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L'ex-recruteur jihadiste Mourad Farès condamné à 22 ans de prison

Le procès de Mourad Farès, ancienne figure du recrutement pour le jihad en Syrie, s'est ouvert devant la cour d'assises spéciale de Paris, le 20 janvier 2020.
Le procès de Mourad Farès, ancienne figure du recrutement pour le jihad en Syrie, s'est ouvert devant la cour d'assises spéciale de Paris, le 20 janvier 2020. © Benoit Peyrucq / AFP

L'ex-recruteur Mourad Farès écope de 22 ans de prison assortis d'une période de sûreté des deux tiers pour avoir incité une quarantaine de jeunes à partir faire le jihad en Syrie et pour y avoir dirigé un groupe de combattants.

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La condamnation est conforme aux réquisitions. Mourad Farès a été condamné vendredi 24 janvier à Paris à 22 ans de réclusion criminelle pour avoir incité des dizaines de jeunes à partir faire le jihad en Syrie et pour y avoir dirigé un groupe de jeunes combattants.

La cour d'assises spéciale a assorti cette peine d'une période de sûreté des deux tiers. Mourad Farès, qui avait fui la Syrie à l'été 2014, un an après son arrivée, est resté impassible dans le box à l'énoncé du verdict.

La représentante de l'accusation avait appelé à sanctionner son rôle "déterminant" dans l'embrigadement de nombreux jeunes, voire très jeunes, et fustigé chez l'accusé l'absence d'un "réel repentir".

"Regrets"

Vendredi, "pour la première fois" depuis son incarcération en France en septembre 2014, Mourad Farès, 35 ans, avait exprimé ses "regrets", mais il a "une responsabilité plus importante que celle qu'il a accepté d'endosser", avait estimé la magistrate.

À l'audience, l'accusé s'était défendu d'être un recruteur de premier plan, reconnaissant avoir pu "indirectement" inciter à des départs via ses vidéos de propagande et avoir "facilité" de nombreux passages en Syrie, rejointe en juillet 2013 après un périple en voiture à travers l'Europe. 

S'il a admis avoir fourni le contact d'un passeur à un groupe de dix Strasbourgeois entrés en Syrie mi-décembre 2013 - dont faisait partie Foued Mohamed-Aggad, l'un des futurs kamikazes du Bataclan -, il a nié avoir eu une quelconque influence sur leur départ.

Son "mentor" Oumar Diaby

Pour l'accusation, Mourad Farès s'était radicalisé "avant" sa rencontre fin 2012 avec son "mentor" Oumar Diaby, un important recruteur aussi connu sous le nom d'Omar Omsen dont il s'est dit "l'une des victimes". Car l'accusé a "développé une propagande élaborée dès la fin 2012", "réalisant" notamment une vidéo appelant au jihad et visionnée par "200 à 300 000" personnes. 

Les réseaux sociaux lui "confèrent une visibilité exceptionnelle", mais Mourad Farès "va au-delà des échanges virtuels pour organiser des rencontres", avec des candidats au jihad de toute la France rencontrés sur Internet, avait ajouté la représentante de l'accusation.

L'avocat de Mourad Farès, Paul Fortin, avait lui interrogé "l'influence réelle" de cette propagande sur des jeunes qui ont dit lors des débats "qu'ils seraient partis sans lui". "Je n'ai pas le sentiment qu'il faisait du bourrage de crâne", avait-il insisté. 

"Dispute"

Mourad Farès, qui réfute avoir combattu en Syrie, a pour l'avocate générale "participé à des actions armées" au sein de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL, devenu groupe État islamique en 2014), avant de quitter l'organisation terroriste pour intégrer la brigade d'Oumar Diaby, affiliée au Front al-Nosra (ex-branche syrienne d'Al Qaida). 

La cour d'assises a également reconnu Mourad Farès coupable d'avoir "dirigé" début 2014 cette brigade de jeunes combattants francophones, en l'absence d'Oumar Diaby, alors parti au Sénégal.   

Contestant ce rôle de "direction", Mourad Farès - condamné aussi pour financement du terrorisme - avait évoqué une "participation active à une certaine logistique, essentiellement pour l'hébergement". Mais "diriger, c'est conduire, mener, gérer, régler", avait rétorqué l'avocate générale.

Au retour d'Oumar Diaby en Syrie en février-mars 2014, Mourad Farès avait quitté le groupe suite à une "dispute" qui, a-t-il assuré, n'était pas "une lutte de pouvoir", puis la Syrie quatre mois plus tard. Arrêté en Turquie, il avait été remis à la France en septembre 2014 et collaboré avec les autorités.  

Dans ses derniers mots avant que la cour ne se retire pour délibérer, Mourad Farès avait assuré être "passé à autre chose depuis un bon moment". "Il n'est plus dangereux", avait également plaidé Me Fortin. 

Avec AFP

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