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Donald Trump aux militants anti-avortement : "Je me bats pour vous"

Des militants anti-IVG écoutent le président américain Donald Trump s'exprimer à la "Marche pour la vie", le 24 janvier 2020 à Washington.
Des militants anti-IVG écoutent le président américain Donald Trump s'exprimer à la "Marche pour la vie", le 24 janvier 2020 à Washington. © Olivier Douliery, AFP

Donald Trump a rejoint vendredi à Washington la manifestation anuelle des militants anti-avortement. En pleine campagne pour sa réélection, le président américain anciennement favorable à l'avortement, s'en est pris à ses adversaires démocrates et pro-IVG.

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Les yeux rivés sur le scrutin de novembre, Donald Trump a participé vendredi 24 janvier à Washington à la grand-messe annuelle des militants anti-avortement. Il a dénoncé les positions "radicales" de ses adversaires démocrates sur ce sujet très clivant aux États-Unis.

"C'est un grand honneur pour moi d'être le premier président de l'Histoire à participer à la Marche pour la vie !", a lancé le milliardaire républicain devant une foule conquise, rassemblée sur les immenses pelouses du National Mall de Washington.

Au même moment, à quelques centaines de mètres de là, dans l'enceinte du Congrès, les sénateurs poursuivaient leurs débats dans son procès en destitution. "Ils s'en prennent à moi parce que je me bats pour vous", a lancé Donald Trump dans une allusion à cette procédure qui laissera, qu'elle qu'en soit l'issue, une tache indélébile sur son mandat.

Ancien "pro-choice" devenu "pro-life"

Le milliardaire républicain qui, en 1999, se disait très "pro-choice" (favorable à la possibilité de choisir l'avortement), est désormais plus que jamais déterminé à se positionner comme le président le plus "pro-life" de l'Histoire.

Dénonçant, dans un discours aux accents de meeting de campagne, les positions "les plus extrêmes et les plus radicales" de ses adversaires, il s'en est pris avec virulence à l'"extrême gauche" et a multiplié les hommages aux "millions de femmes extraordinaires à travers l'Amérique" qui se battent pour "le droit à la vie".

"Chaque enfant est un don sacré de Dieu", a ajouté l'ancien homme d'affaires de New York devant les manifestants arborant des crucifix ou des pancartes "Les droits humains commencent dans l'utérus".

En 47 ans d'existence, la "March for Life" n'avait jamais accueilli un président américain. À l'approche du scrutin du 3 novembre, où il briguera un second mandat, Donald Trump, qui n'a jamais cherché à élargir son socle électoral, sait qu'il doit jouer serré avec les chrétiens évangéliques blancs, qui avaient voté à 81 % pour lui en 2016.

Avec les nominations de Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh à la Cour suprême – deux juges "extraordinaires", selon ses termes – qui ont cimenté l'institution dans le conservatisme, il a galvanisé les militants anti-avortement.

Le test de la Louisiane

Leur rêve ? Remettre en cause l'arrêt "Roe v. Wade", légalisant l'interruption volontaire de grossesse (IVG) dans tous les États-Unis depuis 1973. Ou, à défaut, autoriser les États à adopter des lois très restrictives sur les IVG.

Le premier test décisif aura lieu en mars, quand la Cour suprême se penchera sur une loi adoptée en 2014 en Louisiane, État conservateur du Sud. Le texte prévoit d'imposer aux médecins volontaires pour pratiquer des IVG d'avoir une autorisation d'exercer dans un hôpital situé à moins de 50 kilomètres du lieu de l'opération.

Selon les défenseurs du droit à l'avortement, ces conditions sont trop drastiques et seul un médecin et une clinique pourront continuer à pratiquer des IVG dans tout l'État. Un nombre très insuffisant, soulignent-ils, pour les quelque 10 000 avortements pratiqués chaque année.

La Louisiane justifie cette mesure en évoquant les risques de complication et la nécessité, en cas de problème, de pouvoir transférer les patientes dans des hôpitaux voisins.

La décision permettra d'évaluer si le temple du droit américain a, sur ce sujet très sensible, changé de position. En juin 2016, six mois avant l'arrivée du magnat de l'immobilier au pouvoir, elle avait jugé illégale une loi similaire adoptée au Texas.

Avec AFP
 

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