les arguments démocrates pour destituer Donald Trump. © REUTERS/U.S. Senate TV/Handout

Aux États-Unis, les démocrates ont appelé, mercredi, les sénateurs républicains à avoir le "courage" de "rechercher la vérité" dans le procès en destitution de Donald Trump, accusé d'avoir voulu "tricher" pour remporter un second mandat à la Maison Blanche.

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"Vous devriez vouloir que toute la vérité sorte." L'élu démocrate Adam Schiff, qui mène l'accusation, a appelé, mercredi 22 janvier, les membres républicains du Sénat américain à avoir le "courage" de "rechercher la vérité" dans le procès en destitution de Donald Trump. Il lui est reproché d'avoir voulu "tricher" pour remporter un second mandat à la Maison Blanche.

Assisté par six confrères, Adam Schiff est revenu sur les deux chefs d'accusation retenus le 18 décembre contre le locataire de la Maison Blanche : abus de pouvoir et entrave au travail du Congrès.

>> Procédure de destitution de Donald Trump : le Sénat entre en scène

Après une première journée marathon qui a fixé le cadre de ce procès hors norme, les cent sénateurs ont écouté pendant près de neuf heures dans le plus grand silence les procureurs reprendre l'historique de cette affaire.

Ils se sont notamment appuyés sur de nombreux extraits des témoignages de membres du gouvernement devant la commission parlementaire à la Chambre des représentants en novembre.

"Ils ont tout risqué, leurs carrières. Je sais que ce que l'on vous demande peut aussi mettre la vôtre en danger. Mais s'ils ont eu du courage, nous le pouvons aussi", a lancé Adam Schiff à l'adresse des 53 républicains, qui font jusqu'ici corps derrière Donald Trump.

Il les a appelés "à rechercher toute la vérité sur l'étendue de cette corruption, car je pense que le public a le droit de savoir".

"Aux États-Unis, personne n'est au-dessus de la loi, pas même le président"

Donald Trump a "exercé des pressions sur l'Ukraine pour qu'elle annonce des enquêtes" pouvant servir sa campagne de réélection, dont l'une visait à "salir" un de ses rivaux potentiels, le démocrate Joe Biden, a assené cet ancien procureur.

Pour parvenir à ses fins, "en d'autres termes pour tricher", le président a notamment "gelé des centaines de millions de dollars d'aide militaire à un allié stratégique en guerre avec la Russie", a-t-il poursuivi. Une fois ses actes rendus publics, il a "utilisé ses pouvoirs" pour bloquer l'enquête de la Chambre, a affirmé ce fin connaisseur du dossier, qui a supervisé les investigations.

"Aux États-Unis, personne n'est au-dessus de la loi, pas même le président", a fustigé Hakeem Jeffries, avocat de profession et membre de l'accusation.

Depuis la Suisse, où il assistait au Forum économique mondial de Davos, Donald Trump s'est redit victime d'un "coup monté" orchestré par l'opposition démocrate. Le président de 73 ans a assuré qu'il aurait "adoré" assister aux débats, mais que ses avocats n'y étaient pas favorables. Il a envoyé un déluge de messages – au moins 150 – de son compte Twitter, ridiculisant ses adversaires ou vantant son bilan.

Donald Trump est le troisième président de l'histoire des États-Unis à subir l'opprobre associée à un procès en destitution, après Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1999. Comme eux, il devrait être acquitté, grâce au soutien de sa majorité républicaine.

Malgré tout, les 47 élus du groupe démocrate espèrent convaincre l'opinion publique que l'ancien magnat de l'immobilier a bien "violé son serment" de président. Pour ce faire, les procureurs disposent de vingt-quatre heures, étalées sur trois jours.

Un premier vote attendu en fin de semaine prochaine

Jeudi, ils se pencheront à partir de 13 h (18 h GMT) sur le cadre constitutionnel de ce procès et vendredi, sur la conduite du président qui l'a conduit à être mis en accusation.

Samedi, ce sera au tour de la défense qui disposera de la même durée. "La Constitution protège les privilèges de l'exécutif et il y a une raison à cela", a assuré mercredi l'avocat personnel du président Jay Sekulow, qui a dénoncé un procès "ridicule" et "dangereux pour la République" à quelques mois de la présidentielle.

Les sénateurs, qui font office de jurés, auront ensuite 16 heures pour poser leurs questions, par écrit. Entre-temps, ils devront rester vissés sur leur siège sans prendre la parole, ni consulter leur téléphone ou ordinateur, les équipements électroniques étant interdits dans l'hémicycle. Ce cadre strict vise à assurer la dignité des débats, même si les esprits s'étaient déjà échauffés mardi.

>> À voir : Aux États-Unis, une brève histoire de l'impeachment de Johnson à Trump

"La manière dont les choses sont dites est parfois aussi importante que ce qui est dit", a souligné mercredi l'aumônier du Sénat, Barry Black, dans son sermon quotidien.

Un premier vote est attendu en fin de semaine prochaine : les sénateurs devront décider s'ils acceptent de convoquer de nouveaux témoins, comme le réclame le camp démocrate. Pour cela, quatre républicains devront briser les rangs, ce qui semble difficile.

Les démocrates ont d'ailleurs refusé mercredi un "marché" proposé par plusieurs républicains : l'audition d'un témoin pour l'accusation contre celle du fils de Joe Biden, Hunter, cible des demandes d'enquête du président Trump.

Les élus pourraient ensuite passer rapidement au vote sur la culpabilité de Donald Trump. La Constitution impose une majorité des deux tiers pour destituer un président, un seuil a priori inatteignable.

Avec AFP

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