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A Davos, Hong Kong s'efforce de redorer le blason de sa place financière

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Davos (Suisse) (AFP)

"Hong Kong va rebondir!": la cheffe de l'exécutif hongkongais Carrie Lam s'est efforcée cette semaine à Davos de redorer l'image de la place financière, plongée dans la récession après plusieurs mois de contestation et désormais confrontée au nouveau coronavirus.

Alors que le nouveau virus a déjà contaminé plus de 800 personnes en Chine, et qu'offciellement deux personnes à Hong Kong en sont porteuses, Mme Lam a assuré: "Nous avons appris du passé", c'est-à-dire de l'émidémie de Sras il y a 17 ans, qui avait tué 299 personnes dans la mégalopole.

"Nous avons un protocole, nous avons les ressources" a-t-elle assuré, promettant un point quotidien sur l'épidémie.

Au Forum économique mondial, qui réunit jusqu'à vendredi en Suisse l'élite économique du globe, Mme Lam a martelé que Hong Kong restait "un merveilleux centre financier".

Une opération-séduction menée tambour battant dans la station de ski avec une forte délégation de patrons et responsables politiques hongkongais.

"Hong Kong est grand ouvert aux affaires (...) Nous avons le plus grand marché de capitaux d'Asie, le plus liquide, et le plus diversifié", a lancé Laura Cha, présidente de l'opérateur boursier HKEX lors d'un dîner de dim sums (bouchées et raviolis chinois), avant qu'une vidéo n'égrène les atouts du territoire.

Après des rues dégradées et désertes sous un ciel d'orage, on y voyait un soleil éclatant illuminer soudain les gratte-ciels de l'île avec ce slogan: "Nous sommes résistants. (...) Nous allons rebondir".

L'ex-colonie britannique, rétrocédée à la Chine populaire en 1997 mais jouissant d'une large autonomie, connaît depuis juin 2019 des manifestations géantes mobilisant fréquemment des millions de partisans pro-démocratie.

Combinées aux retombées de la guerre commerciale sino-américaine, ces manifestations ont plombé le tourisme et la consommation, faisant basculer Hong Kong dans la récession (repli de 2,9% du PIB au 3e trimestre).

- "Absence de plans tangibles"-

Sous la pression de ce mécontentement populaire, Carrie Lam a promis à Davos d'instituer "une commission indépendante" pour étudier les causes sociales de la contestation, reconnaissant que les loyers étaient devenus vertigineux et les inégalités criantes.

Mais elle a aussi rappelé ses lignes rouges sur les revendications politiques: "Hong Kong n'est pas un Etat, c'est une région administrative spéciale" de Chine populaire.

Elle a exclu de nouveau toute démission: "Laisser vacant le poste de chef de l'exécutif ne ferait que créer davantage de chaos et de confusion (...) au moment où Hong Kong doit gérer une récession, le mécontentement politique et maintenant une crise sanitaire".

Pas sûr que ces assurances suffisent à rasséréner totalement des milieux d'affaires échaudés par l'escalade de la contestation.

L'agence de notation Moody's a abaissé lundi sa note de long terme sur Hong Kong, fustigeant "l'absence de plans tangibles pour répondre aux préoccupations politiques, économiques et sociales de la population" et la réaction "particulièrement lente, timide et peu concluante" des autorités.

Cueillie à froid dès son arrivée à Davos, Carrie Lam s'est dite sur CNBC "très déçue" de cette décision.

- Réputation "en péril" -

Quatre mois auparavant c'est Fitch qui avait abaissé la note souveraine hongkongaise, invoquant l'incertitude suscitée par une intégration plus étroite avec la Chine continentale.

Le système judiciaire indépendant de Hong Kong a largement contribué à en faire l'une des grandes places financières asiatiques, mais les manifestants dénoncent l'ingérence croissante de Pékin.

De son côté, le Congrès américain a adopté fin novembre une résolution soutenant les "droits humains et la démocratie" à Hong Kong face aux pressions de Pékin et menaçant de suspendre le statut économique spécial accordé au territoire.

A Davos jeudi, David Chiu, patron du congomérat hongkongais Far East Consortium, temporisait: "Sur le long terme, en tant qu'homme d'affaires, je crois sincèrement que Hong Kong se reprendra".

Et ce parce que la Chine "reste le meilleur pays manufacturier" du globe, a-t-il observé, se disant certain que Hong Kong demeurera l'indispensable porte d'entrée des capitaux étrangers vers la Chine populaire.

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