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"Dehors les Américains !" : les partisans de Moqtada al-Sadr se sont mobilisés à Bagdad

Les partisans du leader chiite Moqtada al-Sadr manifestent à Bagdad contre la présence américaine, le 24 janvier.
Les partisans du leader chiite Moqtada al-Sadr manifestent à Bagdad contre la présence américaine, le 24 janvier. © Thaier Al-Sudani, Reuters
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Plusieurs milliers de sympathisants de Moqtada al-Sadr ont manifesté vendredi à Bagdad pour demander l'expulsion des troupes américaines d'Irak. Le leader chiite a appelé le président américain Donald Trump à ne pas être "arrogant" face aux responsables irakiens.

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Aux cris de "Dehors, dehors, occupant" ou "Oui à la souveraineté", une foule de fidèles de Moqtada Sadr, hommes, femmes et enfants parfois venus en bus d'autres régions, se sont rassemblés à Bagdad, vendredi 24 janvier, dans le quartier de Jadriyah, agitant des drapeaux irakiens.

"Une marée humaine" a envahi Bagdad aux premières heures du jour, a rapporté Cyril Payen, envoyé spécial de France 24 en Irak. Entre les checkpoints érigés pour assurer la sécurité, les partisans de Moqtada al-Sadr ont convergé par milliers devant la Zone verte, où siège l'ambassade américaine.

FR NW GRAB IRAK MANIFS CYRIL PAYEN 8h pou 8H30
02:17

Ce rassemblement est distinct des manifestations antigouvernementales qui avaient perdu un peu de leur élan après l'assassinat par les États-Unis, le 3 janvier à Bagdad, du général Qassem Soleimani, émissaire iranien en Irak, qui a entraîné un pic de tensions entre Téhéran et Washington, ennemis jurés mais puissances agissantes en Irak.

Dans un communiqué lu sur une estrade par un porte-parole, Moqtada Sadr a appelé au retrait des forces américaines d'Irak, à l'annulation des accords sécuritaires entre Bagdad et Washington et à la fermeture de l'espace aérien irakien aux avions militaires américains. 

Le leader chiite a aussi appelé le président américain Donald Trump à ne pas être "arrogant" face aux responsables irakiens. "Si tout cela est fait, nous traiterons (avec les États-Unis) comme avec un pays non-occupant ; sinon, nous les considérerons comme un pays hostile à l'Irak", a-t-il ajouté.

Un pays sans gouvernement

Plusieurs factions paramilitaires irakiennes comme celles, pro-iraniennes, du Hachd al-Chaabi, habituellement rivales de Moqtada al-Sadr, avaient soutenu son appel à manifester. Un des chefs du Hachd, Qaïs al-Khazali, mentor de Sadr avant de devenir son concurrent, a tweeté que "le message du peuple (à Trump) était clair : soit vous partez volontairement, soit vous serez chassés".

Le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité chiite en Irak, n'a lui pas explicitement soutenu le rassemblement. Dans son sermon lu vendredi par son représentant, il a toutefois souligné le droit des Irakiens à manifester "pacifiquement" pour la souveraineté du pays. De fait, le rassemblement de vendredi s'est déroulé sans incident, contrairement à une manifestation organisée quelques heures plus tard dans la capitale irakienne Bagdad, au cours de laquelle un manifestant a été tué d'une balle dans le cou et un second par une grenade lacrymogène, selon des sources médicales et policières.

Ali Sistani a aussi dénoncé dans son sermon le "retard" des partis dans la formation d'un nouveau gouvernement. Sous la pression de la rue, le Premier ministre Adel Abdel Mahdi a démissionné en décembre mais continue de gérer les affaires courantes, les partis politiques ne parvenant pas à s'entendre sur un successeur. Le mouvement de contestation déclenché le 1er octobre a été relégué au second plan après la mort de Soleimani et le vote deux jours plus tard des députés en faveur du départ des troupes étrangères, dont 5.200 militaires américains déployés pour aider les Irakiens dans la lutte antijihadiste.

Les opérations de la coalition internationale antijihadiste menée par Washington sont à l'arrêt depuis et les discussions avec Bagdad sur l'avenir des troupes américaines n'ont pas encore commencé, selon le coordinateur américain de la coalition, James Jeffrey.

Avec AFP

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